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La Déclaration de Politique Gagnante (Ibe Niang Ardo)

L’épreuve tant redoutée de déclaration de politique générale du premier ministre, s’est déroulée ce Mardi et à ce qu’il semble, ne fut pas si rude pour le maestria qu’est Mouhamad Boun Abdallah Dionne, vu le brio et l’aisance avec lesquels il s’en est acquittée.

Le premier constat que j’ai eu à faire est la solennité recouvrée de l’hémicycle, à l’opposé de cette déconcertante pagaille décriée il y’a seulement quelques jours par l’ensemble de la population a travers les média.  Cette discipline soudaine et spontanée s’explique par le contexte. L’auditorium était relevé par un charismatique chef d’orchestre-invité, superbement habillé, avec une mise très soignée et aux couleurs adéquates pour la circonstance. Tous les experts le savent – l’environnement de la communication est aussi important, sinon plus, que le discours lui même. L’audience écoute avec les yeux, dit-on. Il s’y ajoute l’allure qu’il projetait et la tonalité avec laquelle il a dispensé son allocution, ont instantanément mis l’audience au diapason et instaurer l’attention religieuse qui a prévalue. Ce qui m’amène à dire :  « de générale, la déclaration de politique est passée gagnante ». Son objectif était de gagner l’attention, elle l’a atteint d’emblée. Le premier ministre lui, verra son leadership se populariser et s’instituer en réputation définitive. Il a charmé avec l’humilité et la décence, là où l’on a souvent eu à souffrir la condescendance et l’arrogance. Cela peut sembler bizzare et même apologiste que je dise ça, loin s’en faut, j’ai juste été sensible, parce que initié, aux subtilités avérées de l’art de la communication discrétement présentes dans cette prestation. J’invite chaque lecteur à se poser la question de savoir : en quoi le fait d’avoir suivi les deux heures et demi de l’allocutuion, avantagerait-il vraiment quelqu’un quant au jugement à donner à la prestation? – Aucun à mon avis. Il est prouvé scientifiquement qu’ au bout de vingt minutes d’écoute, l’on bute au mur de l’attention et tout allocutaire perd alors sa concentration et est en proie à la débandade de l’esprit. La communication est un phénomène complexe où l’on est souvent en face d’un incommensurable flux d’informations, dont seulement une fine tranche à soigneusement extirper de tout le lot, est utile à chacun de nous pour prendre une décison instantanée. C’est ça ma première lecture de la prestation.

A chacun son choix.

Il appartient à ceux qui veulent avoir le cœur net sur les différents points soulevés et les chiffres avancés de chercher à disposer de l’ensemble du texte et prendre le temps de le disséquer. A chacun son rôle. L’espace politique est divisé en camps et parmi ses camps il y en a qui n’ont écouté l’allocution que pour y dénicher du vilain et de la perfidie. Ils en ont le droit et il faut le respecter au nom de la démocratie. Il faut simplement savoir qu’à toute déclaration correspondent autant d’interprétations que d’individus qui l’on’t entendue. Alors il faudra être tolérant et constructif même face aux critiques les plus extravagantes. Il ne faut pas s’y tromper, il y a peu ou pas d’interventions spontanées et absolument objectives.

L’important est de souligner la bonne ambiance de ce jour, qui fait la fierté des sénégalais et dont le mérite revient à tous les participants confondus, qui ont démontré que notre démocratie est encore un modèle et que nous sommes un peuple très civilisé, qui sait se retrouver quelquesoient nos divergences internes et en débattre sans animosité. À l’échelle nationale les débats les plus populaires entre antagonistes devraient s’inspirer de l’assemblée de ce jour et se passer de la sorte. Ce pays ne se construira pas par une seule poignée de personnes, mais plutôt avec toutes les bonnes volontés de son peuple. L’on aura toujours des opinions différentes, mais c’est grâce à cette diversité que nous parfairons notre œuvre : le Sénégal de demain de nos enfants. Pour résoudre une équation on nous a appris à la simplifier, à l’école. Aujourd’hui appliquons cette leçon dans notre société moderne faite d’équations complexes, en commençant par ramener ne serait-ce que la question politique à son expression la plus simple – il s’agit pour chaque citoyen de répondre à la question fondamentale suivante : – comment faire pour impérativement apporter ma modeste contribution à la construction de mon pays?
La réponse à cette question que tous les leaders se posent forcément, doit transcender les appartenances partisanes. C’est de l’hérésie que de croire, pour un citoyen sincère qui aurait de bonnes idées pour la nation, qu’il est séant d’en priver sournoisement la société par solidarité partisane. Et si son parti ne devait jamais exercer le pouvoir comment pourrait-il être fier à la fin de sa vie?

Le dialogue, encore le dialogue, l’incontournable dialogue est le seuil de notre devenir. Il passe au devant de tout.

Ibe Niang Ardo

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