CRISE EN  GAMBIENNE Le soutien du peuple sénégalais attendu

Le Mouvement GOM SA BOPP, composé de rappeurs et de militants gambiens, en collaboration avec Amnesty International Sénégal, Y’en a marre et d’autres intervenants, a organisé une conférence de presse au siège d’Amnesty Sénégal pour se prononcer sur la situation en Gambie. Ils ont aussi profité de cette occasion pour répondre aux propos tenus par Me El Hadj Diouf qu’ils qualifient de « trompeur » avec « un impact dangereux ».

 Le Secrétaire exécutif d’Amnesty international, section Sénégal, Seydi  Gassama, appelle à la solidarité au peuple gambien. Il s’exprimait ce mardi 10  janvier lors d’une conférence de presse organisée par le  Mouvement GOM SA BOPP, composé de rappeurs et de militants gambiens basés au Sénégal et en Gambie. « Il faut que nous continuons à nous battre du côté des Gambiens. Les Sénégalais  doivent être solidaires du peuple gambien. Ils doivent être prêts  pour que ce peuple vive dans la démocratie et dans la paix », a martelé  Seydi  Gassama. Pour lui, l’aspiration des Gambiens doit  être « notre aspiration ». Il faut qu’on reste focalisés sur l’objectif  qui est de faire respecter la volonté de ce peuple, exprimé le 1er décembre à travers les urnes. Il est largement revenu sur la répression de  Jammeh contre son peuple, tout en citant le cas Solo  Sendeng dont la fille était pressente à la rencontre. « En Gambie,   il y a une tolérance  zéro  par  rapport  à la société  civile, à la presse, etc.   J’ai entendu certains leaders d’opinion dire pourquoi les Gambiens ne sortent pas pour se faire canarder comme au Burkina », dit-il.  Abondant dans le même sens, Nyang Njie (lire Niang Ndiaye), Gambien qui séjourne au Sénégal, soutient : « La Gambie et le Sénégal sont indivisibles, personne ne peut les séparer Nous sommes tous frères et sœurs et nous voulons que le peuple sénégalais et toute l’Afrique nous  soutiennent ».

Cet appel n’est pas tombé dans l’oreille de sourd car une réaction de  Fadel Barro, du mouvement  Y’en a marre, s’en est suivie. « Nous, Sénégalais, ce qu’on peut faire, c’est soutenir le peuple gambien qui attend beaucoup de nous. On ne le fait pas parce que  vous êtes des  Gambiens, mais le Sénégal et la Gambie ont une seule histoire »,  a-t-il laissé entendre.

GOM SA BOPA rectifie Me El Hadj  Diouf

Durant cette conférence de presse, les membres du Mouvement n’ont pas raté le célèbre avocat, Me El Hadj Diouf, pour ses propos  tenus  sur la situation en Gambie. D’après M. Njie, si Me  Diouf est « conscient », il doit s’imprégner de la souffrance du peuple  gambien. Mais s’il veut faire du Buzz, il doit regarder sa propre personne. « Nous les Gambiens, n’avons aucun respect pour  lui », lance-t-il. Et d’ajouter : « Avant de parler, il doit revoir notre  code électoral.  S’il est un leader d’opinion, il  doit se renseigner et  donner de bonnes informations à l’opinion ». Le rappeur Killer Ace, refugié au Sénégal après une menace de mort, est d’avis qu’être  avocat ne veut pas dire connaitre plus que les autres. « Il s’est trompé quand il avance qu’en Gambie, c’est la Cour suprême qui donne les résultats des élections. C’est faux, c’est la commission électorale indépendante qui déclare le vainqueur et le vaincu », rétorque Fréderic Tendeng, ancien rédacteur en chef de Sud Fm  Banjul.

L’armée gambienne appelée à respecter la volonté du peuple

Pour éviter l’effusion de sang dans ce pays frère, l’ancien ministre gambien des Affaires étrangères, Sidate Diop, lance un appel à  l’armée gambienne de prendre les devants le matin du 19  janvier,  en allant voir Adama Barrow et sa commission pour qu’il y ait une  passation pacifique du pouvoir entre Yahya Jammeh et lui. A l’en croire, le monde est conscient que Jammeh essaie de diviser l’armée  et la population civile en refusant de respecter ses collègues venus  discuter avec lui. M. Diop reste optimiste et est convaincu qu’il y aura  l’installation de Barrow. « Nous devons tout faire avec un soutien  moral pour que  notre  pays  évite  l’intervention  extérieure. Je vous assure que la CEDEAO tiendra  parole. La façon dont elle va le faire  se fera dans la discrétion », a-t-il conclu.

Zachari BADJI

Voir aussi

MODERNISATION DU MARCHÉ SANDIKA Des commerçants craignent un problème d’espace

  Des commerçants du marché ‘’Sandika de Pikine’’ ont salué, mardi, le projet de modernisation …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *