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CROISSANCE MONDIALE Le Fmi est plus pessimiste que jamais !

 La croissance économique mondiale est « trop faible, depuis trop longtemps ». Le nouveau diagnostic du Fonds monétaire international (FMI) est encore plus pessimiste que les précédents. Selon la dernière édition des Perspectives de l’économie mondiale, le PIB mondial ne devrait s’accroître que de 3,1 à 3,2 % en 2016 et de 3,5 % en 2017, un niveau « décevant », selon Maurice Obstfeld, l’économiste en chef de l’institution créée en 1944. La dernière prévision, faite en janvier, tablait sur une croissance de 3,4 % de la richesse mondiale en 2016.

Rendu public, le nouveau diagnostic du Fonds monétaire international (Fmi) sur la croissance mondiale est on ne peut plus pessimiste. Dans un discours prononcé devant le who’swho de la finance mondiale réuni cette semaine à Washington pour les traditionnelles réunions de printemps du Fonds et de la Banque mondiale, M. Obstfeld n’a pas caché son inquiétude. « Nos prévisions sont de moins en moins optimistes », a souligné cet universitaire, nommé au FMI en septembre 2015, et qui était auparavant conseiller économique du président américain, Barack Obama. Le  Produit intérieur brut (Pib) mondial ne devrait s’accroître que de 3,1 à 3,2 % en 2016 et de 3,5 % en 2017, un niveau « décevant», selon Maurice Obstfeld, l’économiste en chef de l’institution, qui a prononcé un discours prononcé devant le who’swho de la finance mondiale. Parlant des risques qui pèsent sur l’économie mondiale, le Fmi d’énumérer : «La chute du prix du pétrole, les conséquences de la guerre en Syrie, les menaces terroristes, ou encore la perspective du «Brexit» (c’est-à-dire la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne)». Mais ce qui laisse le FMI perplexe, c’est l’absence d’efficacité de ses remèdes conventionnels. Relevant que l’argent n’a jamais été si bon marché, l’institution financière d’indiquer que la consommation ou l’investissement sont pourtant est en berne. Et si les dirigeants ne veulent pas que l’économie s’enlise dans cette situation, ils  doivent réagir immédiatement. «Il n’y a plus beaucoup de place pour l’erreur», a averti Maurice Obstfeld.

Un retour à la croissance semble peu probablesans une diversification de l’économie

Face à ce qu’il convient de qualifier d’impasse, le Fmi se soucie plus particulièrement de l’avenir des pays émergents, frappés de plein fouet par l’effondrement du prix des matières premières. «En principe, les pertes enregistrées par les pays producteurs devraient se traduire par des gains équivalents pour les pays importateurs, mais le bilan s’avère négatif», soulignent les économistes du Fonds. A preuve, entre janvier et avril, ils ont notamment abaissé de 0,9 point leurs perspectives pour le Nigeria (+ 2,3 %), premier exportateur africain de pétrole et de 0,8 point celles de la Russie (- 1,8 %), troisième producteur mondial. En revanche, le Fmi a révisé à la hausse ses perspectives (+ 0,2 point) pour la Chine. Avec une croissance estimée à 6,5 %, le pays reste l’un de ses « champions », avec l’Inde dont le PIB devrait progresser de 7,5 %.

La panacée

L’ordonnance du Fonds est assez classique, avec les politiques de grands travaux comme bon vieux remède. « Pour un certain nombre de pays, il peut être opportun d’investir dans les infrastructures […] afin de profiter de la baisse des taux réels d’emprunt », indique Maurice Obstfeld. L’économiste encourage aussi les gouvernements à investir davantage dans la recherche et le développement (R&D), et à adopter des politiques fiscales plus « amicales» pour inciter les entreprises à embaucher et les consommateurs à dépenser. Le tout sans plomber les finances publiques. Au-delà de ce cadre général, le Fonds défend un certain nombre de réformes qu’il souhaiterait voir adopter, avec un chapitre entier consacré à l’emploi. Pour faciliter le travail des femmes par exemple, il plaide pour des réductions du coût des gardes d’enfant, des aménagements dans les congés parentaux et des allègements d’impôts sur le deuxième salaire au sein d’un couple. Il insiste aussi sur la nécessité de mieux intégrer les jeunes en mettant l’accent sur la formation, la baisse des cotisations sociales et l’adoption d’un salaire minimum spécifique. L’intégration des migrants fait l’objet de recommandations spécifiques comme l’autorisation de travailler pendant l’examen de la demande d’asile, la prise en charge d’une partie de leur salaire ou encore la reconnaissance de leurs qualifications professionnelles.

Chômeurs à l’autel du sacrifice

Pour réduire le chômage, le Fonds suggère de limiter la durée et le niveau des indemnités versées à ceux qui ont perdu leur emploi et une plus grande flexibilité dans l’ajustement du temps de travail et du salaire. Il reconnaît cependant que les effets de telles réformes peuvent créer des tensions à court terme. « Des réformes dans les systèmes de protection de l’emploi peuvent déclencher des licenciements rapidement alors que les embauches peuvent prendre plus de temps à se concrétiser », indique le rapport. Conscient qu’un tel exercice d’équilibrisme est loin d’être gagné à l’échelle mondiale, le Fmi demande aux Etats de plancher sur un « plan de secours » au cas où la croissance économique continuerait de ralentir. Pour « améliorer à la fois le fonctionnement du système monétaire international et la stabilité des marchés financiers, la coopération internationale est fondamentale », a-t-il insisté. « Beaucoup de progrès ont été accomplis depuis la crise financière (de 2008) mais il reste beaucoup à faire». Un constat qui sonne d’abord comme un aveu d’impuissance. Une situation économique mondiale à laquelle le Sénégal ne peut pas échapper et qui risque d’impacter négativement sur les ambitions d’un taux de croissance dépassant la barre des 06% en 2016.

La Banque mondiale, l’OMS et la déprime

Ironie du calendrier ? Au moment même où le FMI livre son sombre diagnostic économique, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appellent le monde à lutter contre la déprime. Selon elles, la dépression et l’anxiété coûtent chaque année 1 000 milliards de dollars à l’économie mondiale (880 milliards d’euros), et près de 10 % de la population mondiale serait touchée. Investir dans leur prise en charge est pourtant très rentable, estime l’OMS. Portant sur un échantillon de 36 pays, elle révèle qu’un investissement de 147 milliards de dollars pour la période 2016-2030 se traduirait par un bénéfice de 399 milliards en termes de productivité, et par une économie de 310 milliards sur d’autres dépenses de santé. Jim Yong Kim, le président de la Banque mondiale en a fait l’une de ses priorités. « Nous devons agir maintenant car la perte de productivité est quelque chose que l’économie mondiale ne peut tout simplement pas se permettre », justifie-t-il.

 

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