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Crise armée en Casamance : les femmes exigent le pardon de l’Etat et du Mfdc

  • Date: 3 juin 2015

 La plateforme des femmes pour la paix en Casamance a réitéré, hier, son vœu de participer à la reconstruction de la région sud du pays. C’était lors de la présentation de son document stratégique sur la voix des femmes dans la construction de la paix en Casamance. Dénonçant les violences faites aux femmes, depuis le début de cette crise armée, elles ont exigé le pardon de l’Etat et du Mfdc.

Etre impliquées dans la gestion de la crise armée en Casamance, c’est tout le vœu des femmes de la région méridionale qui, hier, l’ont réitéré, lors d’un face à la presse, en marge de la présentation du document stratégique sur la voix des femmes dans la construction de la paix en Casamance. Ce document est conçu sur la base d’une étude faite dans les trois régions de la Casamance naturelle (Sédhiou, Ziguinchor et Kolda) et a permis de retracer les violences subies par leurs concitoyennes durant tout le conflit armé. Selon le document, les femmes ont souffert du conflit à trois niveaux : victimes des mêmes violations que les hommes (enlèvements, séquestration, tortures, exécutions sommaires), agressions graves liées à leur condition de femme (viols, harcèlements, humiliations, avortements forcés, etc.), majorité des victimes «indirectes», en tant que mères, épouses, filles ou parentes des hommes détenus, tués ou disparus. Les femmes de la plateforme, en partenariat avec le comité régional de solidarité des femmes pour la paix en Casamance, colle un intérêt particulier à cette étude qui permet de s’affranchir des idées reçues et des suppositions, pour recenser, analyser et synthétiser scientifiquement les revendications authentiques des femmes dans toute la Casamance naturelle. Dans ce document, les revendications de la couche la plus défavorisée ont occupé une bonne partie. Celle prioritaire est leur protection contre toute sorte de violence. «Comme l’ont souligné la constitution et les conventions relatives à la guerre, d’une part et aux femmes, d’autre part, l’Etat a le devoir de protéger les femmes, en temps de guerre, comme de paix, contre toute forme de violence», pouvait-on lire dans le texte. Les femmes ont demandé à l’Etat et au Mfdc d’inclure dans les accords de paix comme point spécial, la reconnaissance des violences massives faites à leurs concitoyennes et prévoir des mesures fermes pour leur prévention. Selon elles, ces mesures préventives doivent être, entre autres, la vulgarisation des textes juridiques protégeant l’intégrité physique des femmes, la formation des magistrats sur la prise en compte du genre dans la répression des violences et la garantie de l’effectivité des sanctions prévues. C’est dans ce même cadre qu’elles ont dénoncé la discrimination de sexe dans l’accès à la justice. Le document a également fait état du déminage humanitaire en Casamance. «Le déminage est une urgence en Casamance et une condition indispensable au retour sécurisé des populations déplacées et réfugiées. Il est donc demandé à l’Etat et à ses partenaires de procéder le plus rapidement possible au déminage des villages désertés, des champs et des voies d’accès et à certains membres du Mfdc de coopérer en tenant en compte de toutes les pistes existantes», ont-elles fait savoir.  Selon le document, elles puisent cette revendication dans la déclaration des droits de l’homme de 1948. «Il est important de rétablir la vérité sur le chemin de la paix durable. Il faut que les parties reconnaissent qu’elles ont commis des erreurs graves, notamment dans le non-respect des droits de femmes. Il est donc demandé à l’Etat et au Mfdc, dans un communiqué officiel, de reconnaître ces violences faites aux femmes dans le conflit et de demander pardon», appellent-elles.

Abdourahmane DIALLO

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