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CRISE DE L’ECOLE POLYTECHNIQUE DE THIES :  La remilitarisation, seule alternative

  • Date: 2 août 2016

L’Ecole Polytechnique de Thiès n’échappe pas  à la crise de l’enseignement. La syndicalisation et son rattachement au Ministère de l’Enseignement supérieur  et non plus  des Forces armées lui donnent le faciès d’une simple faculté et non plus d’une école d’élite. Pour redevenir le grenier du Sénégal dans les sciences de l’ingénierie, Macky Sall envisage des réformes pour  un retour à la rigueur et à l’excellence. Déjà, il commence avec le secteur secondaire et vise le Supérieur. Et pour l’EPT, la remilitarisation est envisagée. Les élèves-Ingénieurs applaudissent. Mais le personnel et les enseignants refusent et en donnent une lecture galvaudée, créant une confusion sur fond d’attaques personnalisées.

L’Ecole polytechnique de Thiès ! Y être fut, un moment, un prestige qui donnait à celui qui y étudie l’image d’un génie. Première école d’ingénierie en Afrique francophone fondée en 1973 par Senghor en partenariat avec l’Ecole Polytechnique de Montréal, elle a été longtemps placée sous la tutelle des Forces armées pour une formation rigoureuse, performante et concluante.

À sa fondation, sa militarisation, l’habilité pédagogique du personnel enseignant et le choix sélectif des étudiants admis sur la base de brillants cursus scolaires en ont fait un silo  d’Ingénieurs, talentueux et chevronnés, surtout en génie civil.

L’internat et l’encadrement militaire fait de rigueur ont, jusqu’en octobre 1991,  ancré l’Ecole dans une orbite de prouesse unique dans l’enseignement supérieur et la formation technique et professionnelle en Afrique. Mais aujourd’hui, le constat unanime est qu’elle a perdu son lustre d’antan et son mythe, à tous les niveaux, ce qui accélère son affaissement.

Macky Sall décrète l’excellence !

Le Pr. Macky Sall exige le retour à l’excellence dans l’enseignement secondaire et comme dans le supérieur et la formation professionnelle. Il l’a confirmé à la Remise des Prix aux lauréats du Concours général de 2016 en décidant d’apporter aux lycées qui se sont distingués pour leur excellence comme le Lycée des Jeunes filles Mariama Ba, le Lycée Limamoulaye de Guédiawaye et le Prytanée militaire de St-Louis des moyens en phase avec le Programme d’amélioration de la qualité (P.A.QU.E.T.)

En Octobre 2016, Diourbel va disposer d’un Lycée d’Excellence scientifique. Les Lycées de Dakar vont aussi bénéficier d’un apport de 2 Milliards. Le Lycée Limamoulaye remporte  500 millions pour ses résultats, la consolidation de ses acquis, la restauration de ses infrastructures et le renforcement de son système pédagogique.

La volonté de procéder à une réforme de l’Ecole Polytechnique de Thiès s’inscrit dans cette dynamique de restauration de l’excellence et son  rattachement aux Forces armées est l’alternative.

La finalité est de restaurer la rigueur militaire pour lui rendre son statut de fleuron de l’intelligentsia en ingénierie. Le Bureau des Elèves-Ingénieurs  dirigé par l’Elève-Ingénieur Mor Lèye Gueye, accueille ce projet de remilitarisation à l’applaudimètre : «  ce projet se trouve être une bouée de sauvetage de l’Ecole vu les nombreuses menaces. Il est également la seule voie qui peut la mener vers nouvelle gloire parmi les grandes écoles d’ingénierie du monde », approuve-t-il.

Pourquoi l’EPT est en crise             

Les régimes précédents ont appliqué des réformes difformes qui ont sorti des railles les écoles d’élite. La transformation de l’Ecole Normale Supérieure en Faculté des Sciences de l’Education et de la Formation, a ouvert la voie à la dégringolade de la qualité du système pédagogique.

De même, la fusion de l’EPT, Ecole Polytechnique de Thiès, de la division  industrielle de l’Ecole Nationale Universitaire de Technologie, de la Section Sciences et Techniques industrielles de l’Ecole Normale Supérieure d’Enseignement Technique et Professionnel pour créer l’Ecole Supérieure Polytechnique a dépouillé l’authentique EPT de ses attributs d’école d’élite et de grenier en Ingénierie experte. C’est ainsi qu’elle est entrée dans un labyrinthe de crises qui fait qu’elle n’est plus ce qu’elle était.

Interrogé, Abdoulaye Sène, Major de la Promotion 78,  constate la réalité de «  graves dégradations aujourd’hui à l’EPT tant au niveau matériel que moral, dans l’infrastructure, dans le cadre de vie et de travail, comme dans la qualité et l’efficience des enseignements ». Conséquemment il admet que, « l’Etat est plus que jamais fondé à rechercher des solutions adéquates pour replacer l’EPT sur une trajectoire permettant de lui redonner sa place enviée de fleuron et de modèle d’établissement de formation d’Ingénieurs de conception, reconnu et respecté, à travers l’Afrique et le monde entier, notamment grâce à la qualité de ses diplômés »

La dégradation du halo de l’EPT est donc une réalité qui lui a fait perdre sa splendeur d’antan. Pour un Ingénieur, aujourd’hui dans une retraite active, c’est l’Etat, la Nation  et surtout les élèves-Ingénieurs  eux-mêmes qui perdent puisqu’ils ne jouissent point des avantages de rigueur des anciens.

Le SAES-EPT, dans un communiqué hystérique, rejeté le projet de remilitarisation, gage de rigueur. Or, selon des sources sûres, ces enseignants qui refusent la remilitarisation manqueraient eux-mêmes de rigueur car ils ont « décidé de suspendre les cours pour prendre leurs vacances et ne continuer l’actuelle année scolaire en cours qu’au mois d’octobre, alors qu’il ne restait que 20 jours de cours pour la terminer »

Avec une gouvernance militaire, ce serait inimaginable. Sous la tutelle des Forces armées, une obligation de résultats performants était imposée à l’EPT dans le cadre d’un cursus académique compétitif qui fournissait des génies dans le marché du travail et dans l’espace étatique. Mais  son rattachement, en octobre 1991 à l’Enseignement Supérieur a déprimé la rigueur et amoindri l’excellence avec des préjudices amples et collatéraux.

Confusion entretenue pour refuser le retour de la rigueur

En vérité, une confusion sur les réformes envisagée a été volontairement créée au lendemain des festivités de communion organisées à l’EPT.  Selon des sources venant de l’Ecole elle-même, le samedi 16 juillet 2016, les Elèves-Ingénieurs ont fait, lors des journées scientifiques, sportives et culturelles, de Abdoulaye Sène, Président-Fondateur de Global Local Forum, 1er diplômé de l’Ecole et Major de sa Promotion , parrain et du Ministre Aly Ngouille Ndiaye,  produit de l’EPT, également Major de sa Promotion, invité d’honneur.

Mor Lèye Gueye, Président du Bureau des Elèves-Ingénieurs, explique le choix porté sur ces deux personnalités par « leur exemplarité et leur statut d’illustres anciens de l’Ecole  » Et Pendant et après tout le débat sur « L’ingénieur polytechnicien entre Devoir et Vertu », un mot et un seul rythmait les échanges et les discussions : la rigueur par un retour aux fondamentaux.

Mais, dès le lendemain des Journées, le SAES-EPT publie un communiqué au vitriol accusant Abdoulaye Sène et Aly Ngouille Ndiaye d’être venus à l’EPT pour « faire l’apologie de la militarisation ».  Et il se susurre que les invités des festivités comme les Elèves-Ingénieurs n’ont point apprécié ce communiqué du SAES-EPT.

Interrogé sur ces attaques contre le doyen Abdoulaye Sène et surtout contre Aly Ngouille Ndiaye, le Dr. Aliou Diack,  1ère Sénégalais à avoir été Chef du Département de Génie civil de l’EPT  n’a pas caché sa colère.

C’est une « honteuse et hideuse fausseté », argue-t-il.  « : Aly Ngouille Ndiaye était un crack parmi des cracks. Il était le meilleur en mécanique des Fluides et en Structures et béton armé, que je dispensais moi-même, le meilleur en mathématiques et Recherche Opérationnelle que dispensait le Professeur Oumar Dioum, et dans d’autres matières encore. Il est sorti major de la promotion de génie civil de 1988, avec la meilleure note globale toutes matières confondues », témoigne-t-il.

Mais, en réalité, la raison des attaques est, selon des personnes qui ont participé aux Journées, l’évocation de la remilitarisation de l’Ecole. Le SAES-EPT n’en veut  pas. Or, les Elèves-Ingénieurs qui en bénéficient l’attendent, conscients de son gage de rigueur et d’excellence. Mor Lèye Gueye, leur Président est précis : « nous sommes bien partants et nous sommes d’accord pour des réformes majeures qui restaurent la rigueur et imposent l’excellence », atteste-t-il

Comme lui, les anciens de l’EPT authentique interrogés considèrent que la remilitarisation réhabilite l’Ecole. Les doyens Sène et Dr. Diack formés sous ce régime magnifient la rigueur soldatesque avec « la qualité, la compétence et les excellentes performances des officiers de qualité exceptionnelle comme le colonel Sidy Bouya Ndiaye, les Généraux André Nelson et Lamine Cissé »

Mais, aujourd’hui, les anciens interrogés disent éprouver «  beaucoup d’amertume sur la dégringolade des infrastructures et des laboratoires. » quand ils retournent dans ses locaux.

Or, l’Ecole Polytechnique de thiès a formé les Ministres Aly Ngouille Ndiaye, Maimouna Ndoye Seck, 1ère femme polytechnicienne et actuelle Ministre du Tourisme et Abdou Ndéné Sall, Secrétaire d’Etat chargé des Réseaux ferroviaires. Les anciens les interpellent.

Mais, la remilitarisation est déjà envisagée. Enseignant et personnel refusent. Les Elèves-Ingénieurs l’attendent. Il reste à  l’Etat devrait prendre ses responsabilités.

1 Comments

  1. Qu’on donne le pays aux militaires, s’ils sont plus rigoureux et plus habilités a diriger.

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