Confidences

Confession d’Aïda Patra à la barre du tribunal des flagrants : «Je reconnais que je picole, mais je ne fume pas de chanvre indien»

  • Date: 17 novembre 2015
Attraite devant la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour détention et usage de chanvre indien, Aïda Patra a été relaxée au bénéfice du doute. Tout comme sa co-prévenue, Marie S. Valérie.

 La salle 1 du Palais de Justice de Dakar est prise d’assaut dès les premières heures de la matinée du lundi. Avant 10 heures, l’heure habituelle du démarrage des procès de flagrants délits, elle était archi comble. On dirait que toute la population de Dakar a convergé au tribunal pour assister au procès de la lionne de la bande Fm, Aida Patra, poursuivie pour détention et usage de chanvre indien.

Malgré la fraîcheur matinale qui titille les visages, une chaleur infernale régnait dans la salle. Certains se ventilent avec des journaux pour avoir un peu d’air. Il est 10 heures. L’audience n’a pas encore démarré. Pas l’ombre d’un prévenu dans la salle. Tous les regards sont fixés sur le box des accusés. Les minutes s’égrènent, la patience devient longue. Une heure plus tard, les prévenus, un en un, font leur entrée dans la salle d’audience. Les détenus hommes s’affichent en premier. Derrière eux, suivent les femmes.
Au premier rang, figure la prévenue la plus célèbre du jour. Vêtue d’une tenue traditionnelle de couleur jaune poussin, la tête bien nouée avec un foulard de la même couleur, elle a la mine grise. Tête baissée, Aida Patra se dirige à pas lent vers la place réservée aux femmes détenues. Sa codétenue, Marie S. Valérie, est assise à ses côtés. Elles entament une conversation à voix basse.  Quelques minutes plus tard, l’audience est ouverte.«Je buvais une cannette de bière au moment de notre arrestation», avoue Aïda Patra

Le président du tribunal procède d’abord à la mise en état des dossiers inscrits dans le rôle du jour. Ensuite, il vide les délibérés avant d’appeler enfin le dossier tant attendu. L’animatrice de la Sen Tv et sa co détenue sont appelées devant le prétoire. Un silence de cathédrale règne dans la salle. Les oreilles sont grandement ouvertes pour entendre ce que les prévenues vont dire. Le juge leur signifie les préventions pour lesquelles elles sont attraites à la barre. Les prévenues rejettent tout en bloc, sans détours. C’est Aida Patra qui ouvre le bal.
«Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés. Effet, ce jour-là, je suis allée à Ouakam vers les coups de 21 heures pour vendre des robes à une de mes fans en l’occurrence Khady Sèye. J’étais avec ma copine Valera. Malheureusement, nous n’avons pas trouvé Khady Sèye sur les lieux. Nous avons, sur ces entrefaites, décidé de patienter et de l’attendre. Nous étions en train de causer tranquillement quand on nous a dit que des policiers étaient venus nous prendre. Ils ne nous ont pas trouvé en train de fumer. Ils n’ont rien trouvé par devers nous», a déclaré l’animatrice.
« Ce n’est pas ce que vous aviez déclaré aux enquêteurs», lui interroge le maître des poursuites. «Ce que j’ai dit devant la barre est la bonne version. C’est vrai que c’est moi qui ai signé le procès-verbal de l’enquête préliminaire mais je ne suis pas d’accord sur ce qui y a été mentionné. Je reconnais que je picole mais je ne fume pas de chanvre indien. Au moment de notre arrestation, j’étais en train de boire une canette de bière», rétorque-t-elle.

«Je fumais du chanvre indien, mais j’ai arrêté quand j’ai attrapé la tuberculose», révèle Marie S. Valérie

A l’instar d’Aida Patra, Marie S. Valera a également changé de fusil d’épaule devant le prétoire. Elle est revenue sur ses déclarations faites à l’enquête préliminaire. Elle raconte ce qu’elle croit être la véracité des faits. «J’habite à côté de la maison où on a été appréhendées. C’est une maison familiale où on se retrouve très souvent entre amies pour boire du thé. Le jour des faits, Aida avait de la marchandise à écouler. Alors que nous étions en train d’épiloguer de tout et de rien, Diaga Sèye nous a dit que les policiers arrivent. Elle a pris la fuite. C’est vrai que les policiers ont trouvé sur les lieux des débris de cocaïne et une boite de cigarette mais on ne fumait pas. On a rien trouvé sur nous», a déclaré Marie S. Valérie qui reconnait qu’elle fumait dans le passé du chanvre indien. «Mais j’ai arrêté quand j’ai attrapé la tuberculose, précise-t-elle. J’ai suivi un traitement pendant 6 mois».
Dans ses réquisitions, le maître des poursuites a fait savoir que les prévenues sont coupables des faits qui leurs sont reprochés. A l’en croire, ces dernières étaient dans un endroit de consommation et de trafic de drogue. «Une descente y a été faite et la bande a pris la fuite», a soutenu le représentant du ministère public. Lequel a soutenu que les policiers ont trouvé sur les lieux des résidus de chanvre indien mélangé avec du tabac, un papier aluminium où il y avait de la cocaïne et un fumoir. Mieux, il a soutenu que les prévenues avaient, à l’enquête, reconnu les faits, mais elles ont retourné leur veston pour échapper à la répression judiciaire.
Compte tenu de tous ces éléments, le maître des poursuites a requis 3 mois de prison ferme contre les deux prévenues. Cette réquisition a été attaquée, avec véhémence, par les avocats de la défense qui ont plaidé la relaxe pure et simple. «Le chanvre indien n’a pas été trouvé par devers elles. La police scientifique n’a pas amené un rapport disant qu’elle a vu les empreintes des dames sur les objets trouvés», a indiqué Me Abou Abdoul Daff.
Embouchant la même trompette, Me Abdou Dialy Kane estime que les prévenues sont poursuivies pour leur présence sur les lieux et non pour détention de chanvre indien. Les plaidoiries des conseils de la défense ont porté leurs fruits d’autant que le président du tribunal n’a pas suivi le représentant du ministère public dans ses réquisitions. Le juge, en rendant sa sentence, a relaxé les prévenues au bénéfice du doute. Ainsi, Patra pourra reprendre son show à la Sen Tv. Si Bougane Guèye Dany ne la vire…

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