Accueil / Confidences / Défaite de l’opposition aux élections législatives : Wade avait raison !

Défaite de l’opposition aux élections législatives : Wade avait raison !

Le proverbe africain, qui dit qu’un vieillard assis voit ce qu’un jeune homme debout ne voit pas, s’est encore illustré de fort belle manière durant les élections législatives du 30 juillet 2017 au Sénégal.

Le président Abdoulaye Wade avait finalement raison ! Osons le dire sans complexe et avec beaucoup d’humilité.

La coalition « Benno Bok Yakaar » a largement remporté les élections législatives du dimanche 30 juillet. La majorité présidentielle a remporté la majorité des sièges disponibles selon les suffrages exprimés.

Au total, c’est 42 départements gagnés sur 45. C’était inattendu, dirons certains ou même un hold-up électoral pour d’autres, la vérité est que les prémisses d’une telle raclée de l’opposition lors de ces élections étaient évidentes.

Face à une telle situation, il est bon de faire une analyse objective de cette défaite de l’opposition lors de ces joutes électorales.

Nonobstant, tous les couacs et manquements notés, allant de la confection à la distribution des cartes d’électeurs, aux difficultés de voter pour bon nombre de sénégalais, il faut oser le reconnaitre, l’opposition a perdu à cause de son incapacité à s’unir sur l’essentiel.

L’union fait la force, c’est connu de tous, pourquoi diantre est-il si difficile d’appliquer cette maxime ?

Tout était pourtant bien parti quand le patriarche Wade, a réussi la prouesse de fédérer tous les leaders des principaux partis de l’opposition autour d’une seule coalition, Manko Waatu Sénégal.

Le rêve était trop beau pour être vrai, disaient les sceptiques et ils ont eu raison car ils savaient que dans ce groupe, se sont regroupés d’une part, des leaders au vrai sens du mot capables de mettre l’intérêt du groupe en avant au détriment de leurs propres intérêts, et d’autre part hélas, de soi-disant leaders aux caractères fougueux, incapables de comprendre ce que veut dire négocier et faire des compromis pour gagner, ou tout simplement sceller une union sacrée pour l’atteinte d’un objectif commun.

Il aurait simplement suffi que ces jeunes loups aux grandes ambitions mettent un peu d’eau dans leur vin pour que Me Wade soit porté à la tête d’une méga-coalition qui allait donner du fil à retordre à Benno lors de ces législatives. La probabilité d’imposer la cohabitation à ce régime durant cette treizième législature était grande avec un tel scénario.

Avec tout le capital de sympathie que je voue au Maire Khalifa Sall, et ma compassion pour sa détention préventive, il n’a pas encore son propre parti, il ne pouvait pas être accepté comme tête de liste devant des partis existants et bien structurés et de surcroit, le PDS, qui constitue la première force de l’opposition.

Des compromis étaient bien possibles pour le mettre juste après Wade en troisième position (parité oblige) ou bien le positionner tout simplement sur la liste départementale de Dakar.

Encore une fois, Wade avait raison. Sa proposition aurait pu être suivie par ces leaders de partis coalisés pour gagner dans beaucoup de localités ces élections qui étaient largement à leur portée.

C’est l’émiettement des voix de l’opposition qui a été profitable à la coalition « Benno Bok Yakaar » dans quasiment tous les départements, et cela a eu comme corolaire la défaite historique de certains ténors dans leurs fiefs.

Sans m’attarder sur les recours divers, déposés çà et là, encore moins sur les ratés du scrutin législatif du 30 juillet dernier, comme c’est le cas à Touba, je vais plutôt insister sur les enseignements à tirer de ces élections et surtout me projeter vers celles à venir en 2019.

Nous nous profilons vers d’autres élections dans 18 mois, le peuple sénégalais sera encore sollicité pour choisir parmi les candidats celui qui aura sa confiance.

Lors des législatives, nous avons tous noté le nombre record de quarante-sept coalitions de partis pour briguer les 165 sièges à l’assemblée c’est énorme et c’est à la limite même ahurissant, vu le nombre de plus en plus grand de sénégalais qui se lancent dans la politique au Sénégal.

A ce rythme, on risque de se retrouver avec une vingtaine de candidats pour être président de la République en 2019.

Je pense qu’il est tant, à l’image des élections de représentativité syndicales qui ont permis de ne retenir que les grandes centrales, d’en faire autant pour les acteurs politiques afin de les regrouper par affinité ; les libéraux, les socialistes, les centristes, etc.

L’idéal serait qu’un candidat sorte à l’issue de primaires organisés pour chaque camp, comme le font les grandes démocraties dans le monde, ce qui permettra de n’avoir que 4 à 6 candidats au maximum.

Cela a l’avantage, de permettre à l’Etat de mieux organiser les élections dans notre pays, de renforcer notre démocratie, d’économiser nos maigres ressources et enfin de bannir la création à foison de « partis –individus » qui n’ont de militants que leur propre famille.

Enfin, les nombreux couacs et manquements notés, montrent à suffisance, qu’il faut revenir à l’orthodoxie, à savoir décharger le ministre de l’intérieur de l’organisation des élections car il est évident qu’il a manqué un dialogue franc et sincère entre les différentes parties.

Kalounaye

Hann Mariste

Dakar

À voir aussi

Et Thierno Bocoum après Rewmi ?

Thierno Bocoum, après sa sortie du parti Rewmi, avait bien annoncé de continuer son chemin …

Arrivée de nouveaux loups dans le landerneau- Le renouvellement de la classe politique, un processus irréversible

REWMI.COM- L’alternance générationnelle est un vieux rêve au Sénégal. Car, à y regarder de près, …

Un commentaire

  1. Le Macky qui a senti le danger que constitue Manko a mis le prix en corrompant certains leaders de l’opposition.
    Une analyse de la composition des deux groupes ,après la division ,permet d’identifier certains. ils ont berné Khalifa.
    Ils investissent la presse avec des tentatives de justification de la défaite de l’opposition: complexe de culpabilité.
    Le PDS n’a qu’à tirer la leçon et composer avec un groupe certes restreint mais sur et déterminé, et se démarquait des vipères et autres reptiles.