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Crise universitaire : Le grand scandale des bourses

Arnaque ! C’est le mot qui peut, le mieux, résumer les résultats rapides de l’audit des bourses des étudiants menés par l’Inspection générale d’Etat et dont nous parlent nos confrères du Quotidien dans leur parution d’hier.

Au terme de celui-ci, il s’avère que 9 571 personnes, non inscrites dans une école ou facultés universitaire, ont pu bénéficier de 5 milliards 103 millions et quelques francs tandis que 52 personnes en formation continue, donc payante, ont pu se partager 25 millions de FCfa.
Ces résultats rappellent ceux de l’audit de la fonction publique de 2014 avec plus de 1000 fonctionnaires dont les dossiers ont été transmis au contentieux (panier rouge).

Aujourd’hui, on se rend compte que les arnaqueurs des bourses sont presque dix fois plus nombreux que ceux de la fonction publique.
C’est dire que Macky avait raison de demander cet audit qui, nous semble-t-il, aurait dû intervenir plus tôt. Il y a longtemps que les Ecuries d’Augias auraient dû être nettoyées. Le Gouvernement ne pouvait ne pas se douter que quelque chose de pas catholique se passait dans le milieu car il a d’autres canaux d’information. On a ainsi laissé faire et il a fallu la mort du jeune Fallou pour que les choses commencent ainsi à bouger.

Et c’est souvent un de nos drames : on laisse pourrir avant de réagir.
Mais la vraie inquiétude est ce que l’on fera de cet audit. Il est intéressant de noter que l’Ige a identifié les coupables qui devront, immanquablement, payer.

Les citoyens sénégalais dont l’argent a été ainsi dilapidé, attendent des poursuites judiciaires de tous les coupables, sans distinction aucune.
Car, les étudiants bénéficiaires ont manifestement été aidés par des agents de l’administration sans lesquels un scandale aussi énorme n’aurait jamais vu le jour. Eh bien, ces fonctionnaires ou agents de l’Etat ne sauraient se soustraire aux sanctions. Mais l’audit n’est qu’une étape. Il faudra désormais verrouiller tout le système afin que de pareilles fraudes ne puissent plus s’opérer. A défaut, dans quelques mois, d’autres bénéficiaires fictifs vont apparaître. Tout le réseau doit être démantelé. C’est l’une des façons de tirer les leçons.
L’autre, c’est de tout faire pour que les bourses soient payées à temps. L’audit en effet n’est pas la solution toute indiquée pour régler la question lancinante des bourses, même s’il était nécessaire.
Il faudra désormais signer un autre contrat avec Ecobank ou prendre toute autre mesure adéquate afin que les retards ainsi constatés soient bannis à jamais.

Si d’autres mesures fortes sont annoncées, les étudiants, actuellement très en colère, pourraient penser sauver l’année qui est largement menacée par leur détermination à aller en grève.

En conséquence, nous ne pensons pas que le départ de Mary Teuw Niane, ou de qui que ce soit, soit la solution. C’est une question de système et le Ministre n’est que l’agent d’exécution d’une politique définie en haut lieu. Il n’a pas la maitrise des finances et celui qui en est responsable se démêle comme un diable pour payer les fonctionnaires et autres charges.

Nous ne sommes même pas convaincus que le départ du recteur de l’Ugb et du Directeur du Crous était nécessaire. Si la situation sécuritaire dégénère dans une localité, l’autorité est fondée à appeler les forces de l’ordre. A défaut, on lui aurait reproché de ne l’avoir pas fait. La réalité est qu’il appartient à ces dernières de tout faire pour éviter mort d’homme.

Néanmoins, dans les situations de crise grave, il y a des fusibles qui doivent sauter pour abaisser la tension. C’est compréhensible. Toutefois, si l’on appuie trop sur le bouchon, d’autres responsables devront également être remerciés sans l’assurance que les nouveaux soient plus compétents.

Macky peut aussi consentir à recevoir les étudiants, à couper le jeûne avec eux et à leur annoncer des mesures fortes. Il faut d’autres universités publiques, de meilleurs équipements, un encadrement amélioré et des enseignements adaptés au marché de l’emploi.
Les instituts privés de formation appelés en rescousse souffrent aussi de retard de règlement des payements des enseignements des étudiants. Et cette situation est à déplorer car ces derniers sont des partenaires incontournables de l’Etat, parce que venant en appoint pour obvier le déficit d’infrastructures universitaires.

C’est dire que la mort de Fallou peut, au moins, servir à repartir sur de nouvelles bases dans nos universités publiques qui souffrent de nombreux maux qui en oblitèrent la compétitivité.

 

Assane Samb

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