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Confidence d’un paysan de Darou Salam Polle: « Les semences que j’avais ont servi de repas à ma famille»

L’arrivée tardive des pluies, la piètre qualité des semences d’arachide obtenues sous prêt d’un opérateur, l’absence de matériels adéquats pour une agriculture performante ont obligé Abdou Karim à renoncer à l’hivernage de cette année. Ce père de famille qui habite Darou Salam Pollé, un quartier de la périphérie de Touba, révèle que plusieurs de ses voisins ont aussi fait comme lui. « Nous sommes des agriculteurs de naissance. Nos pères étaient aussi des agriculteurs. Nous ne connaissons que la terre. Mais, depuis 5 ans, la terre ne nous permet plus de vivre. Nos récoltes nous permettent juste de ne pas mourir de faim pendant la saison sèche.

 Cette année, les semences que j’avais ont servi de repas à ma famille. Je ne pouvais pas laisser mes enfants souffrir parce qu’ils n’ont pas de quoi manger ».

Adbou Karim qui dispose d’une parcelle de terre très conséquente avoue n’avoir jamais pu tout utiliser à cause de la petite quantité de semences mise à sa disposition par son opérateur, de la piètre qualité de celles-ci, ou encore de l’absence de matériels adéquats. « L’année dernière, je n’aurais pas eu droit à des engrais si mon voisin n’avait pas fait preuve de solidarité. Les graines d’arachides dont je disposais étaient pour la plupart trouées. C’est la raison pour laquelle, ma récolte n’a pas été bonne ».
Pour ce qui sera de son avenir proche, Abdou Karim a loué sa parcelle de terre à un grand producteur agricole en raison de 250 000 francs pour toute la saison des pluies. « Avec cet argent, je compte me payer une nouvelle charrette et un âne. Pendant l’hivernage, le transport par charrette est juteux. En plus de cela, j’ai la possibilité de travailler dans le champ de mon locataire en tant que « sourga » le matin. Il me payera en fonction de sa récolte prochaine ». Ce sentiment de désespoir est très partagé entre les paysans du Baol qui éprouvent beaucoup de difficultés à vivre de leurs activités saisonnières, malgré les efforts non négligeables de l’Etat.

Seydina Mouhamed Diouf

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