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CORRUPTION Lamine Diack accuse l’opposition de 2012 d’enrichissement illicite

  • Date: 19 décembre 2015

La lutte contre la corruption au Sénégal a progressé d’une manière inattendue avec les aveux du président Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), mis en examen en France pour corruption passive et blanchiment aggravé, face aux enquêteurs de l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales.
Le très respecté Diack a fait des aveux. Il reconnait avoir été l’auteur de corruption passive et de blanchiment aggravé contrairement à ce qu’il avait dit au guide Tidjane, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amin.
Il perd de ce fait toute sa réputation acquise après de nombreuses années à servir l’athlétisme. Mais, il n’est pas le seul. Diack mouille aussi son fils Massata et certains de ses collaborateurs qui sont déjà sous le coup de la loi. Il va faire de la prison et devra payer des amendes dont l’ardoise peut être très salée. C’est peut-être pour cela qu’il a parlé de la campagne de 2012 et mouillé indirectement l’opposition. Il dit avoir eu besoin de 1,5 million d’Euro manifestement pour couvrir la campagne de l’opposition à Wade qui devient ainsi, de facto et de droit, complice.
Si cela est avéré, nous sommes fondés à nous demander si les candidats de l’opposition pouvaient ignorer l’origine douteuse des fonds qui, selon Diack, devraient servir à gagner Dakar. Car, dès son arrivée à la tête de ce pays en 2012, le président de la République a fait de la lutte contre la corruption, une affaire personnelle jusqu’à mettre en place l’Office nationale de lutte contre la corruption (Ofnac). La réactivation de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) et l’emprisonnement du fils de l’ancien président Abdoulaye Wade entrent dans cette dynamique.
Les aveux de Diack sont d’autant plus graves, que rien ne l’obligeait à donner des éclaircissements sur la destination des fonds acquis dans le cadre de cette opération de corruption. En effet, aucun voleur ou escroc ne peut se justifier en mettant en avant les motivations nobles de son acte. En droit, on ne peut pas voler parce qu’on est pauvre et que son conjoint est malade, entre autres motifs moralement acceptables. De la même façon, on ne saurait participer à une opération de corruption parce que « l’on veut gagner la ville de Dakar, louer des véhicules, sensibiliser les gens à la citoyenneté, renverser le régime… ». Tout cela est noble mais n’entre pas dans le cadre des éléments constitutifs d’une infraction qui sont les éléments intentionnels, matériels et légaux, c’est-à-dire les textes de loi qui les répriment.
Diack pouvait se taire sur ce point au moins pour éviter de porter un coup moral et politique d’une rare gravité surtout dans une affaire si internationalisée. Certes, le Chargé de communication de la présidence, notre confrère Alioune Kassé, a réagi pour démentir toute implication de Macky Sall dans cette affaire, mais cela ne suffit pas. L’État ne peut pas manquer d’organiser une conférence de presse pour s’expliquer sur cette situation. Au plus haut niveau. Et si par extraordinaire, des preuves sont rendues publiques, il sera difficile pour le président Sall de sortir indemne de cette situation ou les implications politiques et même diplomatiques peuvent être graves.
Cette situation sera exploitée à fond par l’opposition et l’électorat sénégalais ne sera pas insensible à cet état de fait.
Sur le plan international, le président de la République jouit d’une aura notamment acquise à partir de l’exigence de rigueur morale et la lutte contre la corruption et autres malversations financières. Eh bien, cette réputation pourrait être écorchée par de telles révélations.
Pire, c’est le Sénégal en tant qu’État qui risque d’en pâtir. Si des hommes aussi « valeureux et exemplaires » aux yeux de l’opinion comme Lamine Diack tombent, à qui faudrait-il se fier ? Les jeunes qui mettent l’argent en avant jusqu’à perdre leur vie dans des pirogues de fortune pour aller en Europe, auront-ils assez de références pour reconquérir les valeurs cardiales léguées par nos valeureux ancêtres et les fondateurs des confréries islamiques en restant pour bâtir leur pays ?
C’est dire que l’affaire Lamine Diack qui n’a pas encore révélé tous ses secrets mérite qu’une cellule de crise soit mise en place par la présidence pour obvier ses implications qu’il ne faut pas sous-estimer.
L’Alliance pour la République (Apr) pourrait jouer sa partition en s’expliquant sur les financements de la campagne de 2012.
Enfin, cette affaire remet au goût du jour la lancinante question du financement des partis politiques. Certes, le Code électoral est on ne peut plus clair sur la question, mais peu de partis politiques tiennent des comptabilités et on se targue parfois même d’avoir été financé par tel ou tel autre homme d’affaires qui réside au Sénégal ou à l’étranger. Ce qui fausse manifestement le jeu politique.

Abdoulaye Diop

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