1 août, 2014
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CONTRIBUTION : Rigueur ou Misérabilisme

CONTRIBUTION : Rigueur ou Misérabilisme

Rigueur ou misérabilisme

La rigueur dans la gestion des affaires publiques imposée par le nouveau régime frise le misérabilisme. Elle ne doit pas se situer dans la capacité à priver les sénégalais de convenances pour renflouer les caisses de l’Etat, mais dans la dynamique de permettre justement à tous les sénégalais de pouvoir participer activement à l’effort de construction nationale.

Le Sénégal est un pays pauvre, promouvoir une politique d’austérité ne fera qu’approfondir la dèche et réduire les populations à leur extrême petitesse. Ce qu’il faudrait, c’est soutenir la consommation pour permettre à nos entreprises de booster leur production, ce qui nécessite l’utilisation plus importante de facteurs de production comme le capital humain ; donc l’emploi.

Si Macky SALL continue sur cette voie, les nationaux n’auront plus goût à l’investissement et les étrangers vont trouver d’autres zones plus accueillantes et moins saumâtres.

Cette attitude confiscatoire pour les populations et pour l’économie nationale ne doit pas être acceptée dans un pays qui fait des prévisions budgétaires de plus de 2000 milliards avec une progression notée pour 2013 de plus 200 milliards.

Cette démarche traduit simplement l’incapacité des dirigeants à concevoir une politique économique et sociale cohérente apte à produire des retombées certaines pour améliorer non conditions de vie.

Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il tonne ou qu’il vente, Me WADE a fait des réalisations structurantes pertinentes sur lesquelles Macky devait s’appuyer pour aller vite dans la prise en charge de nos préoccupations. Le constat est qu’il se cherche pour avoir renié la moule avec laquelle il est fait, pour avoir renié ses convictions et s’être allié à des gens qui ont, depuis les indépendances et même avant, piller le Sénégal de toutes ses ressources. Amadou Moctar MBOW que la mémoire courte veut déifier n’est-il pas le responsable de l’incarcération de milliers d’élèves et d’étudiants en 1968. Si le système éducatif Sénégal est borgne, le seul et unique responsable est bien celui là. Qu’a-t-il fait pour le Sénégal au moment de son passage à l’UNESCO ?

Moustapha NIASSE, Habib THIAM et leurs acolytes n’ont jusqu’à présent pas répondu de leur gestion du compte K2, du Fonds de Promotion Economique qu’ils ont sucé à sec pour se servir et s’enrichir. Ousmane Tanor DIENG n’avait-il pas le surnom de BCEAO ambulant et de concessionnaire automobiliste ? Idrissa SECK n’a-t-il pas avoué publiquement s’être enrichi de manière inconcevable sur les fonds politiques ? Abdoulaye BATHILY l’aigri, Amath DANSOKHO le passager clandestin, Mata Sy DIALLO la ressuscitée entre autres.

La rupture et la rigueur commence d’abord par envoyer ses dinosaures à la retraite pour permettre à la jeunesse de prendre son envol et arrimer le développement économique du Sénégal aux contingences des temps modernes.

Me WADE, notre maître, nous a appris que chaque génération a ses problèmes, chaque génération connaît ses problèmes et à chaque génération de résoudre ses problèmes.

Ces gens se sont battus pour l’indépendance. Merci ! Donnons la chance à la jeunesse de se battre pour l’émergence. Sous WADE, les jeunes exerçaient le pouvoir, maintenant, ils le cherchent. La moyenne d’âge au gouvernement est 50 ans et on veut nous faire croire que ce magistère est sous le sceau de la jeunesse.

L’espoir suscité le 25 mars 2012 s’amenuise de jour en jour et laisse la place à la cristallisation d’un profond malaise social qui risque d’exploser. Ces organisations de droit de l’hommiste, ces mouvements dits citoyens et même ces formations politiques qui ont été utilisés, instrumentalisés, manipulés dans la bataille contre le régime de WADE ne savent plus à quel saint se vouer parce que désemparés. Le réveil a été brutal pour eux.

S’il est vrai que l’œuvre de WADE n’est pas exempte de reproches, comme toute entreprise humaine d’ailleurs, il n’en demeure pas moins vrai que sa vision pour le Sénégal était aussi claire et limpide, ambitieux et altruiste. Toutes les ressources étaient mobilisées pour l’émergence et placer le Sénégal dans la rampe de lancement. Aujourd’hui le manque de vision dans le maquis s’illustre parfaitement. Tant tôt, c’est la charte des Assises dites nationales qui n’a rien d’un programme, tant tôt c’est le yonnu yokkuté qui n’est qu’une juxtaposition de mots que seuls ses concepteurs comprennent. Des affairistes dans le gouvernement dont le seul but demeure de fructifier leurs avoirs, en complicité avec des lobbies étrangers.

Le social est en ébullition, l’économique en souffrance, le peuple bouillonne d’envie de se départir rapidement de ces gens. Les troubles d’après match doivent faire réfléchir.

Pendant ce temps, c’est du théâtre tous les soirs. Au regard de la démarche entreprise par l’Etat, il semble fort bien que nous sommes en face d’un grand théâtre public où les acteurs sont avec les spectateurs sur la même scène.

Beaucoup de bruit pour ne rien faire, c’est le sentiment partagé par bon nombre de nos concitoyens. Six mois à l’épreuve de la gestion du pouvoir, le régime de Macky SALL n’offre aucune lueur d’espoir sinon de la pure comédie servie tous les soirs.

Des audits lancés, des voitures volées, des milliards détournés et placés dans des comptes off shore, des déclarations inutiles, des conseils de ministres localisés dans les départements qui ne sont pas encore dans l’escarcelle marron et qui se chiffrent à plus de deux cent millions (FCFA) au moment où les caisses de l’Etat sont vides selon le ministre du budget du maquis. Quelle manière subtile de se lancer dans une campagne électorale qui ne dit pas son nom. Depuis la fin des élections un seul conseil des ministres s’est tenu hors de Dakar. De la boutade en permanence voilà le menu que nous servent les comédiens de la République. Un gouvernement magnifique dont chaque nomination reflète un conflit d’intérêt quelque part.

Cinq cent milles (500 000) emplois en cinq (05) ans soit cinquante milles tous les six (06) mois promis à la jeunesse. Les six premiers mois ont produit zéro (00) emplois sinon le recasement du personnel politique comme conseillers techniques, ministres-conseillers, entre autres. Un vieillard à la tête du ministère de la jeunesse et qui n’a aucune idée des préoccupations des jeunes sénégalais. Qui n’est là que pour service rendu à son excellence dans les années de vache maigre. Tous les efforts de promotion de la jeunesse sont plombés, aucune perspective pour cette dernière.

Le ministère de la culture confié à un homme du « sérail » qui résume le département au chant et à la danse cumulé au tourisme qui agonise et qui se dévalorise.

Une injustice extravagante avec la libération de l’assassin Barthélémy DIAZ et son investiture comme député alors que son dossier est pendant devant les juridictions.

Au même moment, le ministre de l’énergie foule au pied le plan TAKKAL sous prétexte qu’il n’est pas bon. En lieu et place il nous propose quoi? RIEN sinon des délestages. Un menuisier pour mettre en œuvre la politique agricole et on s’étonne de la mauvaise performance dans le secteur, l’éducation nationale confiée à un arrogant gonflé qui risque de plomber le système. Le ministre de la femme incapable de tenir un discours cohérent en matière de promotion de l’entreprenariat féminin. Un ministre de la communication incapable de communiquer. C’est pourquoi d’ailleurs il n’est pas porte parole du gouvernement….

Du tâtonnement et de l’amateurisme sont le lot quotidien des maquisards surexcités par ces audits qui auraient dû commencer par eux avec un patrimoine juteux et douteux.

Les audits orientés n’emballent nullement les sénégalais car ils savent que ce ne sont que des manigances politiques qui cachent le manque de vision et non la réalisation du chapelet de promesses qu’égraine le leader de « Yonnu Yokouté ».

Yokouté Ndol, Yokouté prix électricité, Yokouté prix des denrées de consommation courante, Yokouté prix carburant. Voilà la voie tracée par le Président Macky SALL.

Que d’affabulations, de diffamations et de diversion, les priorités sont dans la prise en charge concrète des préoccupations des sénégalais à la place des « Thiakhagounes » au quotidien.



Mouhamadou FAYE

Section communale PDS

Dieuppeul Derklé