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CONSTRUCTIONS – Bâtiments et normes : Senevent 2006, une norme sénégalaise de sécurité

De nombreuses normes utilisées dans les Btp sont d’origine étrangère et n’incluent pas de spécificités locales dans leurs calculs. Des ingénieurs sénégalais, membres de l’Association des bureaux de contrôle agréés au Sénégal, ont voulu prendre les choses en mains.
Au Sénégal un certain nombre de constructions ne respectent pas les normes et qui présentent de réels dangers pour le public. Certains bureaux de contrôle ont pris leurs responsabilités pour tenter, au moins, de régler la question de vents, qui pose une grande équation en matière de sécurité d’ouvrages en hauteur.

La norme Senevent 2006, une technique réalisée dans le cadre des conception et dimensionnement des ouvrages de tous ordres, génie civil ou bâtiments, rentre dans ce cadre. «Nous avons recueilli au niveau de la direction de la météorologie nationale, de l’Asecna, un certain nombre de données comme les directions de vent et surtout les vitesses de vent. Ceci nous permet, après un traitement statistique, de sortir une répartition sur la carte du Sénégal des différentes valeurs de vitesse de vent et donc des différentes valeurs de pression», a expliqué M. Bruno D’Erneville, président de l’Association des bureaux de contrôle technique et d’inspections agréés du Sénégal (Acias). M. D’Erneville, dont la structure est membre du Conseil national du patronat (Cnp), a organisé, avec l’Agence sénégalaise de normalisation (Asn) une journée de sensibilisation et de validation de la «norme Senevent 2006 et travaux sur les planchers corps creux au Sénégal». Il explique : «L’objectif recherché est de permettre de donner des outils aux bureaux d’études pour dimensionner les ouvrages. Les immeubles, les châteaux d’eau, tous ont des pylônes élancés qui sont soumis à des actions des vents de rafales pendant les trois mois d’hivernage. C’est souvent à cette période qu’on rencontre des problèmes pour ces ouvrages s’ils n’ont pas été calibrés efficacement.» Alors qu’ils travaillent avec les règles Nv65, qui s’appuient sur des valeurs de vents avec des méthodes de calcul qui sont des méthodes internationales.

Acias a présenté un document qui s’est appuyé sur des valeurs de vents d’origine française. Il indique que, depuis les indépendances et même avant, «nous avons utilisé ces règles Nv65, malheureusement avec une carte française. Alors un bureau d’études, étant à Dakar, calculant un ouvrage à Dakar ou à Kaolack, va dire que, “moi je considère comme si l’ouvrage était à Montpellier ou à Bordeaux”. Donc il y a un problème de responsabilité juridique. Est-ce qu’un bureau d’études prenant des données de valeur de Montpellier a plus raison qu’un bureau d’études prenant des valeurs de Paris ? Donc, nous pensons qu’il y avait urgence, parmi les premiers travaux, à sortir cette étude».

Les ingénieurs de cette structure se sont donc penchés pour faire une carte des vents du Sénégal, permettant de faire des calculs sur l’étendue du territoire. Mais, ils sont confrontés «à une limitation par rapport au nombre de points des relevés. Les stations météorologiques ne sont pas en nombre très importants. Mais nous avons pu, grâce à l’intervention de la direction de la météorologie nationale, faire ce tableau des vents. Il y a tout un nombre de coefficients de calculs qui ont été repris ou adaptés à notre pays. Nous avons supprimé les sites protégés ou les sites où le vent est diminué, nous n’avons que les sites qui sont exposés de manière à réduire les risques». Ce document semble venir à point nommé avec les grands travaux qui sont engagés par l’Etat et au moment où beaucoup d’intervenants arrivent de l’extérieur et n’ont pas toutes les données sur la question.


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