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Décès du président du Conseil d’administration de la Cse- Fouta, Touba et la République de Guinée portent son témoignage

Bien des gens naissent, vivent et meurent sans laisser de traces remarquables dans leur vie.

D’autres cependant marquent leur existence par une empreinte indélébile en menant des actions de vertu au profit de leur communauté. Ceci dans la plus grande discrétion. Ils intègrent ainsi le cercle restreint des bienfaiteurs désintéressés.

Ceux-là qui, loin des propensions ostentatoires à vouloir afficher leurs actions comme des modèles de fanfaronnade, ils n’attendent aucun retour de leurs bienfaits. Feu Aliou Sadio Sow, le patron de la CSE (compagnie Sahélienne d’Entreprise) était de ceux-là. Pour illustrer la dimension discrète d’un bienfaiteur de coulisse comme celui-là, il faut certainement remonter dans la pléthore des anecdotes de ses actes d’altruisme et sociabilité pour s’en faire une idée. A ce titre, celui de FOUTA TOUBA (République de Touba) en a été une illustration en 1990, lorsque les cousins Diakhanké, descendants de KARAMOKHOBA DIABY peinaient à réunir les moyens de reconstruire la vieille bâtisse chancelante qui faisait office de mosquée pour cette Cité célèbre, reconnue dans toute l’Afrique, au sud du Sahara comme un sanctuaire de référence, il prit par devers lui l’engagement de réaliser l’ouvrage de la réunification pour cette communauté à l’entente difficile. Comme pour dire à la face du monde et à ses contemporains que les nobles vertus du bienfait désintéressé ne doivent s’embarrasser d’aucune recherche de notoriété ou de célébrité, il leur imposa deux conditions :

  • La première, le laisser réaliser sur fonds propres et entièrement la mosquée pour la leur livrer clé en main, sans cérémonie encore moins de pose de première pierre ou d’inauguration
  • Deuxième condition, épargner les équipes techniques responsables de la réalisation de toute approche des organisations internes de la tribu de KARAMBAYA ceci pour écarter toute forme de récupération de l’ouvrage.

Ainsi plus de 200 millions de FCFA avant la dévaluation avaient été injectés et le bijou de sanctuaire réalisé à l’échéance de l’année 94 sous la forme d’un défi architectural au senteur oriental.

Pour qui connait Fouta Touba, e patelin perdu au pied des montagnes du Fouta Jalon dans la région de Gawal, cet acte de Monsieur Aliou Sow a constitué aux yeux de KARAMOKHOBA DIIABY et de toute la communauté Diakhanké un honneur et une leçon d’humilité mais aussi de servitude désintéressée.

C’est pourquoi, à l’annonce du décès de cet illustre disparu qui a créé une vaste sensation d’émotion, le Cheikh El Hadji Sidiya Diaby de Taslima, représentant de la famille Karamokhoba au Sénégal et Doyen des dignitaires de ladite communauté à Fouta Touba, n’a pas manqué de faire remarquer : «  cet homme qui s’en est ainsi allé fait partie des derniers symboles incarnant le sens profond du Don quand celui-ci rime avec Donner à Dieu de la main droite que ce que l’on n’a pas l’intention de faire percevoir par la main gauche « .

De façon diffuse, les communautés Diakhanké du Sénégal, de l’Afrique et de la diaspora, s’organisent en ce lendemain de Tabaski pour venir rendre hommage à celui qu’ils ont considéré comme un des leurs car ayant volontairement partagé avec eux les idéaux de renforcement des fondements de l’Islam.

Ce qui a fait d’ailleurs fait dire à Cheikh Sidiya Diaby que «  l’argent qu’on offre est intemporel, mais la Mosquée, cette maison de Dieu qu’on offre à une communauté, reste gravée pour l’éternité au panthéon du mérite divin. Que la Terre lui soit légère ».

Mbemba  dramé

Journaliste –consultant

salimbaaba@gmail.com

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