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DÉCOUVERTE D’IMPORTANTS GISEMENTS D’HYDRAUCARBURE Attention à la « malédiction du pétrole »

  • Date: 29 janvier 2016

L’or noir, cette autre appellation du pétrole aiguise tous les appétits. Découvert au Sénégal comme naguère dans beaucoup d’autres pays africains, il peut aider à booster le Pib et à asseoir les conditions du développement. Cependant, il déstabilise certains États, entretient l’instabilité dans  bien d’autres. C’est « la malédiction du pétrole » qui accompagne assez souvent la découverte de cet hydrocarbure notamment dans des pays à revenus faibles où les institutions sont faibles et les mécanismes de contre-pouvoirs inexistants ou inefficaces.

Le Sénégal a découvert un important gisement de pétrole offshore au large de ses côtes. La société Kosmos Energy vient aussi de donner la bonne nouvelle de la découverte d’un gisement de gaz dans une zone que le Sénégal partage avec la Mauritanie. Autant de bonnes nouvelles qui réconfortent dirigeants et citoyens, les premiers  confrontés à des difficultés d’équilibre budgétaire et les seconds à une pauvreté qui touche le plus grand nombre. L’espoir nait de ces découvertes est d’autant plus grand que les ressources tirées de ces hydrocarbures pourraient financer d’importants projets de développement et aider le pays à sortir de la pauvreté. Le pétrole, qualifié d’or noir, peut aider à affaiblir les importations, à booster les exportations et influer sur le Pib.

Toutefois, la découverte des hydrocarbures comme le pétrole et le gaz comporte un paradoxe que Tranparency International avait déjà dénoncé depuis 2008. Il ressort, en effet, d’un rapport rendu public par cet organisme, que 60% des personnes les plus pauvres vivent dans des pays africains producteurs de pétrole. La raison en est simple. Elle tient au fait que non seulement les ressources pétrolières ne profitent pas au grand nombre, mais elle alimente des conflits en interne plongeant ces pays dans une instabilité chronique. D’où le sobriquet de « malédiction du pétrole » qui traduit une réalité qu’il ne faut pas prendre à la légère.

Au Soudan, en Angola et au Congo-Brazzaville, les tensions internes sont endémiques. Les spécialistes lient ces conflits aux batailles pour le contrôle de la manne pétrolière. Ces ressources financières importantes sont, en effet, directement gérées par les familles présidentielles qui en font un capital privé au service de leurs intérêts exclusifs. Il en est ainsi d’autres pays comme le Nigeria ou le Tchad où l’argent du pétrole sert à perpétuer des régimes autocratiques même si ces dernières années, Lagos a fait des pas en avant dans la démocratisation de ses institutions et la diversification de ses ressources financières.

En Angola par exemple, la fille du président de la République est réputée comme étant l’une des femmes les plus riches du continent.

C’est, en effet, un secret de polichinelle, le pétrole alimente la corruption dans un pays et aiguise les appétits du pouvoir qui n’hésite pas à entrer en connivence avec les milieux d’affaires.

Dans beaucoup de pays, les ressources tirées du pétrole ne sont pas inscrites dans le budget. L’Algérie a mis en place « un fonds de régulation des recettes » sans que le budget en bénéficie toujours. Toutes raisons qui ont poussé nombre de pays à s’inscrire à « l’Extractive Industries Transparency initiative » (Eiti) qui les aident à mieux gérer les ressources pétrolières afin d’en faire bénéficier le plus grand nombre.

La malédiction est parfois entretenue et alimentée par des multinationales dont les Pdg se sont spécialisés dans des complicités avec des chefs d’État ou des groupes armés rebelles. Les velléités de remise en cause de certains contrats qui ne profitent pas vraiment aux populations poussent certaines multinationales à essayer de contrôler les États avec la complicité de leurs gouvernements du Nord.

Une situation qui ne prospère que parce que les institutions sont encore faibles  et que les mécanismes de contre-pouvoir et de contrôle de l’action de l’Exécutif sont faibles.

Le pétrole pose aussi des problèmes d’environnement avec la construction d’oléoducs et la pollution qu’elle génère. L’agression des sites, de la mer est aussi une réalité. Il s’y ajoute le risque de ce que l’on appelle le syndrome hollandais, c’est-à-dire que tous les efforts de développement pourraient passer au second plan au profit du pétrole.

À toutes ces considérations, s’ajoute la chute vertigineuse du baril de nos jours qui plonge, cette année, un pays comme l’Arabie Saoudite dans des difficultés financières sans précèdent. Et aucun pays n’est à l’abri.

Une façon de dire qu’il ne suffit pas seulement d’avoir des ressources minières, des matières premières. La Guinée, par exemple, est l’un des pays les plus riches en Afrique en ressources du sous-sol au point d’être qualifié « d’accident géologique ». Il pétrit, cependant, dans une pauvreté et une instabilité chronique depuis de nombreuses décennies.

A contrario, il nous semble important de souligner que le Japon, l’une des économies les plus florissantes du monde n’a presque pas de matières premières.

L’important pour un pays est de travailler à l’éducation de ses populations, à leur formation, à mettre en place des institutions démocratiques solides, à promouvoir un secteur privé dynamique pour porter la croissance tout en luttant contre la corruption. Dans de telles conditions, il sera facile de faire des bonds en avant même sans ressources minières qui doivent venir en appoint pour booster un développement dont les fondamentaux sont déjà maitrisés.

Assane Samb

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