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Cour de répression de l’enrichissement illcite- Tahibou Ndiaye estime son patrimoine à 1,100 milliards

  • Date: 2 juin 2015

 Poursuivis pour enrichissement illicite estimé à 3,9 milliards de nos francs, l’ancien directeur du Cadastre, Tahibou Ndiaye, son épouse et ses deux filles adoptives ont comparu, hier, à la barre de la Crei. Face aux juges, Tahibou Ndiaye a estimé son patrimoine à 1,100 milliards de nos francs.

Ancien directeur du Cadastre, Tahibou Ndiaye, son épouse et ses deux filles adoptives ont fait face, hier, aux juges de la Cour de répression de l’enrichissement illicite, devant laquelle ils sont attraits pour le délit d’enrichissement illicite estimé à 3,9 milliards. L’accusation a été rejetée par Tahibou Ndiaye qui a estimé ses revenus cumulés à 1,100 milliards de nos francs. Il s’en est suivi une série de questions-réponses entre le Président de la Cour Henry Grégoire Diop et le principal prévenu Tahibou Ndiaye, afin de connaitre l’origine licite de ses biens. A la barre, Tahibou Ndiaye a tenté de justifier l’acquisition des différents terrains cités dans procédure. S’agissant du terrain sis sur la Vdn, l’ancien directeur du Cadastre renseigne l’avoir acquis auprès d’Abdoulaye Wade, ancien président de la République. Ce, dit-il, après que Wade père a fini de s’approcher des autorités compétentes, comme le ministre de l’urbanisme.

«Je bénéficiais des largesses de l’ancien régime»

Poursuivant ses explications, Tahibou a indiqué qu’il bénéficiait des largesses du régime libéral. C’est dans ce cadre qu’il a eu à recevoir 50 millions de la part du Président Wade. Un terrain de 25.000 m2 à Diamniadio et 10 millions de nos francs lui ont été offerts par l’actuel président de la République, Macky Sall, à l’époque, ministre. «Tous les biens que j’ai obtenus m’ont été donnés gratuitement sans que je n’en fasse la demande. L’Etat, pour sa part, m’a attribué deux terrains, un avant l’alternance et un après», a-t-il dit aux juges. Outre l’apport de l’Etat, l’ancien directeur du Cadastre a déclaré qu’il était soutenu par son père, notamment, dans la construction d’un de ses terrains sis à Mermoz. Selon lui, ce terrain, acquis avant l’alternance, a été construit à hauteur de 50 millions par son père. S’agissant du terrain localisé à Yoff Tongor, Tahbou soutiendra l’avoir acquis grâce à une coopérative à laquelle il avait adhéré. «Pour cette villa, j’ai reçu 80 millions de nos francs en matériel de la part de l’oncle de ma femme», a-t-il indiqué.

«J’ai reçu 45 millions de la part de Cheikhou Thiam…»

Prévenu en même temps que sa femme et ses deux filles adoptives, Tahibou Ndiaye s’est aussi expliqué sur les biens de ces dernières. Pour ses filles adoptives, il renseigne que c’est leur père Cheikhou Thiam, malade, qui lui avait remis 45 millions pour la construction d’un immeuble à Fass pour elles. Selon lui, il a pris l’engagement de mettre l’immeuble au nom d’une des filles sans arrière pensée. «C’est mon instinct qui m’a conduit à mettre le nom de Ndèye R. Thiam sur l’immeuble. Leur père m’avait confié leur garde et je n’ai pas trouvé anormal de mettre leur nom», a-t-il justifié. Mais le substitut du procureur spécial lui rappelle avoir signé les papiers concernant l’acquisition de cette maison à la place de la principale concernée. «C’est une situation particulière qui m’a conduit à adopter une attitude particulière, mon reflexe premier m’a conduit à signer sans arrière pensée», s’est-t-il défendu.

«Diop Sy m’a remis 40 millions… il a aussi offert un terrain à mon épouse»

A la suite du Président de la Cour, Antoine Diome, substitut du procureur spécial, a entamé sa série de questions au cours de laquelle, il a abordé les relations entre le prévenu et Diop Sy. «C’est un grand ami. D’ailleurs, c’est lui-même qui a offert un terrain à mon épouse qui lui avait fait part de son désir de regrouper toutes ses activités. Diop Sy m’a aussi remis 40 millions de nos francs pour cession définitive du site qui abritait la maison familiale», a confié Tahibou. Par ailleurs, le prévenu a indiqué être, aujourd’hui, titulaire d’un compte de 5 millions de nos francs. Pour ses revenus légaux, Tahibou Ndiaye listera son salaire, loyer, actions à la Sonatel, fonds communs, etc.

«Je ne peux pas en dire plus sur la médiation pénale»

Sur une question des avocats de l’Etat sur la médiation pénale, Tahibou Ndiaye rétorque : «je ne peux pas en dire plus sur cette médiation. Pour moi, c’est un dossier clos. Je l’ai signé sous la contrainte, parce que les deux forces n’étaient pas à égalité. Je pense avoir été très clair concernant cette question. C’est une question dépassée, en plus je ne garde pas de bons souvenirs de mon incarcération, c’est pourquoi, je ne voudrais pas l’évoquer encore.» Sur l’insistance du parquet spécial d’en savoir plus, Tahibou confiera à Cheikh Tidiane Mara : «il faut approcher votre substitut Antoine Diome. Le substitut du procureur spécial connait mieux que quiconque les circonstances dans lesquelles la médiation a été signée. La médiation n’est pas venue de moi. A la limite, j’ai été obligé de la signer. On m’a envoyé des émissaires. Aujourd’hui, j’estime que c’est un dossier qui a été dépassé.  Et j’ai décidé de ne plus me prononcer sur ce dossier. En effet, je l’ai signé sous la contrainte. Maintenant, quand ils ont voulu mettre en œuvre la médiation, je m’y suis opposé. C’est ce qui a conduit à mon incarcération.» Mais auparavant, les avocats ont débattu sur l’écartement dudit texte dans la procédure. Pour éviter des déballages, le Président Henry Grégoire Diop dira aux parties après délibération : «la cour reconnait que ce texte existe et fait partie du dossier, mais aucune partie ne doit discuter du contenu.» L’audience reprendra aujourd’hui à 10 heures.

Cheikh Moussa SARR

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