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Crise dans l’éducation Pourquoi il faudra écouter Tivaouane

La médiation entamée par le guide spirituel de Tivaouane, le Khalife général Serigne Mbaye Sy, sur la crise dans l’enseignement, est la preuve tangible de l’impasse où se trouvent les deux parties à sortir de cette situation.

Ainsi, comme le disent les spécialistes, il fallait l’intervention d’un tiers dans ces types de situations pour espérer trouver une voie d’issue dans une situation qui dure depuis deux mois.

Et ce tiers n’est pas n’importe qui. Le nouveau Khalife des Tidianes entame ainsi sa première médiation publique. Il s’adresse à un Etat (Exécutif) qui lui voue un certain respect parce que conscient de son rôle de régulateur social et de son poids électoral en tant que leader d’opinion.

Il s’adresse également à des citoyens sénégalais, les enseignants, qui savent qu’il ne leur proposera pas des solutions suicidaires pour eux. Il peut se porter garant de la matérialisation de certains accords dans la mesure des possibilités de l’Etat.

Ainsi, il est aujourd’hui salvateur d’écouter Tivaouane. Car, le Khalife est en train de faire ce que les parents d’élèves et la société civile auraient dû faire depuis longtemps. Le malentendu entre l’Etat les enseignants a perduré parce qu’ayant manqué de médiation digne de ce nom. La nation toute entière a laissé faire. Il y a eu pourrissement de la situation à un degré inquiétant car les deux parties se sont affrontées trop longtemps sans que les mécanismes sociaux de régulation n’aient été activés.
C’est le mérite de Serigne Mbaye Sy Mansour, même s’il agit avec un certain retard.

La preuve, la rupture de confiance entre parties qui semble être définitive.
Néanmoins, il faudra que les deux parties fassent preuve de bonne foi pour ne pas faire capoter l’initiative du guide religieux que quelqu’un a eu l’intelligence de qualifier de négociations de la dernière chance. Car, à trois mois de la fermeture des classes, si jamais la médiation du marabout échouait, ce sera la fin de l’année scolaire qu’il sera difficile de sauver.

Et pour réussir à arrondir les angles, il n’y a qu’une seule solution : Que les uns et les autres acceptent de faire des concessions. L’Etat qui a déjà consenti des efforts, notamment relativement à l’indemnité de logement portée à 85 mille, pourrait, dans la mesure du possible, en faire davantage.
Et du côté des enseignants, éviter le jusqu’au-boutisme. Car, l’échec des négociations aura pour effet de sacrifier une génération de jeunes. Et personne n’a ce droit.

C’est pourquoi, une fois pour toute, les questions liées à l’éducation doivent désormais, au Sénégal, être gérées comme la défense et la sécurité, c’est-à-dire considérées comme des questions stratégiques. On ne peut pas jouer avec l’avenir de nos enfants. Et c’est bien facile de tout mettre sur le dos de l’Etat, mais il est important pour les citoyens réunis en coopération privée de savoir que, quels que soient leurs droits constitutionnels, ils ne peuvent pas sacrifier l’avenir de nos enfants.
Si n’importe qui peut créer son syndicat et déclencher un mouvement de grève, quelle que soit la justesse des revendications posées, il arrivera un moment où l’Etat n’aura plus aucun contrôle sur le système. Et on n’en est pas bien loin.

La syndicalisation à outrance à l’inconvénient de créer une forme de concurrence dans le degré de radicalisation pour convaincre les bases qu’on est l’homme qu’il faut pour diriger ses collègues.

Or, nous savons que si chacun veut être leader syndical, c’est qu’il y a des avantages liés à ce statut. Alors, il faudra mettre de l’ordre.

Et du côté de l’Etat, les solutions structurelles ne peuvent plus manquer pour éviter les impasses de ce genre.
Et cela passe par l’instauration de la confiance rompue en faisant tout pour améliorer le statut de l’enseignant à qui nous devons beaucoup.

Assane Samb

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