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La demande sociale, le pire adversaire de Macky

L’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) vient de publier un rapport dans lequel il est indiqué que les prix à la consommation ont augmenté de 2,6% ces derniers temps.

Parmi les produits dont l’augmentation inquiète justement le consommateur, figure le riz parfumé à l’exception des autres généralement les plus consommés.

Ces augmentations des produits à la consommation interviennent en effet au moment où on parle de tension budgétaire reconnue par ailleurs par le Ministre des Finances et du Plan.

Alors que l’année 2018 est décrétée ‘’Année sociale’’ par les autorités, on y assiste à une inflation des prix dans de nombreux secteurs de notre vie quotidienne et à une tension sociale récurrente due à des grèves répétitives et à une dette intérieure que l’Etat a du mal à honorer.

Pas plus tard qu’hier, le monde rural s’insurgeait du fait que l’eau coûte plus cher chez eux que dans les foyers des zones urbaines. Cette situation sévit dans beaucoup de départements du pays où l’eau est payée trop cher au mètre cube et à chaque mois. Pis, les forages tombent souvent en panne et la pression étant faible, pour certains, le liquide précieux n’arrive dans leurs foyers que tard dans la nuit.

Des situations qui viennent s’ajouter au fait que trouver un emploi est souvent impossible pour les jeunes et ceux qui en ont croupissent dans une précarité incompréhensible.

Peu de salariés bénéficient des services sociaux de base et doivent puiser de leurs poches pour se soigner là où le système de santé est basé sur la prescription permanente d’ordonnances au-dessus de la bourse du travailleur moyen.

Conséquence, beaucoup sont obligés de tendre la main pour pouvoir se soigner, tant les frais médicaux sont exorbitants.

Dans un contexte pareil, les travailleurs qui sont minimes dans notre société versent le plus souvent dans des mouvements de grève infinis, surtout dans les secteurs névralgiques de la santé et de l’éducation.

Pendant ce temps, 40 mille de nos enfants sont dans la rue parce que l’Etat n’a pas honoré sa dette initiale de 16 milliards aux établissements privés d’enseignement supérieur.

Des situations qui, à n’en pas douter, engendrent beaucoup de frustrations.

Certes, il y a le PUDC, les bourses familiales, la couverture maladie universelle, en somme, des efforts faits çà et là, mais cela ne suffit pas. Loin de là.

Nous vivons dans un pays où tout est cher. Cette cherté freine le tourisme et accroit la pauvreté et la délinquance. La vie est trop chère à Dakar là où les revenus des Sénégalais sont en perpétuelle baisse.

L’inflation monte avec une économie à forte dominance des industries étrangères et qui se base sur l’importation. Ces derniers temps par exemple, toujours selon l’ANSD, les importations ont augmenté de 39,4% alors que les exportations n’ont enregistré qu’une hausse de 3%.

Dans ces conditions, c’est la demande sociale qui est le pire adversaire du pouvoir. On l’avait constaté avec Me Wade : On ne peut pas laisser les prix à la consommation de base augmentés à la veille d’élections importantes. C’est suicidaire.

Les gens peuvent vous écouter tant qu’ils mangent à leur faim. Mais le jour qu’ils cesseront de le faire, comme c’est le cas dans au moins 5 départements du pays, selon des constations officielles, ils se détournement de vos discours et auraient tendance à vous sanctionner.

C’est pourquoi, avant de parler d’émergence, il est important de travailler à satisfaire les besoins vitaux primaires des populations. Et ce combat est loin d’être gagné : La faim sévit chez nous, même si on ne peut pas encore parler de famine.

Alors, il est important que ceux qui tiennent les rênes du pouvoir pensent moins à ‘’politiquer’’ et travaillent à relever les principaux défis de malvivre avant ceux de développement. Des hôpitaux avec du personnel et du matériel adéquat, des écoles et des universités, du travail pour les jeunes, un secteur privé performant et une maitrise des nationaux sur leur économie, sont des préalables.

Malheureusement, nos dirigeants, toujours préoccupés par leurs fauteuils, brûlent les étapes, se trompent souvent sur les priorités et s’imaginent que la communication comprise, ici, comme la manipulation, peut combler le déficit de réalisation.

Eh bien, il n’y a pas plus grande erreur.

Assane Samb

 

 

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