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CRIMES COMMIS PAR HABRÉ AU TCHAD- Human Right Watch accuse la France de complicité

  • Date: 1 juin 2016

La France est accusée de toute part dans l’affaire Habré. Pendant que l’ancien homme fort de N’Djamena pointe du doigt la Francafrique dans sa condamnation, l’Ong Human Right Watch (HRW) est l’auteur de deux rapports qui mettent en évidence le rôle de la France dans le soutien à Hissène Habré durant son règne. Deux rapports dont l’un évoque les relations Tchad/États-Unis et l’autre les relations Tchad/France.

Le Monde.fr annonce que les rapports, dont il a une version provisoire, s’appuient sur de nombreux documents et témoignages. Il est ainsi établi que « Paris a soutenu Habré au-delà de ce qui est connu » et que « Paris devait, au minimum, être informé des plus graves exactions commises ».

Ce second rapport qui concerne la France s’appuie notamment sur le fait que les Forces Armées Nationales Tchadiennes (FANT) et la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS), ces machines répressives de Habré, ont été très proches de la France.

En effet, le rapport établit que lorsque Habré avait pris le pouvoir dans son pays, en juin 1982, les Français savaient déjà qu’il était un chef de guerre très violent. La preuve, il dirigeait le Front de libération du Tchad (Frolinat) d’une main de fer et avait même exécuté l’officier français, Pierre Galopin, venu négocier la libération d’otages.

Néanmoins, la France, dès la prise de pouvoir par Habré, a commencé à l’appuyer militairement en logistiques et en hommes. En témoigne, les opérations « Manta » (1983-84), « Epervier » (1986-2014). Les officiers français ont aidé notamment Habré dans la reprise de Abéché et de Faya Largeau dans le Nord du pays consacrant une victoire éclatante sur les forces du Colonel Kadhafi et de ses mercenaires.

À ce propos, la France avait, elle aussi, envoyé des mercenaires sur le terrain. Le rapport rappelle, à ce propos, que le 11 juillet, 32 mercenaires, sélectionnés par René Dulac, avaient décollé de l’aéroport de Bourget pour N’Djamena et Faya Largeau.

Dulac avait été mandaté par la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) sous la supervision de hautes personnalités de la défense notamment le Directeur adjoint et de proches conseillers du Président Mitterrand, alors locataire de l’Elysée.

Cette opération était la conséquence directe d’une collaboration très étroite entre les services français et tchadiens de renseignement.

La DGSE et la DDS ont travaillé main dans la main. D’ailleurs, un ancien agent de la DDS, Claude Faure, en témoigne en ces termes : « Au Tchad, une équipe du service action de la DGSE est détachée auprès de la DDS tchadienne. Les membres de cette équipe ont pour mission de conseiller et de former les personnels de ce service ».

« Conseiller » et « former », il a bien dit. Et pourtant, la DDS a la réputation d’avoir été l’appareil de répression du régime, avec, à son actif, de nombreux morts.

L’organisation HRW, à qui la France a justement refusé l’accès  à ses archives, n’a pas manqué de relever les témoignages du premier Directeur de la DDS, Saleh Younous, lors de son procès au Tchad en 2014 : « Les renseignements venaient de l’extérieur et de l’intérieur. Nous avions une relation très étroite avec la DGSE, la CIA, le Mossad, les services soudanais, etc. […] La DGSE était très proche de nous. »

Il ressort de tout ce qui précède que, si le président Habré dit être victime de la Francafrique, il faut reconnaitre qu’il en a beaucoup profité.

Comme pour Saddam Hussein, Ben Laden et même Daech, les États occidentaux fabriquent des monstres pour des raisons stratégiques du moment sans mesurer toutes les conséquences à long terme, lesquelles les amènent souvent à les combattre après.

Aujourd’hui, le président Déby bénéficie de la même complicité jusqu’à fouler du pied toutes les aspirations démocratiques du peuple tchadien sacrifiées sous l’autel de l’impératif sécuritaire sous-régional.

Alors qu’il arrivera un jour où il faudra réfléchir à la manière de se débarrasser de Déby qui se croit indispensable.

Assane Samb

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