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Crise de confiance entre l’opposition et Wade

« Les problèmes du processus électoral au Sénégal demeurent intacts. Malgré les efforts consistant à la concertation sur le code électoral, le texte de la Cena, l’audit du fichier, le moins qu’on puisse dire, c’est que la confiance ne règne plus entre l’opposition et le pouvoir ». Ce constat est contenu dans le rapport de l’observation de l’élection présidentielle du 25 février dernier par la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho). Cette dernière à travers ses recommandations dans ce cadre, met en exergue la nécessité d’une réconciliation nationale.

Source : Le Matin
La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme est formelle, l’existence de dysfonctionnements dans le processus électoral qui remet en cause nos acquis démocratiques, est réel. Elle l’a relevé à travers son rapport d’observation de l’élection présidentielle du mois de février dernier. Cet outil a été mis, hier au cours d’une cérémonie de lancement tenue au siège de la structure, à la disposition des journalistes.

À cette occasion, le Secrétaire général de la Raddho, le professeur Alioune Tine a livré une synthèse du contenu de leurs travaux. D’emblée, M. Tine et son équipe ont reconnu « l’existence de problèmes dans le processus électoral qui demeurent intacts ». Toutefois, malgré ces dysfonctionnements relevés, ils sont d’avis que cela ne remet nullement en cause les résultats du dernier scrutin présidentiel. Selon ces défenseurs des droits de l’homme, le boycott des quinze partis de l’opposition des prochaines élections législatives, est un réflexe de survie. Et d’affirmer : « Une Assemblée nationale où il n’y a pas de députés professionnels ne sera pas viable.

Le Sénégal n’a pas intérêt que les choses se présentent ainsi. Ensuite, nous allons vers des problèmes beaucoup plus complexes avec la question de la succession de Me Abdoulaye Wade agitée. C’est honteux et nous n’avons pas le droit d’être dans cette situation actuelle ».

Faiblesse de la sécurité des verrous constitutionnels

Insistant sur les dysfonctionnements du processus électoral, le rapport de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme indexe « la faiblesse de la sécurité des verrous constitutionnels ». À ce propos, elle donne, entre autres, comme exemples : « les cartes d’électeurs, le refus de l’acceptation des résultats du scrutin par les vaincus et la mauvaise foi politique ». M. Aline Tine et ses amis, estiment que « l’accumulation de déficits consensuels, des malentendus mais aussi du jeu de dupes politiciens ont créé une situation post électorale tendue, complexe confuse qui a abouti au boycott des élections législatives par les quinze partis de l’opposition, dont certains constituent depuis 1948 le noyau dur des organisations politiques qui ont contribué à la construction des acquis démocratiques ».

Sur cette lancée, ils indiquent que « la pause et le dialogue politique sont des impératifs catégoriques pour asseoir une démocratie apaisée, fondée sur la concertation, la tolérance, le respect de l’autre comme condition sine qua non pour le règne de la stabilité et de la paix civile au Sénégal ».

Une autre Cour constitutionnelle

Au chapitre des recommandations, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme est d’avis qu' »il faut agir sur le système et les acteurs et aller vers une refondation du pacte républicain en jetant un regard sans complexe et sans complaisance sur ces facteurs et inventer la voie africaine d’une démocratie apaisée. Cela passe par la réconciliation nationale, par le dialogue politique et la dépolitisation de l’État ». Sur ce point, la structure propose entre autres, que le Sénégal s’achemine vers la création d’une Cour constitutionnelle aux compétences et attributions beaucoup plus larges, et en renforçant l’indépendance et la crédibilité des juges.

À l’endroit du gouvernement et du ministère de l’Intérieur, elle demande particulièrement de respecter strictement les dispositions du Protocole additionnel de la Cedeao relatif à la démocratie et à la gouvernance ainsi que la déclaration de Bamako de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) sur la nécessité d’un dialogue et d’un consensus sur les règles du jeu électoral par l’ensemble des acteurs politiques. D’après le Professeur Alioune Tine, « c’est la seule condition pour créer un climat de confiance, de sérénité et de paix propice à des élections libres, transparentes, démocratiques et apaisées dont les résultats seront acceptés par tous ».


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