Le Premier ministre, Mouhammad  Boun Abdallah Dionne
Le Premier ministre, Mouhammad Boun Abdallah Dionne

CONSTAT AMER DE BOUN ABDALLAH DIONNE Macky ne serait pas le Président de tous les Sénégalais

En venant hier présider la cérémonie de dédicace du livre du professeur Harouna Amadou Ly, « Macky, un destin », le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, n’a pas mis de gants pour s’attaquer à ceux qui, selon lui, n’acceptent pas encore que Macky Sall est le Président de la République du Sénégal.

Son réquisitoire est sans appel : « On pourrait écrire deux tonnes de livre sur le Président Macky Sall que ses détracteurs n’accepteraient qu’il est le Président de la République ». Il ajoute, s’adressant à l’auteur du livre, que « Page après page, vous nous restituez une histoire  que l’on a voulu falsifier, des chimères que l’on a voulu entretenir aux seules fins de bannir un destin que seul le bon Dieu a su façonner ».

Comme quoi, il y a une catégorie de Sénégalais qui refusent de reconnaitre le statut de Macky élu avec un score de 65% par des Sénégalais qui ont ainsi sanctionné sinon la gestion du moins l’entêtement de Wade à briguer un troisième mandat.

Le problème, selon le Pm, est non pas la gestion de Macky, même si celle-ci est souvent décriée, mais sa personne elle-même, car elle dérange. Le débat est ainsi ramené à un niveau personnel, donc subjectif.

Que le Président Sall soit le président, c’est cela qui dérangerait certains Sénégalais. Et le Pm pense que ces non-convaincus du « sallisme » ne seront jamais convertis.

Et cette remarque rejoint largement la diatribe de Macky lui-même contre ces adversaires, lors de l’inauguration du pont de l’émergence. Les observateurs avaient senti qu’il y avait autre chose que la simple adversité politique. Et le Président Sall ne s’est jamais privé de dire à ces détracteurs qu’il faut qu’ils acceptent le fait qu’il soit le Président, car il en est ainsi de la volonté de Dieu.
Qui sont ces détracteurs? Qu’importe. Nous refusons d’être le porte-drapeau de ce type d’adversité.

En tout état de cause, ce glissement du débat politique vers des considérations subjectivistes, est même perceptible aux Etats-Unis avec Hilary Clinton qui est souvent attaquée sur son état de santé.
Mais, au Sénégal, cela pollue l’atmosphère depuis 2012. Personne n’est à l’abri et ça vole très bas. Il n’y a plus de débat, il n’y a que des invectives, des insultes, des menaces, etc.

Et c’est dommage que l’article 80 soit souvent brandi pour faire respecter l’autorité du Chef de l’Etat. C’est également dire que ce dernier s’estime souvent offensé. Justement par ceux qui, à ses yeux, ne reconnaissent pas son autorité.

Or, il nous semble que ce qui doit préoccuper le Président Sall et son équipe, c’est moins le regard que certains jettent sur lui que ses réalisations par rapport aux attentes des Sénégalais.
Il n’y a dans l’histoire politique des Nations, un seul président qui ait fait l’unanimité. En conséquence, le souci des dirigeants doit être non pas de plaire, mais de convaincre par les actes de tous les jours. Ne serait-ce que pour attirer les plus sceptiques.

Car, face à tout homme politique, il y a trois types de citoyens : Ceux qui sont contre, ceux qui approuvent et ceux qui hésitent.

A contrario, il faut qu’ils sachent accepter la critique. Celui qui dénonce ce qui lui parait être une mauvaise politique, n’est pas forcément un ennemi. L’adversité, oui, mais pas l’animosité. Celui qui gère le patrimoine commun doit avoir l’humilité de s’ouvrir aux critiques les plus acerbes.
C’est comme cela que la démocratie fonctionne. Les aprioris et les qu’en dira-t-on, ne font que retarder le débat constructif au service d’un Sénégal qui peut mieux se porter.

Assane Samb

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