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Au-Dela des mots (Par Ndeye Diop)

Des voix qui montrent les Afriques d’hier et d’aujourd’hui dans leurs diversités – C’est un des combats qui permettra de lutter contre l’image d’un continent de merde

S’agissant des pays de merde, il se trouve que ses jeunes enfants bravent le désert, les mers et océans, les montagnes neigeuses et même des murs électrifiés au risque d’être torturés, faits esclaves ou jetés par dessus bord, pour atteindre des pays où on récupère les quelques rescapés pour les désinfecter, les immatriculer et les parquer dans des centres de rétention sordides en attendant de décider de leur sort. Les dirigeants de leurs pays restent silencieux ou mènent de timides actions pour rompre cette chaîne de l’horreur afin leur redonner l’espoir qu’il est possible de s’en sortir en Afrique. D’un autre côté, beaucoup de ces présidents, dans leurs rapports avec l’occident, renvoient une image dévalorisante de l’Afrique en étant toujours dans la position de demandeur ou en s’éternisant au pouvoir à tout prix. Si cela n’est pas traiter le peuple comme de la merde, dîtes moi ce que c’est ?

Posons-nous aussi la question de savoir ce qui préside à l’image ternie de notre continent ?

De nos jours, il est possible d’accéder depuis chez soi à des centaines de chaînes de télé et de radios sans compter les informations en continu sur les réseaux sociaux. Quand on y aborde les questions africaines, elles le sont sous le prisme des guerres, maladies, corruptions, émeutes, rebellions, réfugiés, mal gouvernance et autres catastrophes, mais rarement sous un angle valorisant.

On imagine que lorsqu’on on a été formaté dans ce climat, on ne peut que sortir des phrases du genre : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ». Le pire, c’est de se rendre compte que non seulement aucune mauvaise intention consciente n’animait l’orateur mais qu’une armée de conseillers avait travaillé pour produire ces propos.

Se pose alors la question de notre responsabilité commune à produire et diffuser des contenus montrant une autre Afrique. Dans nos pays, les professionnels les mieux habilités à pouvoir redorer l’image internationale du continent sont en partie les journalistes. S’il existe une pluralité de médias, ils pêchent par leur insuffisance en terme de qualité des contenus et de la portée de leur diffusion. Les sujets traités concernent majoritairement les questions politiques locales frisant le fait divers. Nous avons besoin de journalistes compétents, libres penseurs et non inféodés au pouvoir du moment pour des raisons alimentaires. Ces journalistes existent. Il s’agit de faire porter leur voix très loin lorsqu’ils produisent des contenus de qualité sur l’Afrique. Il y’a aussi les réseaux sociaux qui permettent aux citoyens de s’exprimer sur des sujets. L’usage de ces médias tourne en grande partie autour de thèmes personnels. La portée des contributions de qualité concernant l’Afrique reste donc limitée à un microcosme d’intellectuels avertis. Le combat reste et demeurera dans la portée des voix africaines sur l’Afrique et les africains afin de contribuer à diffuser notre Afrique.

Des voix qui montrent les Afriques d’hier et d’aujourd’hui dans leurs diversités. C’est un des combats qui permettra de lutter contre l’image d’un continent de merde.

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