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Cour de répression de l’enrichissement illicite- Jour de vérité pour Tahibou Ndiaye et Cie

 Le Président de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), Henry Grégoire Diop, va rendre, ce 09 novembre, son verdict dans l’affaire qui oppose l’ancien directeur du Cadastre Tahibou Ndiaye et sa famille à l’État du Sénégal. Ils sont poursuivis respectivement pour enrichissement illicite et complicité d’enrichissement illicite portant sur 3,9 milliards de nos francs. 

C’est aujourd’hui 09 novembre que Henry Grégoire Diop, Président de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) doit prononcer son verdict dans l’affaire qui oppose Tahibou Ndiaye, ancien directeur du Cadastre et Cie à l’État du Sénégal. En effet, Tahibou Ndiaye, son épouse et ses deux filles adoptives sont poursuivis respectivement pour enrichissement illicite et complicité d’enrichissement illicite portant sur 3,9 milliards de nos francs. Il faut dire que si la cour suit le procureur spécial, Cheikh Tidiane Mara, dans ses réquisitions, l’ancien directeur du Cadastre pourrait être condamné à 5 ans de prison ferme. Après avoir prononcé les 5 ans, le procureur spécial a non seulement demandé à la cour d’ordonner la confiscation des biens visés dans la présente procédure mais aussi, de fixer la contrainte par corps au maximum.

S’agissant de l’épouse de l’ancien directeur du Cadastre et ses deux filles adoptives, Cheikh Tidiane Mara a demandé à la cour de les déclarer coupables du délit de complicité d’enrichissement. Ainsi,  a-t-il requis une peine d’emprisonnement de deux ans de prison assortie du sursis  pour Ndèye Aby Ndiongue, l’épouse de Tahibou Ndiaye. Dans ses réquisitions, le Procureur spécial avait demandé à la cour de prononcer la confiscation de tous les biens de Mme Ndiaye qui sont visés dans cette procédure. Il ajoute à cela une amende de 3,94 milliards de nos francs que la dame doit payer. Pour les deux filles adoptives notamment Mame Fatou et Ndèye Rokhaya Thiam, le Procureur spécial Cheikh Tidiane Mara avait requis  deux ans de prison assortis du sursis. Comme leurs parents, le procureur spécial indique que ces deux filles doivent payer une amende de 3,94 milliards de nos francs ainsi que la confiscation de leurs biens visés dans cette procédure.

Me Borso Pouye : «Il impossible de retenir que Tahibou est coupable du délit d’enrichissement illicite»

Pour sa part, un des avocats de la défense, Me Abdourahmane Sô, plus connu sous le sobriquet de Lénine a répondu au Procureur spécial Cheikh Tidiane Mara. Pour mémoire, la robe noire explique : «Si le condamné est marié, la confiscation ne portera que sur la moitié de ses biens. On vous demande la confiscation de tous ses biens, alors que la loi interdit cela, parce que M. Ndiaye est marié», a dit l’un des défenseurs de l’ancien directeur du Cadastre. Àsa suite, Me Borso Pouye, fermant le bal des plaidoiries de la défense, déclarera : «Je voudrais vous mettre en garde de ne pas vous méprendre sur tout ce que vous avez entendu ici. Ce n’est que de la création juridique. Par ailleurs, l’humilité de la robe que nous portons ne nous permet pas de dire tout ce que l’on veut. Je me désole que des propos discourtois aient été tenus à l’endroit de ces personnes qui comparaissent devant votre barre et qui sont présumées innocentes.» Poursuivant, Me Pouye dira : «Nous demandons que tous les actes intervenus au-delà des six mois soient annulés. La procédure concernant Tahibou Ndiaye doit être déclarée nulle et de nul effet. C’est à titre subsidiaire que j’aborderai le fond de cette affaire. Je ne pense pas qu’on puisse se fonder sur de simples prêches ou sur de simples suppositions pour asseoir une culpabilité. C’est de médisance de penser que Tahibou Ndiaye n’a que des amis nantis. Tout cela ne contribue pas à démontrer les raisons pour lesquelles on comparait à la barre. Si on a des leçons de morale à donner, il faut aller à la radio, la télévision.» À l’en croire, on a surdimensionné les pouvoirs de Tahibou Ndiaye.

S’agissant de la réparation du préjudice que la partie civile a réclamé, Me Borso Pouye déclare : «C’est un directeur comme tous les directeurs. On nous demande 3 milliards, sans pour autant dire le préjudice qu’ils ont subi, sans pour autant caractériser ce préjudice. Il impossible de retenir que Tahibou est coupable du délit d’enrichissement illicite qui lui est reproché», a-t-elle précisé, demandant à la Cour de débouter l’État du Sénégal de sa constitution de partie civile de relaxer son client des fins de la poursuite, sans peine ni dépens. C’est ce matin que la cour va trancher dans cette affaire.

Cheikh Moussa SARR

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