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DEGATS COLLATERAUX DES FORTES PLUIES : L’hivernage, une période indésirable chez les fleuristes

Les dernières pluies enregistrées à Dakar n’ont pas été sans conséquences néfastes chez les fleuristes. Si, pour certaines personnes, après la pluie c’est le beau temps, les fleuristes, de leur côté, désespèrent du fait que les précipitations survenues dernièrement ont fait beaucoup de ravages. Les horticulteurs et vendeurs de fleurs souhaitent ainsi la fin de la saison des pluies.

Les fortes pluies et les vents enregistrés, ces derniers jours à Dakar, ne font pas que des heureux. Même si les sinistrés victimes des inondations dans la banlieue sont les plus touchés par la pluie, les autres habitants de la capitale sénégalaise ne sont pas en reste. Entre constructions et chantiers inachevés, routes cahoteuses, la pluie n’a pas fini de causer du souci aux Dakarois. Certains métiers comme celui de fleuriste ne sont pas épargnés par les dommages causés par les fortes pluies et le vent.

Une petite randonnée dans quelques jardins et places où les fleurs se cultivent et se vendent a permis de voir le désarroi de ces horticulteurs et passionnés de fleurs. Sur le boulevard Dial Diop, le long du mur du lycée Blaise Diagne, au bord de la route, les fleuristes, sans doute tenaillés par la fatigue et l’inquiétude. Ils discutent de tout et de rien. Interpellé sur leur activité et les fortes pluies, Omar Mar, fleuriste depuis 40 ans, n’y va pas par quatre chemins pour exprimer ses maux : «Nous rencontrons de gros problèmes pendant l’hivernage, car il y a l’eau de pluie qui vient inonder les fleurs et les emporter. Le vent aussi cause d’énormes dégâts. C’est donc des pertes à n’en plus finir».

Ablaye Fall, jeune fleuriste, de déclarer : «La pluie, c’est bien car elle arrose nos fleurs, mais cela ne nous arrange guère dans la mesure où les automobilistes déversent sur les fleurs l’eau stagnant sur la chaussée et ils ne prennent même pas la peine de s’excuser». Dame Diop, qui s’active dans ce métier depuis 1993 et qui est voisin d’Ablaye Fall, ajoute : «Le problème est que nous n’avons pas un endroit couvert pour protéger nos fleurs du mauvais temps. Nous sommes exposés et nos plantes aussi sont exposées à l’inondation après chaque pluie». Poursuivant, il avance que «ce sont les automobilistes qui viennent donner le coup de grâce en cassant nos pots de fleurs».

Estimant que les dégâts causés par ces fortes pluies et le vent sont incalculables, Madieng Fall de fulminer : «Nous perdons beaucoup d’argent durant cette période de la saison des pluies. Nos pots sont cassés et nos fleurs sont traînées dans la boue et emportées par le vent». Son voisin, Serigne Ndiaye, avec 11 ans d’expérience dans ce métier, de certifier que «la seule difficulté rencontrée en cette période d’hivernage par les fleuristes, c’est les averses».

À Yarakh, au Coin vert, un jardin où les fleurs sont cultivées, traitées et vendues, les propos restent toujours les mêmes. Le jeune trouvé sur les lieux n’a pas voulu nous dire grand-chose en l’absence de son patron. Il se limite seulement à nous montrer des pots cassés, des plantes déracinées et des fleurs gisant par terre. «C’est une grosse perte pour mon patron, car ces fleurs coûtent très cher», renseigne-t-il.

À Kermel, l’activité est au ralenti

Pour se rendre compte que les fleuristes ont du mal à faire de bonnes affaires depuis le retour des pluies, il faut aussi faire un détour par le marché Kermel, réputé être le marché à fleurs de Dakar. L’activité des fleuristes y est au ralenti en cette fin d’hivernage. Sur les lieux, les vendeuses de fleurs sont présentes, mais ne voient pas beaucoup de clients. Si quelques-unes se livrent à des conversations, d’autres se mettent tout simplement à ranger et constituer des bouquets de fleurs. Mame Fatou, jeune vendeuse, de renseigner : «nous voyons peu de clients pendant cette période. Notre activité marche mieux pendant les fêtes qu’en cette période». Socé Diop, en bon jardinier, d’expliquer qu’«en ces temps pluvieux, il est impossible pour la plupart des fleurs de pousser, du fait de l’abondance d’eau et de l’humidité». «Quand les clients viennent, c’est un peu difficile de les satisfaire, parce que parfois les espèces pour composer ce qu’ils veulent sont indisponibles. Quand il y a de fortes pluies, comme cela a été le cas pendant ces derniers jours, il y a beaucoup de fleurs qui ne peuvent pas pousser», confie le jardinier.

Si l’activité ne s’arrête pas en cette période de pluies diluviennes, elle tourne tout au moins au ralenti. Mais les fleuristes gardent espoir de voir leur activité refleurir dans les prochains mois.

Le Populaire

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