ECONOMIE

Cop 21 à Paris- Conférence « Land of Africa Business « – Intégralité du Discours de Mbagnick Diop président du MEDS

  • Date: 3 décembre 2015

Mesdames et Messieurs,

Chers Panélistes,

Chers Participants,

Je voudrais saisir l’opportunité de ce panel pour exprimer ma profonde gratitude et mes sincères remerciements ainsi que celui de tous les membres des milieux d’affaires africains aux initiateurs de cette rencontre.

Je tiens à exprimer des remerciements particuliers aux responsables du Cabinet Lazareff Le Bars et à saluer le partenariat positif et fructueux noué avec le Mouvement des Entreprises du Sénégal.

A l’heure où la planète entière, les hommes et les femmes de tous les continents se penchent sur le devenir de l’humanité sous l’angle de sa préservation et de sa durabilité, il est important que la voix de la diversité s’exprime. Il faut aussi que celles et ceux qui, au quotidien, créent de la valeur, des richesses et des emplois, trouvent l’occasion de faire entendre leurs points de vue.

Je me réjouis davantage d’être partie à ce panel, que le cadre qui nous accueille « Land of African Business » est un creuset de réflexions, d’échanges mais aussi et surtout de présentation de ce nouveau visage d’une Afrique en mouvement, d’une Afrique riche d’opportunités pour ses fils qui osent entreprendre et qui appellent les investisseurs du monde entier à ne pas rater le train du sursaut.

C’est donc un fils de cette Afrique là qui vient donner son point de vue. Et mon propos consistera à donner une perspective, parmi celles diverses, du secteur privé du continent, sur cette réflexion du jour portant sur un thème d’une brulante actualité: « La structuration des contrats et l’optimisation des Business Model ».

Le centre de nos réflexions, c’est bien le concept de Business Model et les implications qui en découlent au plan juridique et contractuel.

Pour cerner mon propos, il me paraît important de dresser le contexte, à la lumière des enjeux liés à la mondialisation des affaires, qui gouverne notre époque.

En effet, l’évolution au cours de 20 à 30 dernières années a permis de passer d’un monde bipolaire avec d’un côté le bloc des pays riches et d’un autre celui des pays pauvres comptant sur l’assistance des premiers, à aujourd’hui un monde marqué par l’intégration, l’interconnexion des économies, où le capital et l’investissement ne reconnaissent plus les frontières mais raisonnent plutôt en terme d’opportunités. C’est un monde globalisé où le maître mot pour toutes les économies est la course à l’intégration aux Chaines de Valeurs Mondiales. On est donc dans une époque du « Tout-Monde » tel que le définissait Edouard Glissant.

Donc, il nous faut, hommes d’affaires africains, réfléchir à l’aune de cette réalité nouvelle en vue de nous adapter aux bouleversements du monde et aux opportunités qu’il dessine pour les entrepreneurs, créateurs de richesses actionnaires majoritaires d’un futur nouveau pour le continent.

Et nous adapter, c’est axer nos efforts vers l’innovation, la compétitivité et l’adaptation aux règles d’une économie globalisée.

En effet, il nous faut admettre, qu’à l’échelle des Etats, tout comme des Entreprises, qu’elles soient multinationales, grandes, moyennes, petites voire micro, la compétitivité et l’innovation ont fini d’être érigées en « Dieu Système ».

Voilà aussi la raison pour laquelle l’innovation frugale est devenue un domaine important dans l’entreprise et attire de nombreux jeunes. En effet, nous sommes dans un contexte particulier de rareté des ressources et de l’exigence d’agilité dans la formulation de projets.

L’innovation frugale dite aussi innovation Jugaad permet de repousser les lignes de l’impossible et de permettre un développement économique qui allie la rentabilité à la préservation des ressources de la terre. Je le dis avec davantage d’aisance ici dans le cadre de la COP21 qui fait de Paris le rendez-vous du monde qui réfléchit sur l’avenir de la planète, l’avenir du monde que nous léguerons à nos aux générations futures.

J’attire donc aussi l’attention de mes amis et collèges africains sur la nécessaire prise en compte de cette réalité nouvelle pour le devenir d’un continent à qui les intellectuels et experts divers promettent des lendemains dorés.

L’Afrique, dans notre époque de redistribution des cartes économiques post crise des subprimes, s’affirme de plus en plus comme le continent de l’avenir, une véritable réserve pour le développement de la planète aux plans des ressources naturelles et de la biosphère, des opportunités économiques et d’investissements, du Capital humain en termes de dividende démographique, de résilience démocratique, etc.

Le rapport 2015 sur les perspectives économiques en Afrique publié récemment par le Fonds Monétaire international confirme ces bonnes tendances d’une Afrique résolument engagée dans la trajectoire de l’émergence, pour un continent qui, il n’y a guère longtemps, était synonyme de sécheresse, de famine, de guerre, de coups d’Etat…

D’ailleurs, 6 des 10 économies qui auront les plus forts taux de croissance de leur Produit Intérieur Brut en 2015 sont en Afrique. Ce qui augure de sérieuses promesses pour un continent dont la première force est sa jeunesse mais qui est en même temps son premier défi.

Le même rapport indique que la croissance moyenne du PIB en Afrique en 2015 est projetée à 4,5 % et les projections se situeront sur un trend positif pour plusieurs années encore.

L’Afrique est donc dans un moment favorable qui augure un printemps économique et une très belle opportunité d’émergence pour nos pays longtemps englués dans une spirale de sous développement. Mais cette promesse sera vaine si le secteur privé n’est pas placé au cœur de l’écosystème économique.

Il va de soit que la pleine exploitation des potentialités suppose un secteur privé apte à jouer un rôle de catalyseur de l’entreprenariat, à la pointe de l’innovation et qui soit capable de s’adapter aux mutations qu’exige l’obligation de durabilité.

C’est tout le sens et la portée du concept de Business Model dans la structuration d’une activité économique.

Il est important de s’accorder sur une compréhension commune de la notion de Business Model. Le concept fait l’objet de plusieurs définitions selon les auteurs.

Mais, qu’il s’agisse de Alexander Osterwalder, Tim Clark, Eric Ries ou encore Stéphane Degonde,  celles-ci convergent largement sur un ensemble de valeurs propres et de notions connexes suivantes :

– la structuration de l’offre de l’entreprise prise au sens large, qu’elle soit privée, publique ou même sociale,

– la structure organisationnelle mise en place,

– le processus de génération des revenus,

– la structure des coûts de production,

– les alliances, le réseau de valeur, le positionnement dans la chaine de valeur, l’interfaçage client,

– l’articulation de la proposition de valeur,

– les partenaires clés.

Je vais, pour illustrer mon propos, vous montrer deux schémas :

Sans titre

 

Schéma 1 de représentation du Processus du Business Model

schema 2

Schéma 2 de représentation du processus du Business Model

En partant de ces considérations générales sur le concept, deux types de réflexion s’imposent :

D’abord, la mise en application du processus suppose tout un jeu d’interrelations complexes intra, inter, et extra entreprises qui rendent davantage utile l’adaptation du droit des contrats, surtout au regard des évolutions considérables notées dans les relations entre les acteurs.

Car en lui-même, le Business Model suppose une adaptation des dispositions juridiques. A cela s’ajoute la complexification des rapports d’affaires avec l’entrée en jeu de nouveaux types de contractualisation comme le Partenariat Public Privé ou encore l’Offre spontanée, autant de nouveautés qui appellent l’entreprise vers plus de performance et par conséquent d’innovation.

Ensuite, la percée des projets d’affaires de type nouveau en Afrique, mais c’est valable en général, doit déboucher sur une idée précise du Business Model à mettre en place pour augmenter au mieux les chances de succès. Ceci, ne serait-ce que dans une perspective d’identification et de mitigation des risques. Bien évidemment, cela a une influence considérable sur les types de relations et par conséquent sur la structure des contrats.

Je voudrais donner à ce sujet un 1er cas illustratif. Ainsi, en fonction du type de business, la logistique peut revêtir une grande importance, par exemple, pour l’approvisionnement en matières premières ou l’acheminement de la production dans des conditions de températures contrôlées etc.

Car étudier la fonction logistique de manière spécifique au contexte applicable pourrait permettre à une entreprise d’identifier les sources d’incertitudes liées à cette fonction et y apporter des mesures correctives préventives. Ce qui, in fine, pourrait accroitre le besoin d’investissement initialement identifié mais permettrait aux chaines de production de fonctionner de manière plus optimale, une fois les activités lancées.

Ensuite, voici un 2ème cas illustratif relatif à l’étude de marché, l’identification des futurs clients et la mise en place d’une stratégie adaptée de vente. C’est le cas des cantines des opérateurs télécoms en Afrique pour la vente des cartes de rechargement et les transferts d’argent par mobile au Sénégal où le contexte local semble être plutôt adapté à ce type de  vente de proximité (ventes aux feux tricolores, le bord des routes, etc) Alors qu’une telle démarche serait, soit difficilement acceptable, soit inefficace dans d‘autres contextes.

Ces 2 cas illustratifs permettent de souligner le caractère décisif de la connaissance du contexte culturel non seulement en termes de pratique de consommation (existence d’un marché) mais aussi en termes de perception des produits, de publicité, de vente, d’environnement de travail…

Les Business Model, comme vous le voyez à travers ces deux cas illustratifs soulèvent de nombreuses questions dans nos Etats africains marqués le poids des économies informelles et la rareté des instruments financiers.

Ils sont certes une chance et une opportunité pour l’émergence de l’Afrique mais sa mise en oeuvre soulève quelques difficultés.

Les Business model sont des paris sur l’avenir. Leur pleine exécution transcende très souvent les régimes et les Gouvernements. Ils importent par conséquent d’assainir l’environnement.

C’est ce que le Sénégal a très vite compris. Le renforcement du cadre juridique des affaires constitue un des piliers essentiels du Plan Sénégal Emergent. Et parmi les réformes phares, figure le « Redressement du Classement d’Attractivité » qui fait de la sécurité juridique des affaires une préoccupation de chaque instant.

En effet, ils ne peuvent s’épanouir que dans un contexte qui favorise pleinement et entièrement la libre concurrence, une transparence effective des modes de contractualisation, un système financier et bancaire participatif et une sécurité juridique réelle et ressentie.

Mesdames et messieurs,

Voici de façon schématisée ma contribution initiale au thème important qui nous réunit aujourd’hui. Je reviendrai dans les débats sur d’autres aspects plus techniques, plus pratiques et plus détaillés.

Je vous remercie de votre aimable attention./.

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