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Crash de l’hélico, rapport armp, sénégalais tués a l’etranger…. Me Mame Adama Gueye toutes griffes dehors !

Le leader du mouvement Sénégal Bou Bess (la voie du véritable changement), Mame Adama Guèye, a été, ce samedi, l’invité du Grand Oral. Face à Fatou Thiam Ngom sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, il est revenu sur plusieurs sujets d’actualité, notamment la situation des Sénégalais de l’extérieur. Sur les rapports qui épinglent des directeurs membres de la mouvance présidentielle, Me Mame Adama Guèye a demandé aux Sénégalais de réagir. Morceaux choisis.

Crash de l’hélicoptère de l’Armée

Espérons que cette fois-ci l’enquête permettra de connaître les circonstances exactes de ce crash qui a eu des conséquences très douloureuses. 9 morts, c’est quand même très important. Je ne peux pas anticiper, mais le problème c’est qu’on est un peu responsable quelle que part de cette situation, nous les citoyens, vous les journalistes. Parce qu’on a l’habitude de s’apitoyer sur ces situations, mais ça ne dure que deux ou trois jours et après on passe à autre chose. Les citoyens doivent être plus vigilants dans leur rôle de vigilance citoyenne. Il y a des organisations citoyennes, il y a un monitoring à faire. Il faut qu’on se donne les moyens de suivre les choses jusqu’au bout. C’est-à-dire de ne pas réagir de manière spectaculaire et après de laisser passer. Les journalistes ont également un rôle très important à jouer parce qu’on les appelle les historiens du présent. Ils doivent se donner les moyens et les outils d’assurer le suivi. Ils ont la plus grande responsabilité au niveau des citoyens. Malheureusement, quand quelque chose se passe, le lendemain c’est à la une de tous les journaux. Une semaine après, on n’en parle plus. On a l’impression qu’on n’a pas une forme de mémoire de la presse qui assure un suivi sur le déroulement des choses. Ce serait vraiment utile que ça change. Il faut qu’on évolue sur ce point de vue.

Des Sénégalais tués en Espagne

Nous avons un Etat qui fonctionne par réaction. J’ai discuté avec un certain nombre de nos parents immigrés sur la question de leur situation. Leur ressentiment c’est qu’ils ne sentent pas la présence des autorités diplomatiques consulaires qui ne sont pas trop actives. C’est ça le gros problème et il y a des raisons qui l’expliquent. Pour des raisons de clientélisme politique, on a mis de plus en plus un nombre de personnes qui ne sont pas diplomates. C’est-à-dire qui sont juste des soutiens politiques du Président et sont bombardés dans des positions consulaires ou des postes diplomatiques et ils ne sont pas des professionnels. Ils ne sont là que pour des raisons de clientélisme politique. Il y a un déficit de compétence et il y a un impact forcément. Quand on ne connaît pas un métier, on ne peut pas l’exercer. Ce sont des questions qu’il faut régler et nos parents immigrés se plaignent de ça. Quand des choses comme ça se passent, l’Etat réagit. Comme là, on a convoqué l’ambassadeur d’Espagne et l’ambassadeur va bouger mais, c’est sous la pression des immigrés qu’ils le font. Ça devrait être une question de surveillance régulière, constante, proactive, une posture de protection et d’écoute de nos compatriotes. L’Etat devrait faire en sorte que quand quelque chose se passe, quand il y a des auteurs, que l’Etat fasse en sorte de suivre les procédures judiciaires jusqu’au bout. Mais c’est dommage que nous ayons un Etat qui n’est pas proactive.

La gestion des problèmes des Sénégalais de l’extérieur

C’est un problème qui date avant l’avènement de Macky Sall. Ce que j’ai dit sur les recrutements dans les consulats de militants politiques, a commencé depuis Abdoulaye Wade. Pour Macky Sall, il fait la même chose et c’est ça qui est dommage. Quand on l’élisait, on pensait que les choses allaient changer. Mais, il a continué à faire la même chose. Il fait qu’on ait une vraie politique d’assistance de nos ressortissants étrangers. Que nos représentants diplomatiques qui sont dans les consulats soient proactifs. Ce n’est pas seulement le problème des assassinats ou autres, parce que nos compatriotes ils ont aussi des problèmes pour renouveler leur passeport, pour bénéficier des services consulaires. Ils ont le droit d’être assistés en tant que des citoyens sénégalais. Ils se sacrifient pour apporter leur soutien à leurs familles. Heureusement parce que si notre pays ne recevait pas autant de ressources venant de nos immigrés, on n’ose même pas s’imaginer ce qui se passerait. Par ailleurs, il faut que nos parents immigrés se fassent connaître par nos autorités consulaires et diplomatiques. Mais aussi, il faut que notre Etat prenne les dispositions appropriées de donner les moyens aux représentations diplomatiques d’aller sur le terrain parce qu’on peut situer où se trouve nos parents immigrés pour régler ce problème.

Les pistes proposées par Sénégal Bou Bess

La vision c’est que l’Etat alloue aux citoyens les services auxquels chaque citoyen a droit. Les citoyens ont des droits incompressibles, qu’ils soient au Sénégal ou à l’étranger, c’est l’assistance de l’Etat. L’assistance de l’Etat est déficiente pour des raisons que nous n’avons pas des institutions républicaines qui fonctionnent normalement. Si nous avons des institutions qui fonctionnent normalement, cette assistance doit être spontanée, organisée, structurée. On a certes des directions ministérielles et autres, mais il faut qu’on ait une claire vision de la situation de nos parents qui sont à l’étranger. Aujourd’hui, il y a un travail qui doit être fait pour voir comment faire en sorte que l’apport économique de ces immigrés soit beaucoup structurant. Deuxièmement, on voit qu’il y a une tendance au retour des immigrés, mais qui n’est pas facilité. Il faut mettre en place un dispositif permettant aux immigrés de venir tester le retour. Parce que ce n’est pas facile d’un coup de décider de changer de vie et de revenir avec tous les risques inhérents. Ici les choses ne sont pas prévisibles, c’est pourquoi je pense qu’il faut aider les immigrés en organisant leur retour. Il faut des cadres d’incubation qui leur permet de tester. Il faut une vision avant une approche stratégique. Mais nous avons un Etat qui est démagogue.

L’arbitrage du Président sur le parrainage et la caution         

Pour une fois je suis d’accord avec le Président parce que pour le parrainage, il n’ya rien de choquant. Je ne suis pas d’accord avec les membres de l’opposition qui disent que c’est une question de principe. Ils ont une approche opportuniste de la question. Si c’était une question de principe, pourquoi ils n’étaient pas gênés que cette question soit imposée aux candidats indépendants. La discrimination ne les choque pas alors qu’ils se présentent en héros de la défense des principes démocratiques. Ils ont une attitude opportuniste que je ne trouve pas acceptable et de l’autre côté, je ne pense pas qu’il est normal qu’on exige d’un Président de la République qu’il fasse la démonstration d’un minimum de représentativité. Comment peut-on être choqué alors que ça existe partout dans le monde ? Je trouve que le système du parrainage est tout à fait normal (…). Je serais plus choqué par la question de la caution parce que j’ai lu un professeur d’université dire qu’il faut augmenter la caution à 200 millions pour éviter des farfelus. C’est totalement hallucinant. Ce n’est pas un critère parce que même un vendeur de drogue peut disposer de 200 millions et se présenter comme un candidat. Par contre, quelqu’un peut avoir un bon profil sans pour autant avoir les moyens. Symboliquement, c’est bon d’avoir une caution, mais ça ne doit pas être le critère principal.

Le dernier rapport de l’Armp

On parle de rapport public. Nous vivons une situation absolument inacceptable du point de vue de l’Etat de droit. Nous avons le rapport de l’Armp et nous attendons encore le rapport de l’Ige, nous attendons encore le rapport de l’Ofnac et ce n’est pas acceptable que ces rapports ne soient pas produits parce que simplement il y a une mauvaise volonté du Président de la République. C’est totalement inacceptable. Ces institutions ont l’obligation de publier ces rapports. C’est la loi qui le dit. C’est une coutume républicaine de montrer les rapports au Président avant de les rendre publics. S’agissant du dernier rapport de l’Armp, c’est parce que certains directeurs sont des militants de l’Apr que rien ne s’est passé. Le Président a dit qu’il y a des rapports qu’il met sous le coude. En effet, le Coud qui a été épinglé par le rapport de l’Ofnac a encore été épinglé. Que les sénégalais se réveillent parce que le Président n’est pas un monarque. Il n’a pas le droit de faire ce qu’il veut. Ce n’est pas parce que c’est son militant qu’il détourne les pouvoirs qui lui sont donnés. C’est une violation des règles basiques de la démocratie. Ça, c’est par rapport aux structures épinglées.

Cheikh Moussa SARR 

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