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DÉLOCALISATION DE LA MAC DE DAKAR L’État vend Rebeuss à plus de 6 milliards F Cfa

Le Garde des Sceaux, Me Sidiki Kaba, a annoncé, hier, la vente de la prison de Rebeuss moyennant la somme de 6.791.758.320 F Cfa.
Me Sidiki Kaba, ministre de la Justice a fait face, hier, aux députés pour le Projet de budget de son ministère pour l’année 2016 arrêté à plus de 30 milliards contre 27 milliards F Cfa en 2015 soit une augmentation de plus de 2 milliards. Il en a profité pour annoncer la vente de Rebeus qui, selon lui, doit suivre plusieurs étapes dont la première est l’autorisation de vente qui doit être accordée par l’Assemblée nationale puisqu’il s’agit d’un immeuble appartenant à l’État du Sénégal. La deuxième démarche pour laquelle il y a une accélération de la procédure concerne l’évaluation du site de Rebeuss. « Celle-ci a été réalisée par des experts qui ont conclu que la valeur de Rebeuss est actuellement de 6.791.758.320 F Cfa. La véritable difficulté est relative au choix du partenaire qui accepterait de décaisser le prix de la vente et d’attendre l’achèvement des travaux de Sébikotane programmé sur trois ans, avant de pouvoir disposer de son terrain », précise-t-il.
À l’en croire, les discussions sont en cours avec un partenaire qui semble adhérer à cette proposition. « L’exécution de ce projet passerait alors par un contrat de partenariat public privé. Le financement ne peut pas être inscrit dans le budget à cause d’une forte résistance de l’opinion publique qui verrait mal tant d’argent investi dans une prison alors que le chômage des jeunes est toujours récurrent. Dans l’attente de la délocalisation, un local pouvant contenir 200 détenus a été construit à Rebeuss. Il a été équipé de 200 matelas et il est prêt à accueillir à partir de ce jour 200 pensionnaires. Une deuxième chambre de 100 lits est en chantier et son achèvement est prévu sous peu. Ainsi, la mise en service de ces deux locaux allégera l’encombrement des autres cellules », ajoute-t-il.
Surpeuplement dans les prisons
Devant les députés, hier, Me Sidiki Kaba a indiqué que la surpopulation carcérale persistera tant qu’il y aura de longues détentions. « Il y a présentement 501 détenus qui attendent d’être jugés depuis 3 ans au minimum. Sur ce nombre, 271 détenus ont été épinglés pour des infractions liées à la drogue. Aussi, une longue période de traitement des dossiers était indispensable puisqu’elle impliquerait des éléments extérieurs (les experts) avant l’ouverture des sessions d’assises. Un début de solution a été trouvé avec la suppression des Cours d’assises et la création des Chambres criminelles dans les tribunaux de grande instance », souligne-t-il. Toutefois, le Garde des Sceaux a donné des assurances pour un traitement définitif du plus grand nombre de ces dossiers liés à la drogue, à la fin du premier trimestre de l’année 2016. Ainsi, les personnes en détention provisoire seront fixées sur leur sort et les prisons désengorgées.
La parole aux députés
Les députés ont profité de la présence du ministre de la Justice, hier, pour lui faire part des maux dont souffre le secteur de la justice. Il s’agit notamment des problèmes entre les magistrats et les avocats, la délivrance des certificats médicaux, le vol du bétail, entre autres sujets. S’agissant du malaise au sein de la justice, Abdoulaye Makhtar Diop indiquera que notre pays devient attractif pour les investisseurs. C’est la raison pour laquelle on doit retrouver la sérénité. Parce que, dit-il, « les querelles au sein de la justice posent des problèmes de sécurité judiciaire. Ces tiraillements vont faire craindre les investisseurs », avertit-il. Pour sa part, Fatou Thiam s’est interrogée sur la réforme de la Crei et le jugement de Toussaint Manga et Cie. « À quand le jugement de Toussaint Manga, Victor… Ils sont en prison depuis 9 mois et ils attendent toujours leur jugement », s’interroge-t-elle. Avant de continuer : « Vous attendez l’approche des élections pour réformer la Crei. Vous avez peur que cette juridiction vous traque ? »
Il faut dire que plusieurs questions ont été évoquées devant le ministre notamment le cas Thione Seck, les fraudes dans les établissements d’état civil, l’émission d’un chèque sans provision qui est un délit, etc. Pour tenter de répondre aux différentes questions, le ministre de la Justice déclare : « Nous ne promouvons pas une conception d’une justice belliqueuse. Les avocats et les juges sont les deux mamelles de l’administration de la justice. Un avocat n’est pas au-dessus de la loi. Si vous violez la loi, la loi vous sanctionne. Notre maison, c’est une maison de sérénité, c’est une maison de calme. À partir du moment où la loi est visée, ce qui est dit peut être considéré comme un acte délictuel ».
S’agissant de la Crei, le ministre a dit qu’elle est légale. « Elle n’est pas une institution illégale. Aucun juriste sénégalais ne peut la remettre en cause. Pour le surpeuplement dans les prisons, sachez que ces images que vous voyez ne sont pas des images du Sénégal. Ce sont des images du Centre Afrique. Il y a une intoxication mais, il n’en demeure pas moins que nous avons un problème de surpeuplement », se défend-il.

Cheikh Moussa SARR

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