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(CONTRIBUTION) Les races, les ethnies, et les castes dans l’enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba

A l’heure du retour malheureux des notions aussi désuètes que sont les races, les ethnies et les castes, il me paraît fondamental de mettre en exergue la vision du Cheikh (r.a) sur ce thème à travers son œuvre écrite mais aussi à travers sa vie. Ce retour du tribalisme et de l’ethnicisme exacerbé traduit en réalité un manque de connaissance manifeste de la religion. Ce retour de ces notions dans les débats publiques traduit en réalité un manque de confiance en soi qu’on essaie de noyer dans le désir d’appartenance à un groupe dont le seul ticket d’entrée reste la naissance. Facile ! Me direz-vous ? Vous avez bien raison. La recherche de la prééminence sur l’autre a toujours été une volonté inconsciente des hommes pour se distinguer du lot. C’est ainsi qu’ils recherchent cette prééminence à travers la couleur de la peau, l’origine géographique (le citadin qui se gausse parfois du kaw-kaw), les ethnies, les castes et même à travers la simple possession de biens matériels.

Le Cheikh et les races

«Ne te laisse pas abuser par ma condition d’homme noir pour ne pas en profiter. L’homme le plus estimé auprès d’Allah, est celui qui le craint le plus, sans discrimination d’aucune sorte. La couleur de la peau ne saurait être cause de l’idiotie d’un homme ou de sa mauvaise compréhension.» Massalik Vers 47-49.

On voit à travers ces deux vers que le Cheikh fait sien la parole coranique qui veut que l’homme le plus estimé auprès d’Allah (swt) est celui qui le craint le plus. Aucune autre considération n’est pour lui pertinente. C’est ainsi que parmi ses disciples, nous retrouvons des hommes de toutes les races.

Le Cheikh, les ethnies et les castes

Ces vers ci dessous tirés de « Nahju » suffisent à eux seuls à montrer la vision universaliste qu’il avait:

« [L’Auteur] t’apprend également que les gens ne se distinguent essentiellement que par la Connaissance et la Pratique religieuse » Et que c’est par le Savoir et l’Adoration de DIEU que l’homme émérite surpasse ses semblables mais aucunement par une glorieuse filiation paternelle ou maternelle, ainsi que l’a dit Ali – puisse DIEU l’honorer : « Tous les hommes sont analogiquement égaux, Adam est leur père à tous et Eve leur mère » « Si jamais tu te targues d’une glorieuse ascendance, sache que ces illustres ancêtres dont tu te vantes ont pour origine l’eau et la boue ! » En vérité la fierté ne siérait qu’aux Détenteurs du Savoir, eux qui guident vers la Voie Droite ceux qui y aspirent. « La valeur de tout homme est fonction de ses bonnes actions ; aussi les ignorants constituent-ils les ennemis déclarés des détenteurs du Savoir »

Le gommage des différences dans la pratique durant sa vie

L’organisation sociale de la société wolof voire même de la société sénégalaise en général faisait qu’il y’avait une catégorie de personnes voire de familles qui étaient considérées comme les seules « devant » apprendre les sciences religieuses. Les sciences et les pratiques religieuses étaient en quelque sorte une « chasse gardée » de ceux qu’on appelait communément les “doomi soxna”. C’est ainsi que le Cheikh va commencer dans sa démarche d’effacement des différences et d’extirpation des orgueils primaires par démocratiser le savoir religieux (hilm) et faire de la quête du savoir et de sa mise en pratique(hamal) les seules préoccupations dignes pour un musulman. Pour brimer ces orgueils et ces fiertés tenaces qui empêchent l’individu d’accéder à la piété il est allé jusqu’à inverser parfois les rôles traditionnels pour certains de ses disciples.

C’est ains qu’il va former des gens, qui étaient censés travailler dans les métiers manuels (cordonneries, menuiserie, agriculture…), à devenir des enseignants coraniques. Et des gens qui étaient censés ne faire que l’enseignement du coran de par leur ascendance, il va les employer dans des travaux manuels pour qu’ils ne sous estiment plus aucun métier après leur maîtrise du texte sacré et des sciences religieuses. Cheikh Moussa Kâ, un de ses poètes-serviteurs attitrés (Xaadimul Xadîm) nous rappelle dans son célèbre poème Xarnubi :

«Mbindéef yi yépp a yam fi moom , Alal yi yépp a yam fi moom , Bëggul bañul xeebul du yéem , Mooy génn góor cixarnu bi »

«Bawal-bawal akub ajoor , Sàmm aki baadooloo ki buur , Ku laaj mu jox la sa muur , Di nig li des cixarnu bi »

« Mbàkke gënul fi moom guyaar , Kon ummi mbàkkeek taar ba kaar , Kon du ko may sëriñ guyaar, Xamul ku bon cixarnu bi»

« Wolof, gënul fi moomi naar , Gànnaar, gënul fi moom Mbayaar, Kon taaxi jurbel du fa jaar , Ba def jumaa cixarnu bi »

On voit clairement à travers cette description que fait le poète que le Cheikh ne voyait aucune prééminence basée sur des critères aussi divers que sont l’origine géographique, raciale, sociale et même physique car la suite du poème nous dit qu’il ne faisait non plus la différence entre un aveugle et une personne sans infirmité visuelle : Pour terminer, la mère des croyants Aicha (r.a) nous rapporte que « Rien sur terre ni personne ne pouvait impressionner le prophète (psl) si ce n’est quelqu’un qui a la crainte d’Allah (swt) ». Il en est ainsi des disciples véridiques du cheikh. Rien ne peut les impressionner chez l’individu quel qu’il soit si ce n’est la piété et la piété uniquement.

Source Majalis.org

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