Confidences

Confidences de l’ancien ministre Pape Diouf-LES 7 RAISONS D’UN SILENCE

  • Date: 11 janvier 2016

Pape Diouf rompt le silence. Le leader du Mouvement pour la démocratie et la république (Mrd) explique les raisons de son long mutisme, jette un regard lucide sur la gestion du Président Macky Sall et fait la leçon à son ancien mentor, Idrissa Seck, entre autres questions abordées. Interview-vérité avec l’ancien ministre de la Pêche qui se veut toujours un acteur politique engagé, au service des Sénégalais.

Monsieur le ministre, depuis votre sortie du gouvernement, on ne vous entend plus. Pourquoi ce mutisme ?

Vous me posez là une question que beaucoup de Sénégalais, qui s’intéressent à ma personne ou à ma carrière politique, me posent dans les milieux fréquentés. Mon passage dans différents ministères a sans doute laissé dans l’esprit de certains compatriotes une image positive, ce qui me fait énormément plaisir. Je voudrais à ce niveau rassurer les uns et les autres que je ne suis pas dans une dynamique de retrait de la scène politique. Loin de moi l’idée de me désengager du combat que je mène depuis ma tendre enfance qui est de chercher à toujours être utile à ma communauté. Il en sera ainsi tant qu’il me restera un souffle de vie.

Pourtant d’aucuns ont avancé la thèse de la frustration d’avoir quitté l’attelage gouvernemental. Avez-vous senti un lâchage du président ?

Il est vrai que depuis quelque temps j’interviens de moins en moins dans l’espace médiatique comme beaucoup d’autres, ce qui a poussé certains esprits malveillants à aller jusqu’à me prêter des intentions qui sont très éloignées de moi. J’ai eu à m’expliquer dans mes précédentes sorties dans la presse, notamment lors de ma conférence de presse de février 2015. Mon retrait temporaire est dû à plusieurs raisons. La première est qu’après les dernières élections locales dont les résultats ne m’ont pas laissé indifférent, pour ne pas dire qu’ils m’ont laissé un goût amer, j’ai pensé prendre du recul pour faire une analyse avec mes partisans pour voir les raisons et la nouvelle voie à tracer pour repartir.

La deuxième raison de mon silence vient du fait qu’après ma sortie du gouvernement, je ne voulais pas, par devoir de réserve, poser des actes ou tenir des propos susceptibles d’être interprétés dans un sens ou dans un autre. La troisième raison est que j’avais besoin de faire le bilan de de mon parcours politique dans le Pds et dans le Rewmi pour me faire une idée de la nouvelle voie à suivre. La quatrième raison est que par principe, je pense qu’il y a des moments pour parler et d’autres temps pour agir ou pour réfléchir. La cinquième raison est que je ne suis pas formaté pour ce genre de débats en cours où les invectives, les calomnies, les déballages ou les dénigrements prennent le pas sur les vraies préoccupations de nos concitoyens. La sixième raison est que j’ai horreur de me renier ou de contredire. On sait que quand on parle beaucoup, on peut être amené à varier dans les déclarations ou se dédire. La septième raison est que j’appartiens à une coalition et mon souhait le plus ardent est de passer par ces instances pour dire ce que je pense de la gestion du pays. Malheureusement si on ne parle pas, d’aucuns font tout pour vous sortir de votre retraite ou affabulent carrément pour vous provoquer. Qu’est que je n’ai vu ou entendu dans la presse ou ailleurs durant cette période. C’est qui a poussé certains à avancer que je suis frustré d’avoir quitté l’attelage gouvernemental. Non ! Mon souhait le plus ardent est de continuer à servir mon pays, mais ce n’est pas seulement dans la sphère gouvernementale qu’on peut être utile.

Que devient votre compagnonnage avec le Président Macky Sall ? 

Il faut d’abord savoir que j’ai eu une carrière professionnelle de vingt ans dans l’administration publique, avant d’être ministre de la République. C’est dire qu’avant et après les fonctions gouvernementales, il y a une vie. C’ est le lieu d’ailleurs de réaffirmer mon ancrage dans la mouvance présidentielle et de remercier monsieur le président de la République d’avoir bien voulu faire de moi le président du Conseil de Surveillance de la Société nationale de recouvrement (Snr) depuis le mois de juin 2015. C’est vous dire que notre compagnonnage se porte bien. J’aurais bien voulu néanmoins avoir plus de rencontres avec lui pour lui soumettre de façon loyale et honnête ce que je pense sur certains sujets. Seulement je le comprends. En raison des urgences qui l’assaillent et ses responsabilités sur le plan international, il n’ y a pas beaucoup de place pour les autres activités. A cela s’ajoute que je ne suis pas homme à courir derrière les audiences ou du genre à importuner les autres. Notre alliance est là et je me bats loyalement à ses côtés.

On ne sent pas votre mouvement sur l’échiquier politique. C’est fait à dessein ou bien allez-vous fondre votre mouvement dans l’Apr ?

Pour le moment, j’évolue avec d’autres dans une structure mise en place par monsieur le président de la République et qui ne tardera pas à se faire connaître très prochainement. Le Mouvement pour la Démocratie et la République (Mrd) que nous avons créé en novembre 2013, comme notre nouveau cadre politique, continue son bonhomme de chemin même si pour le moment nous ne faisons pas de tapage. Pourtant nous avons participé, en alliance ou sous notre propre bannière, aux élections locales passées. Ainsi nous avons des conseillers dans presque toutes les collectivités locales du département de Bambey et même gagné la commune de Ngogom. Nous sommes actuellement dans une phase de construction et cela ne rime pas avec bavardage.

Vous n’avez pas répondu à la seconde partie de la question, allez-vous fondre votre mouvement dans l’Apr ?

Ce qu’il faut dire de façon nette, c’est que nous ne sommes ni dans l’Apr qui demeure cependant notre principale alliée, ni dans aucun autre parti. Nous travaillons d’arrache-pied pour donner au Mdr plus de visibilité et les prochains mois nous édifieront, surtout dans ma base naturelle de Bambey. Mes compagnons et moi n’avons aucune intention de jouer à cache-cache. Nous oeuvrons dans le sens de donner au Mdr une force capable de peser sur l’échiquier politique national. Je n’en dirai pas plus.

L’actualité politique est dominée par la forte polémique autour de la question de la réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans. Votre opinion ?

Pour ce qui est du débat sur la réduction du mandat présidentiel, le Mdr s’était prononcé pour marquer son soutien au président de la République dans sa volonté affichée de respecter son engagement pris et réitéré en maintes occasions. Nous n’avons aucune raison de douter de sa parole. C’est la promesse d’un candidat à la Présidentielle puis l’engagement du président de la République. A ce niveau de responsabilité première d’un pays, on ne joue pas avec sa parole. Le Président Wade l’avait fait, voyez sur quoi a débouché son fameux « ma waxoon, waxeet ». Donc laissons-le poursuivre les jalons qu’il pose dans ce sens. Je veux aussi souligner que la Constitution, la Charte fondamentale de notre pays doit être stabilisée pour ne pas être à la merci des contingences politiques. Notre Constitution a été tellement tripatouillée qu’on se demande si on a le même texte. C’est pourquoi je demande qu’on se donne le temps qu’il faut avec nos juristes pour bâtir un texte susceptible de garantir une stabilité. Dans les grandes démocraties comme la France et les Etats-Unis, on ne modifie pas les constitutions aussi facilement que dans nos pays. C’est d’ailleurs vraiment paradoxal que le Sénégal, dont l’expertise de ses juristes est sollicitée partout en Afrique et ailleurs, ne puisse pas asseoir des textes qui posent moins de contestations et de confusions.
Pour le reste, je m’en tiens aux déclarations du président de la République qui a décidé librement de réduire son mandat. J’estime cependant que c’est parce que c’est inédit que cela prend autant de temps de débats. Je comprends aussi l’empressement de certains qui croient que c’est l’occasion rêvée d’accéder au pouvoir en cas de réduction du mandat. Il est loisible à chacun de rêver, mais le réveil peut-être pénible.

Que pensez-vous du projet de révision constitutionnelle annoncé par le Président Macky Sall ?

Je salue, comme beaucoup d’autres acteurs, les quinze mesures annoncées par le Président de la République lors de son discours de fin d’année dont notamment la révision constitutionnelle.
Nous sommes tous d’accord que notre charte fondamentale a subi tellement d’agressions, avec les nombreuses révisions fantaisistes, qui lui donnent aujourd’hui un hideux visage. Seulement je pense qu’il ne faut pas se précipiter avec le risque de produire encore un texte qui ne résiste pas au temps. Je fais partie des Sénégalais qui, depuis Senghor, se battent contre le tripatouillage de notre loi fondamentale. Pour avoir des institutions fortes, il nous faut des textes clairs qui ne soient pas destinés seulement à régler des problèmes ponctuels ou des intérèts personnels. Dieu sait qu’il y en a eu à travers les régimes précédents.

Quel regard jetez-vous sur la gestion du Président Macky Sall globalement ?

Nous sommes convaincus que le Plan Sénégal émergent, avec les fonds internes et externes mobilisés et les programmes retenus dans les différents secteurs de l’économie, peut bel et bien servir de rampe de lancement pour le développement du Sénégal. Je continue donc de penser que quand on a un président de la République qui a une aussi grande ambition pour son pays, déclinée en programmes et en plans reconnus et appuyés par la communauté internationale, qui met en place des instruments pour la réalisation de ses objectifs nous pouvons être optimistes et prêts à l’accompagner dans l’intérêt de notre pays.

Comment pensez-vous qu’il aurait fallu stabiliser le Pse pour qu’un autre pouvoir autre que celui de Macky Sall ne le remette pas en question après les milliers de milliards qui ont été empruntés pour son début de mise en œuvre ?

Si le Pse réussit comme y travaille le Président, son Premier ministre et le gouvernement, les résultats s’imposeront aux futurs dirigeants pour continuer dans la même voie. N’oubliez pas que le Président en a fait le référentiel des politiques publiques du Sénégal avec au préalable de larges consultations avec tous les acteurs socio-professionnels. Si les résultats déjà tangibles sont pérennisés, il n’y a aucune crainte que le Pse soit remis en cause par d’autres régimes dans le futur. On doit travailler à élever le Pse au rang de « constitution économique », faire de sorte qu’il serve de cadre, certes à parfaire, mais pas à remettre en cause.

Mais dans leur vécu quotidien, les Sénégalais sont toujours aussi fatigués…

Rome ne s’est pas faite en un jour. Même s’il reste beaucoup de choses à faire, surtout dans le domaine de l’emploi, il n’en demeure pas moins vrai que des actes majeurs sont posés depuis 2012 dans les différents secteurs du pays, tous destinés à améliorer la vie des Sénégalais. Dans le domaine de la santé, le président a mis en place la Couverture maladie universelle, la gratuité des césariennes, mais aussi des dialyses, entre autres, pour soutenir les Sénégalaises et les Sénégalais dans l’accès aux soins de santé. Dans le domaine social, il a posé des actes pour soutenir, dans la durée, les couches défavorisées avec les bourses familiales, mais aussi augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs par la baisse des prix du loyer qui est le chapitre le plus important dans le budget familial. Il y a aussi les mesures hardies de baisse des prix des denrées de première nécessité, entre autres décisions prises qui ont eu un impact social certain.
Dans le domaine de l’agriculture, le président a décidé d’appuyer les acteurs du monde rural en intrants et en matériels agricoles, ce qui a d’ailleurs permis d’avoir les résultats culturaux encore jamais atteints au Sénégal. On peut aussi parler des initiatives pour le domaine de l’élevage pour la santé animalière, les mesures contre les vols de bétail, les aliments de bétail, l’hydraulique rurale, la réhabilitation du ranch de Dolly, etc. Idem dans le domaine de l’éducation et de la formation où le président Macky Sall a assuré la gratuité de certaines fournitures scolaires, est en train de construire deux nouvelles universités, es centres de formations. Dans le domaine des infrastructures, il y a une multiplication de nouvelles routes et pistes, le président a rappelé qu’un linéaire de 965 km de routes et 2281 mètres linéaires de ponts ont été réalisés en 2015 et 810 km de routes, 685 km de pistes rurales et 6 ponts de désenclavement engagés. Il y a la gigantesque autoroute Ila Touba, le pôle urbain de Diamniadio, entre autres. Dans le domaine de l’électricité, il y a une nette amélioration. En gros, la transformation du Sénégal est en marche.

On parle de sobriété et de gestion vertueuse, le constatez-vous, vous qui aviez été aux affaires ?

Pour ce qui est de la sobriété et de la gestion vertueuse, tout le monde peut reconnaître les actes posés comme la rationalisation des dépenses publiques, une meilleur tenue des finances saluées par les bailleurs de fonds mais aussi la multiplication des verrous et garde-fous. Il faut noter, pour les saluer, la création de l’Ofnac, la déclaration de patrimoine, la mise en branle de la Crei pour connaître des délits d’enrichissement illicite. D’ailleurs, la traque des biens mal acquis montre à suffisance la sincérité du Président Macky dans sa volonté de gérer autrement le pays. Il appartient maintenant à ceux qui sont chargés du contrôle et de sanctions de s’atteler à la tâche pour que cette volonté politique de gérer ce pays dans la sobriété et l’efficacité soit traduite en actes.

Parlons de la traque des biens mal acquis, ne pensez-vous pas que c’était le coup politique qu’il ne fallait pas tenter après qu’elle semble se dérouler de façon séquentielle ?

Sur cette matière-là, on n’a plus le choix. Cela me semble irréversible car je ne vois pas actuellement de motif valable susceptible de l’arrêter. On peut bien se poser des questions avec cette pause, mais moi je m’en tiens aux dernières déclarations du ministre de la Justice qui affirme sans ambages que la traque va continuer. Pourquoi d’ailleurs devrait-elle s’arrêter puisqu’il ne s’agit que de rendre compte de ce qu’on a eu à faire avec les deniers publics.

Etes-vous d’accord avec le Président qui bénit cette vague de transhumance de gens de l’opposition, surtout ceux qui traînent des casseroles  ?

Pour ce qui est de la transhumance je voudrais bien qu’on s’entende sur le terme. Telle que je comprends la transhumance, il s’agirait de s’allier à quelqu’un qu’on a combattu pour tout simplement venir gouter aux délices du pouvoir ou pour échapper à des poursuites si d’aventure on avait eu des écarts de conduite dans la gestion de la chose publique. Je n’ai pas de leçons à donner, mais  il y a vraiment à dire dans ce cas-là.
Si maintenant des Sénégalais ont choisi, sans aucune contrainte, tout en gardant leur formation politique, de participer à l’oeuvre de construction nationale, je n’y vois pas d’inconvénient. Seulement je pense que vouloir avoir tout le monde avec soi peut ralentir une marche ou produire l’effet contraire de ce que l’on cherche. L’unanimité n’est pas de ce monde.

En tant qu’ancien responsable de «Rewmi», que vous inspire la bataille que mène le député Oumar Sarr pour la refondation dudit parti ?

Je me suis refusé depuis mon départ de Rewmi de parler de ce parti ou de ses dirigeants même si parfois je reçois des attaques plus ou moins voilées de leur côté. J’ai décidé de quitter définitivement ce parti des raisons qui me sont propres. Maintenant en tant qu’acteur politique, je ne peux rester indifférent à ce qui se passe dans les autres formations politiques, a fortiori pour un parti dont je suis membre fondateur et pour lequel j’ai fait beaucoup de sacrifices. Parlant justement du combat d’Oumar Sarr, je lui souhaite bonne chance, mais je pense honnêtement que le contrôle de ce qui reste de Rewmi ne mérite pas de livrer bataille avec autant d’énergie. Mais comme il est toujours député de Rewmi, il n’a d’autre choix que de se battre en interne. En tout état de cause, il reste mon frère à qui je souhaite beaucoup de bien. Je n’exclus pas qu’un jour, les différents fragments issus de Rewmi puissent se retrouver pour continuer le travail que nous avons commencé avec beaucoup de sincérité et de sacrifices.

Quel regard jetez-vous sur votre ancien leader de parti idrissa Seck qui se singularise depuis sa rupture avec Maky Sall par des attaques virulentes ?

Pour ce qui est de notre ex-leader que vous citez, je lui demande de bien méditer les sages conseils de Serigne Abdou Aziz Sy et tant d’autres. Quand on a l’ambition de diriger un jour un pays, on doit avoir un discours qui rassure et qui apaise avec au bout des pistes de solution qui font rêver ou qui donnent espoir à ceux qui vous écoutent. Notre pays a besoin de sérénité quelles que soient les ambitions des uns et des autres. On peut s’opposer farouchement, ce qui est droit sacré, sans tenir des discours violents ou tomber dans l’extravagance.

Les propos prêtés à Lamine Diack par le journal « Le Monde », selon lesquels il aurait avoué avoir financé l’opposition en 2009 et en 2012 pour combattre Abdoulaye Wade, continuent de défrayer la chromique. Quelle appréciation faites-vous de cette affaire ?

L’affaire Lamine Diack est vraiment regrettable pour lui et pour l’image du pays. Cependant je me veux vraiment prudent pour le moment puisqu’il me semble être une affaire qui n’a pas encore révélé tous les secrets.

L’arrestation du député Oumar Sarr a été fortement décriée par les libéraux et leurs alliés qui parlent de forfaiture, arguant qu’il jouissait de son immunité parlementaire…

Je suis vraiment désolé pour Oumar Sarr avec j’ai eu d’excellentes relations pendant qu’on était au Pds. Je l’ai connu comme homme raisonnable. Mais j’estime que dans ce cas précis il a prêté le flanc. Mais je continue à penser qu’il faut travailler, du côté de l’opposition comme du côté du pouvoir à pacifier les relations. Tout cela passe par le respect des institutions et le respect des droits de l’opposition. Il faut, dans toute chose, savoir raison garder. Je souhaite cependant que cette affaire connaisse un dénouement rapide pour ne pas continuer à polluer l’espace politique alors qu’on a de nombreux défis qui nous attendent.

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