ECONOMIE

Consommation de charbon Les ménages en raffolent

  • Date: 24 février 2016

Face à l’irrésistible cherté de la vie, le charbon est devenu un palliatif de survie pour les consommateurs de l’énergie noire. À Grand-Yoff, après le marché des légumes et des poissons, c’est le marché du charbon qui prend le relais. Une situation qui dénote son exploitation abusive au détriment de l’environnement dans le pays.

La chasse aux sorciers forestiers sera longue et pénible pour les services en charge de la protection forestière, les partenaires évoluant dans le domaine de la préservation de l’environnement mais aussi des populations rurales conscientes du danger d’une exploitation abusive de la forêt. La consommation accélérée du charbon de bois se déroule dans un contexte marqué par la cherté de la vie et une déforestation avancée qui comporte des risques environnementaux sans précédent.  Les populations qui ne peuvent plus se procurer du gaz butane, ont fini de jeter leur dévolu sur le charbon. L’accès à cette énergie s’avère facile. À Dakar, notamment dans certains quartiers comme Grand-Yoff, Fass, Guédiawaye, Pikine, le charbon se vend comme de petits pains. Il suffit 100 francs Cfa pour s’en procurer. « Il y a 10 ans de cela, la bonbonne de gaz de 6 kg coûtait moins de 2000 mille francs, comment voulez vous qu’un père de famille comme moi, retraité de surcroit puisse s’en procurer », entonne Moussa Sarr, cet ancien enseignant résident à Grand-Yoff Arafat.

Le regard figé sur le jeu de damier auquel s’adonne ses amis, ce septuagénaire, trouve cette consommation de charbon comme un palliatif aux coûts élevés du gaz butane. Ici, les allées étroites qui bordent ce populeux quartier sont parfois constituées de dépotoirs pour charbon. Palissadés à l’aide de sacs de riz vides, ces décharges sont parfois difficiles à identifier. Un commerce clandestin peut-on tenter de dire. Les commerçants, des peuls pour l’essentiel ne veulent guère s’exprimer sur la provenance du charbon. « Peu importe la source et les conditions d’exploitation, ce qui nous intéresse c’est qu’on arrive à préparer nos trois repas avec du charbon », nous dit, Aissatou Diallo. Entre ses mains du pain et du charbon. « Je vais même préparer mon petit déjeuner, le repas et le diner avec ce charbon », ajoute t-elle, le sourire aux lèvres. Il est 9 heures déjà, les premières clientes se pointent devant le commerce de Sow à quelques encablures de la police de Grand-Yoff. La plupart d’entre elles, reviennent du marché. « C’est le second marché après celui des légumes et du poisson », nous indique Binta Badiane. Elle ajoute : « Préparer avec le charbon, ça donne un bon goût au repas ». Un aveu qui cache mal une réalité pressante que vivent ces populations : la cherté de la vie. Cette  demande croissante constaté ici n’est qu’un indicateur qui renseigne à suffisance sur la consommation abuse du charbon par les sénégalais. Ce constat implique d’une part une exploitation incontrôlée de cette matière. Jadis les deux régions officielles connues pour des lieux de pourvoyeur de charbon vers les zones de consommation que sont Dakar, Thiès et Saint louis ne sont plus à mesure de répondre à la demande de plus en plus forte de charbon au niveau national. D’autres zones comme Kaolack, Kaffrine, Ziguinchor sont devenues des zones à forte exploitation forestière dans ce domaine. La plupart de ces produits échappe aux filets des services en charge de la surveillance sylvicole. Sur les voies routières qui mènent de Dakar au Sénégal oriental ou de Dakar au sud du pays, les populations rurales ne cachent guère leur volonté se s’adonner à cette activité. Malgré la volonté des autorités politiques et des partenaires de mettre en valeur des exploitations communautaires rotatives de charbon dans leur espace immédiat, la charbonnerie traditionnelle destinée à la commercialisation semble imposante et cela de façon clandestine.

Khady Thiam Coly

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