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CRIMINALISATION DU DÉBALLAGE Moustapha Diakhaté marche dans le sillage du PM

  • Date: 5 octobre 2016

Dans les sphères de l’Etat, l’agacement se fait ressentir par rapport aux sorties d’hommes politiques, notamment sur des questions brûlantes de l’heure.

Si en effet le Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, s’est montré très remonté contre ceux qui « diffusent de fausses nouvelles », Moustapha Diakhaté, le Président du groupe parlementaire de la majorité, n’a pas hésité à demander « la criminalisation du déballage ».

Si le premier soutient que « Le Gouvernement prendra ainsi toutes ses responsabilités. Désormais quiconque diffusera de fausses nouvelles, s’exposera à la rigueur de la loi pénale. Nul n’a le monopole de l’engagement patriotique et de l’éthique! », le second est d’avis qu’« Il est nécessaire de modifier le Code pénal, pour prévoir la criminalisation du déballage et du non-respect des obligations de réserve».
Si le Pm faisait allusion à l’affaire Pétro-Tim où le frère du Président est pointé du doigt, le second cloue au pilori Ousmane Ngom qui a fait des révélations sur Wade qui aurait tenté de confisquer les résultats du dernier scrutin présidentiel.

Mais, l’un dans l’autre, nous savons que le député fait aussi indirectement allusion à l’affaire Pétro-Tim. Ce faisant, il s’inscrit dans le même sillage que le Pm, à savoir qu’il n’est plus possible de tolérer que certains sujets soient abordés en public et de certaines manières. Seulement, Moustapha est allé beaucoup plus loin que le Pm. Il préconise carrément le durcissement de la loi pénale.

Mais, est-il possible d’imposer le silence sur ces questions par la criminalisation du déballage ? Une question d’autant plus pertinente que la Constitution protège la liberté d’expression qui est un des fondements de notre démocratie.

Liberté d’expression

Si en effet nous considérons que déballer, c’est reconnaître, avouer sans retenue, faire une confession, des confidences, nous pouvons dire qu’il sera difficile pour le législateur de le criminaliser sans porter atteinte à la liberté d’expression.

Bien sûr, certaines catégories sociales, comme les fonctionnaires, peuvent être astreintes à une obligation de réserve ou de discrétion, mais cela doit être encadré par la loi et devra faire l’objet d’interprétation rigoureuse en cas de litige.

Pis, cette criminalisation va gravement porter atteinte au devoir d’informer des journalistes et au droit d’être informés des citoyens.

En effet, l’exercice du contrôle direct par le peuple de l’action du Gouvernement, ne peut s’exercer que si ce dernier est informé de certaines questions sensibles qui l’intéressent. Le règne de l’opacité dans certains dossiers pousse certains hauts cadres de l’Etat à verser dans des abus. Le travail d’investigation des journalistes est utile comme action de prévention de certains comportements. Donc, si les sources ne peuvent être protégées du fait du durcissement de la loi pénale, ce sera l’obligation de transparence qui pèse sur les pouvoirs publics qui en recevra un sacré coup.
C’est dire que sous le prétexte que les déballages sont « les plus grosses menaces qui pèsent sur notre pays », comme le souligne Moustapha, on ne va pas verser dans la criminalisation d’autant plus qu’il va se poser un problème d’interprétation du texte, et donc de poursuites tendancieuses ou partisanes. Car, le risque c’est de ne voir que des opposants poursuivis du fait du lien ombilical qui lie le Parquet au ministère de la Justice. Ce sera un recul démocratique grave car on voit mal un régime poursuivre ses propres partisans.
Ce qu’il faudrait plutôt, c’est de pacifier le paysage politique en créant des espaces de dialogue. Une absence des passerelles de collaboration entre acteurs politiques ne fait qu’exacerber les divergences et rendre les débats malsains.

Et dans ce cas, il faut justement éviter de convoquer la justice pour arbitrer les abus qui seront de tous les bords. La Justice n’est pas un instrument de règlement de compte politique.

C’est pourquoi, nous estimons qu’il serait heureux de la part des partis politiques de mieux assoir les conditions d’une bonne formation de leurs militants. Les arguments de bas niveau, les injures, délations, propos diffamatoires, sont de tous les bords politiques. Les débatteurs envoyés sur les plateaux de télévisions et dans les studios de radios, ne sont ni des propagandistes ni des agitateurs. S’ils mettent en avant leur désir d’arriver au pouvoir ou de s’y maintenir, ils ne diront jamais la vérité au peuple. Et là-dessus, quel est le parti politique qui est épargné. Aucun.

Les hommes politiques versent souvent dans la manipulation de l’opinion avec des arguments taillés sur mesure pour, non pas convaincre, mais simplement subjuguer, impressionner.

Comme dans la publicité, le marketing politique a suivi les mêmes règles d’évolution. Il ne s’agit plus de convaincre par la qualité du produit. Il arrive que l’on montre une belle femme pour vendre une marque de voiture. Rien n’est aujourd’hui « rationnel » dans le milieu de la publicité ou de la politique. Comment alors criminaliser ou sanctionner tout cela ? Ce sera peine perdue.

Assane Samb

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