Confidences

«DAKK KOOR» OU «WOORU GALLE»   A CHAQUE SENEGALAIS SA MANIERE DE «DOMPTER» LE RAMADAN

  • Date: 25 juin 2015

Le Ramadan n’est pas seulement un moment pénitence et de privation, de prière, de partage et d’endurance dans l’accomplissement d’œuvres pieuses pour tout musulman. Le mois béni pointe chaque année avec ses exigences, des attitudes et pratiques propres que l’on observe souvent que durant ce mois. Même le langage évolue avec des termes et expressions propres, caractéristiques de certains comportements de «jeûneurs» pour tuer le temps. Bref, «wooru galle», «dakk koor» ou boulot tout court, à chacun sa façon de dompter le Ramadan.

Il est 13h dans les alentours des unités 26, 25 et 24 des Parcelles Assainies. En allant vers le stade Léopold Sédar Senghor, (LSS), de nombreux attroupement de jeunes attirent l’attention. Certains apprennent à conduire un vélo ou une moto sur l’esplanade du stade moyennant quelques pièces de monnaie le tour, auprès d’autres jeunes qui louent ces services. D’autres, s’ils ne se promènent pas tout simplement, ils sont assis sous des tentes et gargotes le long de la rue principale (Taly Boubess) ou des garages de mécaniciens, s’activent autour de jeux de Ludo, de carte ou damier, c’est selon. C’est du «dakk Koor», une pratique récurrente en période de Ramadan.
«Dakk koor» et «Wooru galle»: voilà deux termes qui rappellent que nous sommes effectivement dans le mois béni du Ramadan qui est un moment de prière et de privation pour tout musulman. La première expression, «dakk koor» (traduction littérale: «chasser le jeun, la faim») désigne toutes ces occupations que des jeûneurs (qui souvent n’ont rien à faire) se créent pour ne pas sentir la faim, subir le jeûne. Le  «dakk koor» constitue pour la majeure partie de ces Sénégalais, un moyen pour «tuer» le temps en période de jeûne à travers la pratique de jeux (Ludo plus prisé par les jeunes et surtout les filles pendant le Ramadan, damier, carte – mariage et belotte), de sport, aller à la plage, et même internet, etc.
«Dakk koor» pour ne pas sentir la faim
Cheikh est un des adeptes de cette trouvaille. Le jeune homme rencontré aux alentours du stade Léopold Sédar Senghor, avec un cure-dent à la bouche soutient qu’on a besoin de tuer le temps en cette période (dakk koor) sinon, la journée de jeûne risque d’être trop longue. «Je me promène dans la ville pour ne pas sentir le jeûne (koor), c’est comme ça que je m’y prends. Parfois, avec les amies, on joue au Ludo pour ne pas sentir la faim», a-t-il souligné.
Un  peu plus loin, à l’arrêt bus, nous tombons sur deux filles, âgées d’au moins une vingtaine d’année chacune, qui nous livrent leurs versions des faits. La première nous raconte qu’elle travaille et que c’est au bureau qu’elle passe la majeure partie de son temps pendant le jeûne. «Je passe mes journées au travail en cette période. Par contre, quand je ne suis pas au travail, je dors ou je suis sur le net», a-t-elle fait savoir.
Là bas, prés du rond point de l’unité 26 des Parcelles Assainies de Dakar, un homme habillé en jean et T-shirt blanc nous donne son avis sur la question. Il trouve que «dakk koor» c’est pour ceux qui n’ont rien à faire de leurs journées, car lui, il s’adonne à ses occupations comme tous les jours. «Dakk koor, c’est pour ceux qui n’ont rien à faire de la journée. Je dois m’acquitter de certains tâches, c’est pourquoi, je suis sorti de la maison», a-t-il dit.
Le «dakk koor» d’autres Sénégalais, c’est tout simplement le travail. C’est le cas des mécaniciens que nous avons côtoyés dans le même quartier. Assis sous une petite tante qui offrait très peu d’ombre, ils nous font savoir qu’ils passent leurs journées de Ramadan dans cet endroit. Ils ne bougent de là que pour aller prier. «Nous passons toute la journée assis en cet endroit. Nous ne le quittons que pour aller prier et le soir, nous rentrons chacun chez nous», dit l’un d’eux.
«Wooru galle» ou tromper… Dieu
Pour ce qui est de la seconde formule (wooru galle – translitération: jeuner à la maison), elle définit cette attitude de croyants qui jeûnent à la maison et mangent et boivent une fois dehors. Ils déclarent ou observent le jeûne tant qu’ils sont en famille et ne sont pas l’abri des regards des proches. Mais, une fois seuls, ils ont recours à la nourriture, à l’eau pour étancher leur soif avant de se présenter comme des jeûneurs à l’heure de la rupture du jeun.
Seulement, ce comportement est le propre de mineurs qui apprennent à jeûner, même si des adultes l’observent. C’est du moins l’avis de Cheikh. Pour notre premier interlocuteur, le «wooru galle», c’est juste enfantin car, étant jeune, on ne comprend rien au jeûne.  «Pour le  wooru galle, on est tous passé par là étant jeune. A la maison, on déclare avoir jeuné. Une fois dehors, on se cache avec les copains pour boire un peu d’eau. De retour à la maison, on fait semblant», a-t-il déclaré.
Les deux filles rencontrées à l’arrêt bus sont du même avis. L’une d’entre elles, assise, partage avec nous, comment elle  faisait son «wooru galle». «Quand j’étais plus jeune, je disais toujours à la maison que j’avais jeuné, alors qu’à chaque occasion, nous nous cachions, chez une de nos amies pour préparer le mbakhal (ndlr-plat sénégalais à base de riz)», a-t-elle expliqué.
Trouvé à hauteur du rond point de l’unité 26, cet homme d’une trentaine d’années, nous dit qu’il n’a jamais pratiqué de wooru galle, soit on jeûne, soit on ne jeûne pas. «Je n’ai jamais fait du wooru galle, je trouve que c’est une demie mesure. Quand j’étais plus jeune, au repas de l’aurore (heudd en wolof), je criais dans toute la maison que j’allais gêner le lendemain pour qu’on me laisse manger mais, une fois que arrivait le jour, je prenais le petit déjeuner et le déjeuner», a-t-il soutenu.
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