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Croissance économique : Les ambitions du Sénégal plombées par les délestages

Projeté à 4,5 %, le taux de croissance de cette année sera finalement de 4 %. Une baisse que le directeur de la Prévision et des études économiques (Dpee), Pierre Ndiaye, explique par la morosité de l’économie mondiale et les difficultés liées à la fourniture de l’électricité. Cependant, la croissance devrait reprendre en 2012 où elle est attendue autour de 4,4 %.

Le Sénégal revoit son ambition de croissance à la baisse. Des 4,5 % initialement prévus, l’Etat table désormais sur une croissance économique de 4,4 % du produit intérieur brut. Et comme il fallait s’y attendre, la morosité de l’environnement international et la persistante crise de l’électricité qui secoue le pays depuis quelques années sont les facteurs qui plombent ce taux de croissance. ‘L’économie sénégalaise enregistre une croissance encore tout à fait satisfaisante en dépit des difficultés notées sur le plan international. La croissance est estimée à 4 % en 2011, l’inflation ressortirait à 3,5 % du fait de la flambée des cours du pétrole et des produits alimentaires, en particulier le riz et le blé. Les importations ont beaucoup baissé et au niveau de la situation monétaire, nous avons assisté à une bonne tenue des agrégats monétaires’, a soutenu hier Pierre Ndiaye, directeur de la Prévision et des études économiques au ministère de l’Economie et des Finances. Qui explique que ce niveau de croissance peut être jugé faible par rapport à l’objectif qui était fixé pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) où on ciblait une croissance de 7 à 8 %, mais qu’il est satisfaisant par rapport à la conjoncture au niveau international. ‘ 4 %, c’est certes faible mais compte tenu de ce qui se passe dans le monde, je pense qu’on peut le juger satisfaisant’, ajoute Ndiaye. Pour qui, le pays n’est pas à l’abri de chocs pouvant impacter négativement sur les projections de 2012 estimées à 4,4 %. ‘Toute projection est exposée à des risques majeurs. Il y a la crise de la dette sur le plan international qui peut devenir une crise économique. Et quand cela ne va pas de l’autre côté (En Occident, Ndlr), cela impactera d’abord sur les transferts des migrants et affectera ensuite l’aide publique au développement, les exportations, etc.’, fait remarquer le patron de la Dpee qui s’exprimait hier lors du point mensuel de l’activité économique. Cependant, ces contraintes sont loin d’être les seules qui pèsent sur le taux de croissance. Le coût élevé des matières premières également et la question de l’électricité, si elle n’est pas réglée, peuvent nuire à la performance économique du pays s’il enregistre des hausses après cette tendance à la baisse notée aujourd’hui.

4,4 % en 2012

Sans l’effet de ces contraintes, le gouvernement espère atteindre en 2012 un taux de croissance de 4,4 %. Cela, grâce notamment à la mise en œuvre du Document de politique économique et sociale (Dpes), la mise en œuvre des projets du Millénium challenge account (Mca) ainsi que la poursuite de l’ensemble des projets en cours, à savoir la construction de l’aéroport Blaise Diagne de Diass, le prolongement de l’autoroute à péage et l’amélioration de la distribution d’énergie électrique à la faveur de la mise en œuvre du Plan d’urgence de l’électricité 2010-2014. ‘Nous pourrons en même temps réduire le déficit budgétaire, stabiliser le déficit du compte courant et maintenir le ratio d’endettement à des niveaux tout à fait soutenables’, soutient Ndiaye qui annonce en outre que l’inflation est projetée à 2,7 % en 2012 contre une hausse de 3,3 % attendue en 2011, sous l’hypothèse d’une légère détente sur les cours du baril du pétrole et des autres matières premières de base.

Quant à la gestion budgétaire, elle devrait être caractérisée, au cours de l’année 2011, par une bonne tenue des ressources budgétaires et une hausse des dépenses publiques dans un contexte de mise en œuvre du Plan Takkal. ‘Les ressources et les dépenses totales et prêts nets devraient progresser respectivement de 12,9 % et 17,6 % en 2011 comparativement à 2010. La pression fiscale ressortirait à 19,3 % contre 18,8 % l’année passée. Soit une progression de 0,5 %, et reste ainsi supérieur au plancher communautaire fixé à 17 %. Ainsi, le déficit public est attendu à 474 milliards de francs Cfa, soit 6,9 % du Pib, contre 333,7 milliards de francs Cfa en 2010, du fait des importantes dépenses prévues dans le secteur de l’électricité’, relève la Dpee dans une note synthétique remise aux journalistes. La même source indique que, en 2012, les ressources budgétaires sont projetées à 1 498 milliards de francs Cfa contre 1 396 milliards en 2011, soit une augmentation de 7,3 % tandis que les dépenses totales et prêts nets sont prévus à 2 074 milliards de francs Cfa, soit une progression de 2 % par rapport à 2011 où ils se situaient à 2 033 milliards. Ce qui fait que le solde budgétaire global devrait ressortir en déficit de 410 milliards de francs Cfa.

Walf

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