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Déchéance de nationalité : «Nous irons jusqu’au bout», maintient Valls

Le Premier ministre Manuel Valls lors de sa conférence de presse le 23 décembre 2015 à l’Elysée à Paris; Concernant le projet de révision constitutionnelle, qui prévoit l’extension de la déchéance de nationalité, il a déclaré au JDD : «La détermination est totale, nous irons jusqu’au bout.»

(AFP/Eric FEFERBERG)

Le choix de François Hollande de conserver dans son projet de révision constitutionnelle la déchéance de nationalité continue de faire des vagues dans le landerneau politique. Certains à gauche du PS continuent d’y voir une dérive droitière comme Benoit Hamon, tandis que d’autres plus légitimistes considèrent qu’il s’agit d’un «schisme» et d’une vraie «rupture» à l’instar de Julien Dray. Dans ce contexte particulièrement tendu, la ministre de la Justice, Christiane Taubira rajoute un dernier couac à cette cacophonie en affirmant récemment à la radio algérienne que le projet de révision ne prévoyait pas l’extension de la déchéance de nationalité.

Une intervention immédiatement contredite par le premier Ministre : «Une partie de la gauche s’égare au nom de grandes valeurs en oubliant le contexte, notre état de guerre, et le discours du Président devant le Congrès», réagit dans le JDD le Premier ministre Manuel Valls qui ajoute: «La détermination est totale, nous irons jusqu’au bout et que chacun à gauche en soit bien convaincu.» Manuel Valls cite l’historien Pierre Nora : «La France est en péril de paix.»

Il faut «neutraliser» Taubira, selon Retailleau

La droite, tout en approuvant cette disposition, reste prudente sur ses intentions de vote. Mais les déclarations de la ministre de la Justice sont vivement critiquées. Le président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat Bruno Retailleau a même affirmé au Journal du Dimanche que François Hollande doit «neutraliser» sa ministre de la justice Christiane Taubira. «S’il veut garder Mme Taubira, malgré tant de contradictions, il faut au moins qu’il la neutralise et qu’on stoppe son désastreux laxisme pénal», a déclaré le nouveau président des Pays-de-la-Loire, tout en affirmant ne pas réclamer son départ. «Le virage sécuritaire doit aussi se traduire par une politique pénale cohérente, puisqu’on voit des liens entre la délinquance et le terrorisme, il faut agir», a-t-il ajouté.

Bruno Retailleau a aussi rappelé qu’il est favorable à la déchéance de nationalité, une mesure «sans doute pas dissuasive», mais qui constitue un symbole. «Je serai dans une attitude constructive», en ce qui concerne ce texte, a-t-il dit. «Mais on ne votera pas non plus ce texte les yeux fermés».

Son homologue à l’Assemblée nationale, Christian Jacob, a assuré être d’accord «sur le principe» dimanche lors du Grand Rendez-Vous Europe 1/Le Monde/i>télé. «Regardons comment elle se mettra en application, et ça, ça se ne décide pas sur un coin de table entre Noël et le 1er janvier, a-t-il toutefois prévenu. Au début de l’année, nous allons faire le point avec nos deux groupes de travail, à l’Assemblée et au Sénat, regarder de près cette réforme constitutionnelle et regarder comment les débats vont évoluer, compte tenu de la division profonde de la majorité et même du gouvernement. C’est à l’arrivée que nous dirons si nous votons ou pas».

«Un risque de rupture avec la gauche militante»

Julien Dray, considéré comme proche de François Hollande, a estimé dans le Journal du Dimanche que la décision du chef de l’État sur la déchéance de la nationalité peut faire courir «le risque d’une rupture avec la gauche militante». «On a choisi de garder la cohérence au prix du risque d’une rupture avec la gauche militante», a-t-il déclaré, ajoutant qu’«on doit faire autrement». «Depuis le discours de François Hollande à Versailles le 16 novembre, je n’ai cessé de dire que cette mesure me semble ouvrir une polémique et des divisions inutiles dans le moment actuel», a-t-il ajouté. «La France a mieux à faire que de se quereller sur une mesure dont tout le monde sait qu’elle n’est d’aucune efficacité, même symbolique, contre le terrorisme», a ajouté ce fondateur de SOS-Racisme. «Cela renvoie, par ailleurs, à un principe fondamental : quand elles combattent le terrorisme, les démocraties doivent toujours rester elles-mêmes et se garder de légiférer à chaud».

«Une démocratie adulte, c’est une démocratie où l’on sait se rendre compte à temps qu’une décision est une fausse bonne idée, et qu’elle va créer plus de problèmes qu’apporter de solutions», dit-il encore. «Ce serait l’occasion ou jamais de mettre en place dans ce but une majorité d’idées, qui ne serait pas la victoire d’un camp contre l’autre».

De son côté, l’ex-ministre Benoît Hamon, porte-voix de l’aile gauche du PS, a annoncé, toujours au JDD, qu’il votera contre cette proposition, «que ce soit par référendum ou au Congrès». «Cela va bien au-delà du débat droite-gauche», dit-il. «C’est une question de valeur et de conscience. Ma conscience m’indique que nous cédons sur l’essentiel, sur ce qui faisait la force de la République française, son message universel, affirmer l’égalité des citoyens quelle que soit leur origine». Cette mesure «revient à établir la distinction entre deux citoyens français de naissance, suivant qu’ils sont binationaux ou non», ajoute l’ancien ministre de l’Education. «Cette décision va provoquer un schisme dans le peuple de gauche mais aussi dans la communauté nationale», prédit-il.

Avec le parisien.fr

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