3 septembre, 2014
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COUR D’ASSISES D’APPEL DE DAKAR- L’émigré et l’enseignant mouillés dans une affaire de drogue, acquittés, après 4 ans de prison

COUR D’ASSISES D’APPEL DE DAKAR- L’émigré et l’enseignant mouillés dans une affaire de drogue, acquittés, après 4 ans de prison

Après 4 ans de détention, la Cour d’Assises d’Appel de Dakar a acquitté, hier, l’émigré, aide-agent de football, et l’enseignant. Poursuivis pour une affaire de drogue, ils sont libres.

Entre interrogatoires, débats, réquisitoires, la Cour d’Assises d’Appel de Dakar a rembobiné un film effrayant aux allures «criminelles». Et c’est le juge Madani Diané qui a appuyé sur le bouton Play pour déclencher la pellicule sous le regard inquiet des deux acteurs, l’émigré Boubacar Bâ et l’enseignant, acteur culturel, El Hadj Rawane Diagne. Un film qui montre une course-poursuite de 3 véhicules suivie d’une bagarre ensanglantée. Opposant deux groupes de personnes, curieux et parents ont suivi les moindres étapes de ce 28 avril 2009, date du tournage de ce film de ouf qui a fait tomber les mis en cause, poursuivis d’association de malfaiteurs et de tentative de trafic de drogue.

Condamnés à 10 ans de travaux forcés par la Cour d’Assises de Kaolack, ils ont attaqué cette décision tombée le 28 avril 2011. Le président Madani et ses assesseurs, infirmant la décision de la Cour d’assises de Kaolack les a acquittés du crime à eux reproché. Cette décision a soulagé les visages crispés des mis en cause. Dès la sentence tombée, Boubacar Bâ, 37 ans, qui a croupi 4 ans en prison a lâché un grand soupir. Malheureux, il manque de craquer avant de se reprendre en refoulant ces larmes de colère et frustration. Alors qu’il était venu en vacances avec sa femme et ses enfants. Emigré vivant en Italie, l’aide d’agent de football et opérateur économique a été jeté en prison pour une affaire de drogue qu’il a toujours niée. Pareil pour son co-accusé, El Hadj Rawane Diagne. Maigre, avec des os lui collant à la peau, il a presque papoté avec ses parents en faisant un salut heureux à l’avocat général, Habib Samba Laobé Aw. Un comportement, familier aux habitués des Cours d’Assises de Dakar. Purgeant une peine de 10 ans de travaux forcés, il a été extrait de sa cellule de Kaolack pour répondre de cette affaire nébuleuse. Il a été également acquitté hier.

Tout a commencé le 28 avril 2009. Ce jour-là, suite à une course-poursuite et à la bagarre, les populations avisent les éléments de la gendarmerie de Gandiaye qui se transportent sur les lieux, ils sont rejoints par les éléments du commissariat central de Kaolack, informés par le garde pénitentiaire en uniforme, Youga Mbaye. Celui-là, trouvera dans la malle arrière de la voiture d’El Hadj Rawane Diagne, 06 grammes de cocaïne, deux téléphones portables appartenant respectivement à une Française du nom de Marie Béatrice Gustarimac et au garde pénitentiaire, Youga Mbaye. Interrogée, Marie explique avoir mis en rapport son ex, Momar Anta Saly Diokhane et Boubacar. Qui, explique-t-elle, voulait 10 kilogrammes de «Mougou», un langage codé de l’application de la drogue. Rendez-vous est fixé à l’auberge «Dandé Mayo» de Kaolack. Dans son récit, elle explique que l’opération a foiré avec l’intervention de deux vrais faux policiers dont le garde pénitentiaire Youga Mbaye. Mettant la main sur le sac contenant les 6 millions FCfa de Boubacar Bâ et son chauffeur, avec une arme blanche, ils ont suivi les nommés Rawane Diagne, Youga Mbaye, l’autre faux policier, Abou Diop et Diokhané, qui n’a jamais été arrêté. Le sac récupéré, il ne retrouve que 1,5 million FCfa. Pour entrer en possession de ses sous, Boubacar qui dit avoir quitté Louga pour une transaction immobilière intimera Béa, qu’il a connu via un ami, de lui rendre ses sous tout en l’accusant d’avoir monté ce deal pour lui voler son argent.

Une déclaration autre que celle de Béatrice qui s’est évadée de prison a été reconduite hier : «Une fois à Kaolack, j’ai été agressée et mon argent a été emporté. Et si je n’ai pas porté plainte, c’est que lorsque je l’ai emmenée jusqu’à Louga, Béa avait promis de me rembourser les 4,5 millions de Fcfa manquants.» Interpellé 3 mois après les faits, il explique que son chauffeur a, lors de la bagarre, attaché le garde pénitentiaire avec des menottes, apportées par le par le garde lui-même.» Quant au vieux Rawane, il raconte, bavard : «Diokhané m’a demandé de ramener ces trois personnes, (les deux faux policiers et Béatrice) à Dakar. Il m’avait parlé d’une transaction et m’avait promis une commission de 100 mille FCfa. Jamais je ne savais que c’était de la drogue. Et j’ai menti lors de l’enquête en disant ne pas le connaître, c’est parce que je ne voulais, ni de près ni de loin être mêlé à une telle affaire. Surtout que Diokhané avait fui.» Les avocats de Boubacar Bâ, Mes Khassimou Touré et Abdou Mbodj ont plaidé la relaxe. Pour, Me Khassimou Dia : «Mon client avait 6 millions FCfa sur lui. Une somme qui ne peut même pas acheter 500 grammes de cocaïne.» Après 10 ans d’absence de la Cour d’Assises, Me Touré a fait vibrer les 4 murs de la salle en criant : «Demandez à des agents, ils vous le confirmeront. On dit qu’il est venu acheter de la drogue, c’est faux, ce sont des mensonges.» Me Yaré Fall, allant dans le même sens, a demandé l’acquittement pour son client, El Hadj Rawane Diagne.

L’Observateur