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Cours à domicile par des étudiants : Le perfectionnement et le gain en sus

Le Soleil- Ils sont nombreux les étudiants qui dispensent des cours à domicile. Un moyen pour ces derniers d’arrondir leur fin de mois, mais également de se perfectionner dans leur apprentissage de l’enseignement.

Un silence de mort règne dans ce lycée de Ouakam malgré l’approche de la rentrée scolaire. Seuls quelques étudiants du quartier sont présents ce matin. Si certains sont venus réviser pour préparer leurs examens de la session de rattrapage, d’autres y sont pour préparer la rédaction de leur rapport de mémoire.

Le regard plongé dans «L’Etre et le Néant» de Jean-Paul Sartre, Mansour Sall est concentré dans sa lecture. Cet étudiant en master 1 au département de Philosophie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a préféré se retirer dans la cour, sous l’ombre d’un arbre pour mieux se concentrer, mais également profiter de l’air frais. Il est de plain-pied dans la rédaction de son rapport de mémoire dont le sujet est : La liberté chez Jean-Paul Sartre. Il fait partie des étudiants qui exercent des activités en parallèle à leurs études pour arrondir les fins de mois. Parmi celles-ci, figurent justement les cours à domicile moyennant une rémunération mensuelle. Le procédé est simple. « D’abord nous faisons des affiches sur lesquelles figurent nos coordonnées et les matières que nous enseignons. Passée cette étape, on reste à l’écoute d’éventuels appels pour discuter des prix et des modalités avec les parents d’élèves », renseigne Mansour Sall.

Ces affiches sont visibles un peu partout dans les différents quartiers de Dakar. Elles sont plaquées sur les poteaux électriques, les troncs des arbres. Elles décorent aussi les portails des lycées et collèges. Depuis un certain temps, ces étudiants ont investi les réseaux sociaux, notamment Facebook, à travers des plateformes d’annonces gratuites pour avoir plus de visibilité. La dispensation de cours à domicile est ainsi un moyen pour certains étudiants, non seulement de se perfectionner, mais aussi de se faire de l’argent. « Depuis que j’ai commencé à exercer cette activité, il y a de cela deux ans, j’arrive à me prendre en charge et à satisfaire certains besoins de ma famille. D’ailleurs la plupart des étudiants de l’Ucad sont appelés, un jour ou l’autre, à être enseignant et ces cours à domicile nous permettent de nous perfectionner », affirme Ousmane Seck, étudiant en Licence 3 à la Faculté des Sciences et techniques de l’Ucad.

« Avec ma demi-bourse (18.000 FCfa) et sans chambre au campus social, je faisais la navette tous les jours. Vous imaginez la situation dans laquelle je vivais », ajoute-t-il le regard vide. Sans doute se souvient-il de ces périodes difficiles où il tirait le diable par la queue.

Ces cours à domicile sont organisés, soit par des étudiants issus des différentes facultés de l’université et habitant le même quartier, soit individuellement. Pour le premier cas, chaque étudiant, en fonction de ses capacités, se charge d’enseigner une matière. Pour le second, il peut s’agir d’un étudiant qui, personnellement, propose ses services aux parents d’élèves. C’est le cas de Mansour Sall, étudiant en master 1 au département de Philosophie. Depuis trois ans, il dispense des cours en philosophie et en français à des élèves en classe de 3e, 2nde, 1ère et Terminale. « Chaque élève paie mensuellement 30.000 FCfa et, durant le mois, je m’arrange pour que l’élève ait deux fois dans la semaine une séance d’une heure trente minutes chez lui. Soit 12 heures de cours le mois. En général, les cours se déroulent les mercredi et samedi soir », fait savoir M. Sall qui gère, à présent, une boutique multi-services grâce à l’argent qu’il gagne par le biais des cours à domicile.

Le niveau des élèves et l’organisation, des contraintes majeures
Toutefois, il n’y a pas que des aspects positifs, car il arrive que ces étudiants soient confrontés à des élèves qui n’ont pas du tout le niveau et n’ont pas goût aux études. Il se pose également le problème d’organisation du temps, car « parfois je suis obligé de sacrifier des cours à l’université pour honorer le contrat que j’ai signé avec les parents d’élèves », affirme Ousmane Seck.

A l’éternelle pique qu’on leur lance, à savoir le manque de niveau de certains étudiants, Ousmane répond: « C’est toujours la même rengaine ! », avant de reconnaître tout de même qu’il y a des cas, mais qu’il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac.

Alioune Badara DIATTA 
(stagiaire)

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