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La décision de Trump sur Jérusalem échauffe déjà les esprits

Le président américain a reconnu officiellement mercredi Jérusalem comme la capitale d’Israël et annoncé que l’ambassade américaine y serait à terme transférée. Un affront pour les Palestiniens qui revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur Etat.

Le geste de Donald Trump est présenté par la Maison blanche comme une « nouvelle approche » du conflit israélo-palestinien. Le président américain a rappelé l’attachement des Etats-Unis au processus de paix mais l’administration américaine est bien consciente des risques que la déclaration de Donald Trump entraine, explique notre correspondante à WashingtonAnne Corpet.

Le président américain lui-même, dans sa déclaration, a appelé au calme et à la retenue. Une manière de reconnaitre que sa déclaration contient un risque, celui de faire exploser les tensions dans la région. Dans un communiqué publié juste après le discours du président, le département d’Etat annonce pour sa part qu’il va entamer le processus de transfert de l’ambassade à Jérusalem comme le lui demande Donald Trump, mais il précise : « La sécurité des Américains est notre première préoccupation. Nous avons pris des mesures pour les protéger dans les régions concernées. »

Le Pentagone a de son côté repositionné ses forces, et notamment envoyé des marines pour assurer la sécurité de plusieurs ambassades dans les pays considérés à risque. D’après le Washington Post, James Mattis et Rex Tillerson, le secrétaire à la Défense et le secrétaire d’Etat étaient à l’origine opposés à l’annonce de Donald Trump en raisons de préoccupations d’ordre sécuritaire.

Selon le Washington Post, le secrétaire à la défense et le secrétaire d’Etat américains étaient tous deux opposés à l’annonce de Trump sur Jérusalem en raison de préoccupations pour la sécurité. https://twitter.com/joshrogin/status/938472195327606784 

 Après le discours du président, Rex Tillerson a qualifié l’annonce de Donald Trump « d’initiative audacieuse » ce qui ne constitue pas un commentaire franchement enthousiaste, même si le secrétaire d’Etat déclare aussi croire qu’il y a une vraie opportunité pour le processus de paix.

Côté démocrate, peu d’élus contestent la décision de Donald Trump sur le fond : beaucoup ont voté la loi de 1995 qui prévoit le transfert de l’ambassade à Jérusalem, mais la plupart estiment que le moment est mal choisi pour une telle déclaration, et font aussi état de leurs inquiétudes sur la sécurité.

Des décisions « déplorables »

Sur le terrain, les réactions ne se sont pas fait attendre. Les Palestiniens jugent que par cette démarche unilatérale, hors de tout accord de paix, les Etats-Unis se « discréditent » et qu’ils « ne peuvent plus être les parrains du processus de paix qu’ils ont été pendant des décennies », rapporte notre correspondant à JérusalemGuilhem Deltei.

Dans une rare allocution télévisée, le président palestinien Mahmoud Abbas a dénoncé hier soir « des décisions déplorables qui sapent délibérément tous les efforts de paix ». Le principal négociateur palestinien, Saeb Erakat, accuse lui le président américain d’avoir « détruit la perspective de deux Etats ». Et il affirme même au journal israélien Haaretz que désormais, l’OLP va chercher à négocier sur la base d’un Etat avec des droits égaux pour les deux communautés.

REACTION
En disant cela, Trump dit aux Palestiniens: « Vous n’avez pas de place à Jérusalem ».
Yariv Oppenheimer

Un « jour historique » pour Israël

Les Israéliens, eux, se félicitent de cette décision et saluent un « jour historique ». Pour Benyamin Netanyahu, cette décision représente même un « pas important vers la paix ».

Nir Barkat, le maire de Jérusalem, enregistre un message de remerciement à Donald Trump devant les drapeaux israélien et américain projetés sur les murs de la vieille ville.

Mais sur la scène internationale, le Premier ministre israélien est assez seul à y voir une étape vers la résolution du conflit israélo-palestinien. Donald Trump a tourné le dos aux résolutions de l’ONU et les condamnations sont unanimes. La contestation du rôle de parrain pourrait aussi se faire entendre dans les organisations internationales.

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