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(FILES) In this file photo taken on January 3, 2019 US Senator Elizabeth Warren (D-MA) is sworn in by Vice President Mike Pence during the swearing-in re-enactments for recently elected senators in the Old Senate Chamber on Capitol Hill in Washington, DC. White House candidate Elizabeth Warren listed her race as American Indian on her Texas bar registration card over 30 years ago, The Washington Post reported on February 6, 2019. The revelation is likely to keep alive a controversy over Warren's claim to Native American ancestry that has dogged the Massachusetts senator's presidential bid.The Post said the April 1986 card admitting Warren to the Texas bar is the first written document discovered on which she explicitly listed her race as American Indian. / AFP / Alex Edelman

« La création, pour la première fois, d’un impôt sur la fortune aux Etats-Unis »Thomas Piketty

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste met en perspective les multiples propositions, outre-Atlantique, de taxer davantage les plus hauts revenus et les plus gros patrimoines.

Chronique. Et si le coup de grâce pour Emmanuel Macron venait non pas des « gilets jaunes », mais de la sénatrice du Massachusetts ? Elizabeth Warren, professeure de droit à Harvard, pas vraiment une adepte du chavisme ni de la guérilla urbaine, et candidate déclarée aux primaires démocrates de 2020, vient de rendre public ce qui sera sans doute l’un des points clés de la campagne à venir, à savoir la création, pour la première fois, d’un impôt sur la fortune aux Etats-Unis.

Chiffrée avec soin par Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, soutenue par les meilleurs constitutionnalistes, la proposition Warren impose un taux de 2 % aux fortunes comprises entre 50 millions et 1 milliard de dollars (entre 44 et 883 millions d’euros), et de 3 % au-delà de 1 milliard. Le projet prévoit également une exit tax égale à 40 % du patrimoine pour ceux qui choisiraient de quitter le pays et d’abandonner la citoyenneté états-unienne. La taxe s’appliquerait à tous les actifs, sans aucune exemption, avec des sanctions dissuasives pour les personnes et les gouvernements qui ne transmettraient pas les informations adéquates sur les actifs détenus à l’étranger.

Le débat ne fait que commencer, et le barème proposé pourrait encore être étendu et rendu plus progressif, avec des taux atteignant par exemple 5 % à 10 % par an pour les multimilliardaires. Ce qui est certain, c’est que la question de la justice fiscale sera au cœur de la campagne présidentielle de 2020. La représentante de New York Alexandria Ocasio-Cortez a proposé un taux de 70 % sur les plus hauts revenus, alors que Bernie Sanders défend un taux de 77 % sur les plus hautes successions. Si la proposition de Warren est la plus novatrice, les trois approches sont complémentaires et doivent s’enrichir mutuellement.

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