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Contribution : L’honnêteté de Idrissa Seck en question

Une grande partie du peuple sénégalais manifeste encore une sympathie à l’égard de Idrissa Seck. Le dernier scrutin, au bout duquel il a obtenu 15% des suffrages, le prouve. Ce soutien s’explique par le fait que les Sénégalais ont toujours été les défenseurs de ceux qu’ils considèrent comme des opprimés. Idrissa Seck a été emprisonné selon des accusations toujours non élucidées et ses souteneurs ont été victimes d’une chasse aux sorcières ouvertes sur tous les fronts (destitution de Omar Sarr du Conseil régional de Diourbel, limogeage de Diattara des Ics…).

Source : Le Quotidien
De toute façon, le régime de Wade brille aussi par son inacceptation de la contradiction. Tous les opposants sont pourchassés s’ils ne rallient pas la cause du prince et cela est l’explication de ce qui est communément appelé «transhumance» et qui consiste en un recyclage de certains déchets du Ps à la faveur de l’abandon des poursuites que le régime dit de l’alternance avait entamées contre eux. Le Sénégal est ainsi devenu le pays des souteneurs de Wade. Lorsqu’il est venu en décembre 2007 à Grenoble pour prendre son diplôme, Wade a distribué près de 25 000 euros aux militants du Pds et aucune des trois associations sénégalaises (Etudiants, Travailleurs et Femmes) de Grenoble n’a reçu d’aide de sa part. Epaulé par ses acolytes, Wade a ainsi miné tous les dispositifs de cooptation des fonctionnaires, de recrutement dans une bonne partie du secteur privé et d’octroi de toutes formes de subventions. C’est face à ce constat que j’ai créé le Fidd (Front pour l’insertion des diplômés de la Diaspora) avec des jeunes sénégalais émoulus d’universités françaises et j’ai été interviewé dans Le Quotidien du 21 décembre 2006, dénonçant les pratiques népotistes et clientélistes du régime en matière d’emploi. Plusieurs jeunes diplômés sénégalais errent en France en exerçant des boulots dégradants sans rapports avec leur formation, sachant que pour se faire recruter au Sénégal, il faut impérativement aller se courber l’échine devant un responsable du Pds ou être le disciple d’un des grands marabouts mourides.

C’est révoltant qu’au Sénégal, on n’ait plus la liberté de choisir celui qu’on veut soutenir. Abdoulaye Wade a d’ailleurs ouvertement admonesté les Thiessois qui ont majoritairement voté pour Idrissa Seck. Mon soutien à Idy est alors devenu un engagement républicain et citoyen au service de la liberté de choix et d’opinion.

Cependant, après une fine lecture du champ politique et une analyse du comportement de Idy, quelques questions fondamentales se posent à nous : Idrissa Seck mérite-t-il vraiment le soutien que nous lui apportons ? Est-il vraiment honnête ?

S’il est lucide face à toute cette sympathie, Idrissa Seck doit, en effet, constater qu’il s’est fait pardonner plusieurs erreurs depuis 2000. La plupart de ceux qui continuent de le soutenir peuvent convenir avec moi deux constats majeurs. D’une part, Idy manifeste ostensiblement plusieurs signes de l’arrogance, de la suffisance et du manque d’humilité qu’on lui reproche. Il manifeste peu de reconnaissance à une majeure partie de ses souteneurs qui éprouvent souvent des difficultés à le rencontrer. En outre, l’utilisation qu’il fait du Saint Coran contre ses semblables humains témoigne d’un certain manque d’humilité doublé d’une imposture grotesque. Il lui faudra faire des efforts pour extirper ces défauts compromettants pour quelqu’un qui aspire à diriger le Sénégal. Par ailleurs, entre 2000 et 2004 où il était au sommet de son pouvoir, il a voulu réduire en larbins plusieurs responsables du Pds. Ce comportement lui a valu les frondes rationnelles des Farba, Lamine Bâ, Abdou Fall, Cheikh T. Sy, Souleymane Ndéné et autres. D’autre part, il n’est ni clair, ni intellectuellement honnête dans ses explications sur les accusations de malversations financières dont il fait l’objet. Ses souteneurs sombrent, depuis 2 ans, dans des spéculations mensongères pour blanchir un mec qui ergote pour justifier l’origine de sa fortune. Il n’est mu que par son confort personnel. Au moment où, comme il l’a déclaré, un Sénégalais sur deux ne mange pas à sa faim, il a scionné le pays en hammer pendant la campagne électorale. En octobre 2006, il a aussi déclaré publiquement avoir puisé sur les fonds politiques pour s’enrichir avec ses proches. Cette déclaration m’accuse implicitement étant donné que les nombreux Sénégalais, qui me considèrent comme son proche, vont penser, à tort, que j’ai reçu de l’argent de lui. De plus en plus, les Sénégalais découvrent le vrai visage de Idrissa Seck qui s’avère être pire qu’on peut le penser. Idy se noie dans un argumentaire scélérat. Il s’est essoufflé d’expliquer et se cache derrière une rhétorique forgée dans l’irréalisme des pages de romans datant du moyen-âge. Son arrogance et sa suffisance l’empêche de consulter qui que ce soit. Il apparaît comme le pire des imposteurs n’ayant qu’une seule préoccupation, celle d’arriver au pouvoir. Idy se dit démocrate et se veut de réhabiliter l’image du président de la République. Il dit vouloir l’accès au pouvoir, à l’avoir et au savoir pour chaque Sénégalais. Mais rien dans son comportement n’est conforme à ces idéaux. Idy a tout obtenu à la faveur de sa proximité avec Abdoulaye Wade qui n’a, d’ailleurs, pas tort de dire qu’il l’a façonné. Il s’est enrichi par la politique et apparaît comme un politicien professionnel qui a amassé un trésor de guerre, prêt à venir profiter de l’oisiveté dans le confort en France, en attendant la prochaine présidentielle. Sa conviction est que, comme le pense Wade, le pouvoir s’achète. Il est conscient du pouvoir électoral de l’argent dans nos contrées. En venant s’installer en France dans ce contexte, il fait preuve d’une lâcheté et d’une malhonnêteté flagrantes.

Depuis 2000, nous avons tu plusieurs comportements lamentables de Idrissa Seck et de ses proches. Ils cultivent le clanisme et prônent le griotisme. Leur code de fonctionnement, comme il l’a d’ailleurs avoué sur les fonds politiques, est le népotisme, le favoritisme et le clientélisme. Dès la fin de la campagne législative de 2001, pendant laquelle j’ai moi-même participé à la création de la Pcl pour le soutenir, il s’est retiré dans sa bulle, ne recevant que ses parents, ses proches et les cadres du Pds qu’il voulait corrompre et associer à ses ambitions. En tant que jeunes responsables du Pds, de la Pcl dans la région de Lyon, Idy n’a jamais accepté une seule de nos demandes d’audience aussi bien à Paris qu’à Dakar. Il a fait des facilités pour beaucoup de ses proches qui se sont enrichis rapidement et anormalement. Il a embauché plusieurs centaines de Thiessois dans la Fonction publique en connivence avec Diattara. Il était ivre de pouvoir, il est bel et bien arrogant et pas du tout humble.

Par conséquent, voila plusieurs années que Idrissa Seck nous prend pour des demeurés et des ignares. Il est tout sauf démocrate : il a négocié avec Wade à l’insu de tout le monde, il a boycotté les législatives sans consulter personne, il a rédigé son programme sans consulter personne, faisant confiance à sa suffisance habituelle. En outre, une grande partie de son entourage croupit dans une nullité abracadabrantesque. Il a privilégié Diattara qui, franchement, n’a ni le charisme, ni la compétence de rassembler tous les jeunes de Rewmi autour de lui. L’accès à Idy est souvent verrouillé par ses proches et parents à qui il donne ses moyens et ses privilèges. Dès lors, toute critique faite à Wade peut aussi lui être formulée. Il faut reconnaître à Maître Wade la qualité de l’humilité et de la sensibilité. Idrissa Seck, lui, il parle en démocrate socio-économiste, mais il agit en un taré mystificateur.

Notre combat à côté de lui s’inscrit dans notre refus de l’arbitraire, notre liberté de choix et notre croyance en un vrai idéal de changement. Si Idrissa Seck persiste dans ses comportements troublants, il signe le dévoiement pur et simple de cet idéal. Je pense que pour diriger les Sénégalais, il faut d’abord donner le bon exemple. Les Sénégalais en ont marre de la démagogie, la manipulation et la ruse. Il faut l’adoption d’un nouveau paradigme politique qui fait du politicien un modèle qui séduit le peuple par un comportement citoyen.

Nous réclamons des éclaircissements sur les accusations de malversations, nous voulons plus de communication dans le parti Rewmi et nous voulons de lui un comportement plus respectueux vis-à-vis de ses militants. Qu’il cesse de nous prendre pour des imbéciles, qu’il ait ses pieds sur terres. Nous en avons marre de son arrogance et de sa suffisance. Nous en avons marre de défendre une personne qui se livre à une manifestation ostensible de richesses acquises selon des conditions douteuses. Il a plus d’argent, que nous, mais nous clamons notre dignité et n’avons rien à lui envier ni du point de vue financier, ni du point de vue du savoir.

El Hadji Mounirou NDIAYE – Responsable de Rewmi à Grenoble / elhmounir@hotmail.com

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