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Coups et blessures: Une quinquagénaire condamnée à 3 mois…

Trois mois avec sursis et une amende de 500.000, c’est la sentence prononcée, hier, par la composition du tribunal des flagrants délits de Dakar contre la dame Aïssatou Fall. Elle a été déclarée coupable d’injures non publiques et coups et blessures volontaires.

 Médecin-anesthésiste et kinésithérapeute de son état, Hélène Bassama a attrait, hier, la dame Aïssatou Fall à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour coups et blessures volontaires et injures. S’agissant des faits, la plaignante s’était rendue le 12 octobre dans un salon de coiffure situé à Ouakam, pour traiter ses cheveux. Alors qu’elle était à l’intérieur du salon, Hélène a entendu Aïssatou Fall en train de dire à Aminata Sow de venir déplacer sa voiture. Ayant répondu par la négative, une altercation s’en est suivie et Hélène s’est interposée pour tenter de les ramener à la raison. C’est sur ces entrefaites, nous dit-elle, qu’elle a été injuriée par Aïssatou. « Je lui ai dit qu’elle n’est pas la propriétaire des lieux. Aussitôt, elle a répliqué en me demandant de me mêler de ce qui me regarde. Que j’étais une fumiste et une simple « Niak » (de nationalité étrangère : ndlr). Très vexée, je lui ai répondu par une insulte. Frustrée, elle a tiré la chaise sur laquelle j’étais assise. Lorsque je suis tombée, elle a commencé à me donner de violents coups. Pendant ce moment, sa fille qui était sur les lieux, tirait mes cheveux. Un autre garçon aussi m’administrait des coups de pied. J’avais des contusions au niveau du cuir chevelu, de mon cou et de mon épaule », a confié la plaignante, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. Entendue à son tour par le tribunal, la mise en cause qui, a comparu libre, a contesté les faits qui lui sont reprochés. Elle a confié aux juges : « ni ma fille ni moi n’avons levé la main sur la partie civile. Lorsqu’elle est intervenue dans ma discussion avec Aminata, je l’avais juste traitée de fumiste et de «Niak». C’est la raison pour laquelle j’ai été très surprise lorsque la gendarmerie m’a convoquée ce même jour, vers les coups de 17 heures. Il faut dire que je lui ai même présenté des excuses », a dit Aïssatou, également mère de huit enfants. Mais, ses déclarations ont été battues en brèche par la gérante du salon et sa cliente Aminata Sow qui ont confirmé la partie civile dans ses déclarations. C‘est le beau-fils de la prévenue qui m’avait sommé en premier lieu de déplacer mon véhicule, arguant que c’est sa femme qui a le droit de stationner sur les lieux. C’est lorsque j’ai refusé qu’Aïssatou est intervenue. J’ai été choquée par son comportement. Elle et sa fille s’étaient acharnées sur Hélène comme des bêtes sauvages. Après la bagarre, cette dernière avait les doigts et la tête qui saignaient », a soutenu Aminata Sow.

La partie civile avait réclamé 5 millions à titre de dommages et intérêts

De leur côté, les avocats de la partie civile ont réclamé 5 millions à titre de dommages et intérêts. Selon les robes noires, les termes « Niak » et « fumiste » sont des injures. « Les Sénégalais ont l’habitude de traiter les autres Africains de « Niak » alors que ma cliente est une Sénégalaise de nationalité. Elle est née à Kaolack, de mère sénégalaise et de père camerounais. Par ailleurs, après quinze jours d’activité intense dans son lieu travail, elle avait besoin de se relaxer. Raison pour laquelle, elle s’était rendue dans ce salon pour laver ses cheveux. Mais, elle a été injuriée et agressée par la prévenue. Elle pouvait même souffrir d’une hémorragie interne. Parce que le certificat médical a fait état de plusieurs plaies au niveau de son front et de son genou », a soutenu la robe noire. De son côté, le représentant du ministère public a requis deux mois d’emprisonnement, dont 20 jours ferme contre la prévenue pour injures publiques et coups et blessures volontaires, assortis d’une interruption temporaire de travail de 10 jours. Cependant, l’avocat de la défense a souligné que les injures ne peuvent pas être qualifiées comme publiques. « Le terme fumiste n’est pas un mot péjoratif. Contrairement au terme « Niak » qui est outrageant. On a essayé d’amplifier les choses parce que tout simplement, la partie civile est un médecin. Mais, je rappelle qu’elle est d’égale dignité avec la vendeuse d’arachides qui est dans le coin. Je vous demande de disqualifier les faits d’injures publiques en injures non publiques. Parce que le salon est un lieu privé. Je vous demande aussi de minorer la somme réclamée par ma consœur », a soutenu la défense. S’agissant du chef de coups et blessures volontaires, la robe noire s’en est rapportée à la sagesse du tribunal.

En rendant sa décision, le tribunal a infligé une peine d’avertissement de trois mois assortie du sursis à la prévenue pour injures non publiques et coups et blessures volontaires. La juridiction demande aussi à la mise en cause d’allouer la somme de 500 mille francs à la partie civile à titre de dommages et intérêts.

Cheikh Moussa SARR 

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