SOCIETE

Décès d’Oulimata Ba, Veuve du Pr. Mamadou Dia : Fin de mission d’une Amazone

  • Date: 20 septembre 2016

Ancienne de l’historique Ecole normale des Jeunes Filles de Rufisque, façonnée par le génie pédagogique de Germaine Le Goff (1891-1986), Haut Cadre de l’Unesco et témoin de l’histoire de la République naissante du Sénégal, Oulimata BA, Veuve du Président Mamadou Dia, s’est éteinte ce vendredi 16 Septembre 2016 à l’âge de 91 ans, après avoir accompli une mission d’Amazone. Femme de principe qui fut inextricable aux valeurs qui constituent la sève nourricière de la dignité humaine, elle est restée la même, fidèle à son code de conduite et sa vision atavique d’une société sénégalaise libre et  solidaire.

Oulimata BA  que perd le Sénégal, fut une estrade monumentale du haut de laquelle parlait un génie humain. Pédagogue chevronnée, intellectuelle féconde, cadre de l’Administration devenue fonctionnaire de l’UNESCO, elle fut l’œil, l’oreille et la voix du Pr. Dia, devenu son époux après sa sortie en 1974 de l’univers carcéral dans lequel Senghor le soumit suite à la crise de 1962.

Mais elle ne fut pas seulement son épouse. Elle fut aussi son amie et sa militante et ils formaient un couple qui dépasse largement une alliance conjugale pour être un engament social et moral empreint de  foi et de  vérité, binôme d’une vie saine et ordonnée. Elle fut jusqu’à sa mort la Gardienne du Grenier du Patriarche, l’inépuisable hangar de la vision du Pr. Dia.

Autant celui-ci s’est doté, durant toute sa vie, de règles  d’inébranlables principes, autant Oulimata Ba s’est accommodée de solides  valeurs auxquelles elle n’a jamais dérogé jusqu’à l’extinction de son âme.

Ainsi, existait entre eux, une convergence de vue et de vie qui, pour les générations actuelles et futures, est une école fécondatrice de stabilité sociale.

Elle a vécu avec lui  dans la paix et le bonheur grâce à sa forte personnalité façonnée, dans le temps et dans l’espace, par une trajectoire exceptionnelle, un environnement familial particulier et un brillant parcours socioprofessionnel. Rare pour une femme sénégalaise de sa génération !

Une sociabilité exceptionnelle

Oulimata BA est issue d’une famille et d’un environnement social qui ne pouvaient que lui imposer une sociabilité à la limite génétique. C’est d’ailleurs cette sociabilité et sa forte personnalité qui constituent le chœur des louanges formulés à son endroit en guise d’hommage.

Elle est née le 25 mars 1925 à Tiassalé, en terre ivoirienne. Mais elle a vécu son enfance et le reste de sa vie au Sénégal, puis au Congo et en Haute-Volta, actuel Burkina Faso, où elle servait l’UNESCO. Petite-fille du richississme Diouma Diouf qui fut propriétaire d’une importante partie foncière du Dakar colonial, et qui vécut …117 ans,  elle a connu une vie de fée qui n’a jamais altéré  sa sociabilité et son humanisme.

Elle est des premières femmes intellectuelles africaines qui ont participé au façonnement de l’esprit citoyen naissant. Elle voyait dans l’homme et dans la femme l’égalité de l’âme humaine. Elle ne connaissait donc pas le féminisme, préférant se battre avec ses principes et sa compétence jusqu’à s’imposer d’abord dans le système éducatif, ensuite pour le compte de l’UNESCO et enfin dans les institutions ministérielles où elle a joué un rôle historique.

Elle fut une enseignante mythique dont les salles de classe regroupaient des élèves devenus des pontes de la République avant de devenir par la suite une personnalité publique dont le faciès charismatique imposait l’admiration.

Mère de l’exceptionnelle Magistrate Dior Sow Fall et du fertile journaliste Ibou Fall, enfants de son premier époux Samba Souna Fall, et grand-mère de la talentueuse journaliste Toutane Diack, elle fut une matriarche pleine de générosité, un grenier inépuisable d’enseignements et un abondant silo d’humanisme qui faisaient d’elle la sœur, l’amie, la mère,  la grand-mère et l’arrière-grand-mère de tous.

Elle faisait partout de la charpie, distribuant tout ce qu’elle détenait. Et quand elle n’avait plus rien entre ses mains, elle donnait son cœur, le genre humain ayant toujours été pour elle une famille.

La classe politique en deuil

Le  défilé ininterrompu de personnalités politiques et civiles qui a eu lieu à la maison mortuaire sise à la Zone B, témoigne du rôle que la défunte a joué dans l’imposition et la consolidation de la démocratie au Sénégal.

Des années 80 aux années 90, cette maison historique a été le Quartier général des forces démocratiques, particulièrement de Gauche, qui s’y reliaient ou y tenaient réunions et concertations contre un pouvoir qui les oppressait.

Durant toute sa vie, Oulimata Ba chantait la République. Elle croyait en la démocratie, aimait la paix et appelait partout l’amour fraternel. Elle ne cessait de verser alentour, comme un vase de grâces, son grand cœur plein de constance et de conviction.

Si la classe politique est en deuil, c’est parce que Oulimata BA, par des idées patriotiques, par de sympathiques et cordiales paroles, par des actes citoyens exemplaires et par un engagement dévoué à la cause commune, avait rendu célèbre son nom dans les faubourgs de Dakar et dans les espaces de défense de la démocratie et du genre humain.

Sa générosité fut incontrôlable et incommensurable. Et son empreinte dans la construction de l’Etat sénégalais et dans le façonnement de la personnalité de plusieurs acteurs politiques rend compte que la République n’est que le produit des efforts antérieurs et le fruit d’un sacrifice collectif.

Avec son rappel à Dieu, le Sénégal perd une Jeanne d’Arc doublée d’une Linguère !

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