Accueil / International / Contre le trafic de drogue à Rio le Brésil renforce son armée
insécurité

Contre le trafic de drogue à Rio le Brésil renforce son armée

Avec la crise économique qui frappe le Brésil, le chômage qui explose, la situation sécuritaire ne cesse d’empirer à Rio de Janeiro. Et les autorités semblent dépassées. Le gouvernement brésilien a donc décidé d’envoyer un millier d’hommes en renfort pour lutter contre l’insécurité grandissante dans la ville.

Le président Temer vient de décider du déploiement de militaires à Rio de Janeiro, pour renforcer les rangs de la police. Les soldats de l’armée de terre, de la marine interviendront en patrouille, mais aussi, et c’est la nouveauté, sur des opérations conjointes avec la police contre le trafic de drogue. Le nombre de soldats mobilisés n’a pas encore été précisé par le ministre de l’Intérieur qui s’est chargé de l’annonce officielle.

L’Etat de Rio est totalement endetté, au bord de la faillite et n’arrive plus à payer ses fonctionnaires depuis de nombreux mois, notamment les policiers, dont le matériel et les véhicules ne sont plus remplacés, ni parfois réparés. Plusieurs mouvements de grève ont éclaté ces derniers mois. En vain.

Flambée de la violence ces derniers mois

La reprise de la violence armée dans les quartiers pauvres de la ville est explosive. Depuis le début de l’année, plus de 90 policiers ont été tués. Les échanges de tirs entre forces de l’ordre et jeunes trafiquants de drogue sont quotidiens. Le nombre de personnes tuées par la police a augmenté de 500% ces cinq derniers mois. Et même les quartiers jusque-là préservés, proches de plages touristiques de Copacabana et Ipanema, sont touchés.

Dans les favelas réputées tranquilles, désormais les balles perdues sont devenues quotidiennes. L’insécurité s’est accrue avec l’aggravation de la crise économique. A Rio de Janeiro, les braquages d’automobilistes sur les grands axes routiers et les tunnels sont réguliers, même le matin de bonne heure. Avec souvent des blessés, et parfois des morts, abattus, pour avoir refusé de donner un téléphone portable. Quant aux écoles primaires et collèges, dans la banlieue de Rio, elles sont fermées par centaines toutes les semaines, à cause des risques de balle perdues.

L’armée pour enrayer la vague de violence

Le ministre de la Défense affirme que les soldats ne seront pas mobilisés pour patrouiller, mais davantage pour appuyer la police sur des opérations ponctuelles, pour démanteler des réseaux et des gangs de trafic de drogue. L’armée comme solution à l’insécurité, un choix que les autorités brésiliennes mettent en avant régulièrement. De fait, le président Temer, conservateur, et très peu populaire, fait de plus en plus appel à l’armée pour des taches de maintien de l’ordre, dans tout le pays. Ce fut le cas, pendant les Jeux Olympiques, durant le carnaval, et même dans les prisons – sans que cela ne provoque de polémique dans la population. Mais rien ne dit que l’action de l’armée à Rio permettra de réduire la violence, et la criminalité endémique aujourd’hui… surtout si les caisses de l’Etat reste vide, et que les salaires de dizaines de milliers de fonctionnaires ne sont pas payés.

À voir aussi

Un prêtre et 5 personnes tués dimanche au Burkina

Des hommes armés ont attaqué dimanche une église dans le nord du Burkina Faso. Le …

LES POLITIQUES DESAVOUES A TRAVERS LE MONDE: Un candidat antisystème à la tête de l’Ukraine

Après la France où Emmanuel Macron a déjoué les pronostics, au Libéria où c’est un …