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Crash de l’hélicoptère de l’armée á Missira Le réveil de souvenirs amers

REWMI.COM Personne ne peut sérieusement épiloguer sur un drame pareil, d’une rare tristesse, où l’ancien maire de Ziguinchor Robert Sagna, une personnalité qui s’est distinguée par son engagement sans relâche pour la paix en Casamance, a perdu beaucoup de membres de sa famille.

Pour ceux qui se demandent pourquoi un hélicoptère de l’Armée au service d’un civil, ils doivent se rendre à l’évidence que Robert Sagna n’est pas n’importe qui et qu’il mérite même plus. Car, discrètement, sans tambours ni trompettes, il a travaillé sans relâche pour la paix en Casamance et a obtenu des résultats probants. Que le sort lui soit tombé dessus doit inciter tous les Sénégalais, unis comme un seul homme, à lui rendre l’hommage mérité et surtout à être à ses côtés pour qu’il ne se sente surtout pas seul en de pareils circonstances.

S’agissant de l’Armée, elle ne cesse de perdre ses hommes dans cette région, d’abord pour des raisons liées au conflit, mais aussi parce que c’est une région enclavée qui mériterait, en plus du renforcement de l’axe Dakar-Banjul et la construction subséquente du pont sur le fleuve Gambie, que des efforts supplémentaires soient fait pour son décloisonnement.

C’est donc le Sénégal tout entier qui est en deuil et le Chef de l’Etat en premier. Il a bien fait d’avoir affrété l’hélicoptère. Le drame qui frappe la région est le sien et celui de la Nation toute entière.
C’est pourquoi, les Sénégalais sont dans l’attente des résultats de l’enquête pour situer les responsabilités, tirer les leçons afin d’éviter que cela ne se reproduise.
Malheureusement, avec ce qui s’est passé de par le passé, l’optimisme n’est guère de mise.

La gestion du drame du bateau le Joola, en 2002, où beaucoup de fils de la Casamance et du Sénégal tout entier, sans oublier des étrangers, avaient péris, réveille en nous des souvenirs amers.
Les familles des victimes pleurent encore parce que justement, les responsabilités n’ont pas été situées et aucune leçon tirée. L’indiscipline des Sénégalais s’est accentuée avec des comportements pour le moins suicidaires, qui mettent en danger, à chaque moment, la vie d’autrui.

La preuve, le souvenir du crash de l’avion de Sénégal Air le 05 septembre 2015, avec la mort de 7 personnes dont une française, heurte encore les consciences. Tout récemment, la justice française a dû secouer Dakar par une commission rogatoire pour poursuivre l’enquête. Mais, du côté du Sénégal, c’est silence radio, comme toujours.
Un technicien a été justement mis au chômage parce qu’ayant alerté, à temps, sur la non-aptitude de l’avion à voler. Pourtant, il méritait une médaille.
Nous avons en effet une curieuse façon de gérer les drames, les accidents. On s’émeut quelque temps, présente des condoléances, verse un peu d’argent aux familles et tourne la page.

Bon sang, à quand la fin du laxisme et de l’impunité ? Nous ne pouvons pas continuer à vivre comme ça. Ou à mourir comme ça. Ce n’est pas admissible.
La Nation est alors dans l’attente d’une enquête sérieuse, de la communication sur ses résultats et des actes forts pris par qui de droit.

En attendant, il est important qu’un deuil national soit prononcé, que le Chef de l’Etat se déplace sur les lieux et qu’il rencontre aussi les parents des victimes de la tuerie de Boffa.

C’est de cette manière que l’on consolide les liens entre les différentes fractions de la Nation. Personne ne doit se sentir sous-estimée.

Assane Samb/ Rewmi quotidien

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