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Créances : Les Ics sous le poids d’une dette de plus de 200 milliards

Les dettes financières globales des Ics sont estimées à 80 milliards et les dettes commerciales sont du même ordre, alors que les dettes bancaires et monétaires sont de 70 milliards (56 milliards de découvert bancaire, 12 milliards de ‘roll over’). S’y ajoutent les emprunts à rembourser à très court terme (par exemple tous les mois) de la Cbao de l’emprunt obligataire, et 15 autres milliards.

Source : Walfadjri
A ces 70 milliards de dette financière et bancaire résiduelle, il faudrait ajouter les 90 milliards de dettes commerciales et diverses auxquelles il faudra faire un sort par un traitement approprié. Un traitement, selon la direction financière, par un gel et un moratoire des grosses créances des ‘soufriers’ et du pétrolier Total, qui doit consentir le même effort relatif que celui demandé aux banques. Total a une créance estimée à environ 10 milliards de francs. Une créance largement supérieure à celle de toutes les autres banques prises individuellement, à l’exception de la Sgbs (18 milliards de francs).

Les Ics représentent un investissement cumulé de 700 milliards de francs, emploient 2 500 agents permanents et 10 000 saisonniers, et assurent un revenu salarial de 16 milliards de francs par an. Elles utilisent les services de plus de 600 entreprises rémunérées à près de 40 milliards de francs par an.

Si les Ics produisaient aujourd’hui normalement, elles auraient gagné beaucoup d’argent. L’environnement international caractérisé par une hausse de plus de 80 dollars la tonne sur le prix de l’acide, devait être l’opportunité rêvée pour renflouer les caisses. Les Ics auraient pu gagner près de 48 millions de dollars de plus sur les 600 000 tonnes de production. Il y a de cela deux ans, une telle opportunité n’était pas offerte à la société.

En février 2006, les Ics avaient sollicité auprès du président du tribunal régional hors classe de Dakar, leur admission au régime du règlement préventif prévu par l’Acte uniforme de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada) sur les procédures collectives d’apurement du passif, afin de sécuriser leur patrimoine face aux créanciers. Et, pour présenter au président du Tribunal régional hors classe de Dakar, le juge Demba Kandji, un concordat préventif acceptable par les créanciers, les deux parties, après plusieurs séries de négociations, avaient convenu que la dette bancaire locale et la dette commerciale des Ics pourront faire l’objet d’une titrisation. Parallèlement, un plan de recapitalisation tel qu’exigé par la réglementation de l’Ohada et la juridiction sénégalaise sera finalisé par l’Etat du Sénégal et le groupe indien.

L’Etat du Sénégal et Iffco ont ensuite continué de travailler ensemble pour rendre supportable par les activités de l’entreprise, l’impact de la dette locale et internationale des Ics, en sollicitant auprès des créanciers, des banques locales et des bailleurs de fonds, des abandons de créances et un rééchelonnement de cette dette.

Depuis l’année dernière, après diagnostic de la situation, quatre conditions ont été mises sur la table. Il s’agit de l’acceptation des banques locales d’étaler la dette sur cinq ans ; la levée du compte séquestre de 10 à 12 milliards pour permettre à l’entreprise d’améliorer sa trésorerie ; la recapitalisation de la société. Et enfin que les membres internes de la boîte parviennent, par des niches d’économie, à améliorer la situation d’ici cinq ans pour économiser 99 milliards de francs.

Parmi les conditions formulées par Iffco pour une prise de participation importante dans la recapitalisation des Ics, figure le gel sur 22 ans et taux nul de 80 milliards de dettes financières et bancaires de la société. Mais, à supposer que les bailleurs de fonds et les banques puissent en accepter le principe, sous réserve de pouvoir en négocier les modalités, il resterait à établir le traitement à appliquer aux montants non consolidés en non ‘moratoirisés’.


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