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DE «REPUBLICAINS» A APERISTES ! PAR ABDOULAYE THIAM

On peut reprocher tout à Léopold Sédar Senghor sauf, qu’il ne tenait pas, comme à la prunelle de ses yeux, à des symboles qui fondent la République. Sous son magistère, les autorités avaient de la tenue et de la retenue, nous informent certaines hautes personnalités de l’Etat qui ont servi sous ses ordres. Très nostalgiques, elles soutiennent qu’à l’époque, la République était débout. Le Sénégal aussi ! Avec Abdou Diouf, notre pays a, certes, subi des agressions sauvages des institutions du Bretton Woods, mais l’image ne s’est pas dégradée. Elle est restée intacte. Plus ou moins. Même si démocratiquement, son régime laisse à désirer. Tout comme celui de Senghor d’ailleurs.

Après un long processus parsemé d’embuches, le Sénégal réalise sa première alternance démocratique le 19 mars 2000. L’opposant d’alors, Abdoulaye Wade, prend les rênes du pouvoir. Paradoxalement, c’est là que tout se détériore. La société se désagrège. L’argent prend le dessus sur tout, avec l’arrivée d’une certaine oligarchie qu’il a sortie de ses comptes.

Les Sénégalais prennent un sacré coup en plein envol, mais n’abdiquent pas. En 2012, ils décident contre vents et marées d’arrêter, à eux seuls, le pape du Sopi. C’est alors qu’ils envoient Macky Sall à la magistrature suprême. L’homme incarne la rupture. Il est «jeune» et surtout né après les indépendances.

L’espoir est alors permis surtout avec la ribambelle de slogans, tous aussi porteurs de «Yaakaar» (d’espoir).

Seulement quatre années après, même si Macky Sall peut se targuer d’avoir mis le Sénégal sur les pistes de l’émergence, les méthodes et styles posent beaucoup de problèmes. Surtout du côté de son entourage. Par excès de zèle ou volonté de lui faire plaisir, certains «Apéristes» adoptent des comportements qui étonnent plus d’un.
Sinon comment comprendre, au moment où le Président de la République prône «la patrie avant le parti», ses collaborateurs se mettent à peindre les bus de Dakar Dem Dikk, une société nationale, aux couleurs de l’APR. Les arrêts aussi.

Qu’on ne nous sorte surtout pas l’argument que le Président Wade avait fait la même chose. D’ailleurs, l’ancien président de la République avait justifié les couleurs bleue et jaune comme étant celles de la région de Dakar. Il nous est revenu que chaque région aurait des couleurs qui lui seraient propres. Soit ! La confusion s’était quand même installée et on s’attendait à ce que le nouveau régime adopte une autre posture que celle de «cloner» les méthodes wadiennes.

Hélas, rien ne semble rappeler à la raison les «Baye Fall» de Macky. Ils ont encore remis ça avec l’échangeur de l’Emergence. Ce joyau qui a coûté au trésor public 7 milliards a été encore peint aux couleurs de l’APR. Diantre !

Mais que dire surtout de l’attitude du ministre d’Etat, Mbaye Ndiaye ? Quelle mouche l’a piqué pour subtiliser le micro des mains de notre Président de la République, pour juste entonner un slogan en sérère dont la majeure partie de l’assistance ignore d’ailleurs la signification.

Et dire que notre ministre d’Etat qui n’est pas à son premier coup d’éclat, somnolait devant les caméras, quelques minutes avant le discours en français du Chef. Macky Sall lui-même était visiblement surpris et gêné de l’entrée en scène de son ami, Mbaye Ndiaye.

Il doit donc arrêter l’hémorragie parce que ça commence à bien faire. Après les gamineries de son secrétaire d’Etat, qui s’est illustré par une spectaculaire démission avant de faire volte-face quelques heures après ; les attaques d’un autre secrétaire d’Etat contre son ministre des Affaires étrangères dans l’affaire Tamsir Ndiaye, sans occulter, le refus de ce même secrétaire d’Etat de regagner son poste à Bruxelles et les autres cacophonies notées dans certains dossiers au plus haut sommet de l’Etat (le dernier en date est la réouverture-fermeture du protocole de Rebeuss, alors que celui Qatar reste à élucider), le Président Macky Sall devrait taper sur la table pour éviter que notre République ne s’en aille à vau-l’eau.

Sud quotidien

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