Accueil / ACTUALITES / Démission du Président Zuma et élection de Ramaphoza Cette leçon qui nous vient de l’Afrique du Sud

Démission du Président Zuma et élection de Ramaphoza Cette leçon qui nous vient de l’Afrique du Sud

Ce mercredi, un évènement rare s’est produit en Afrique du Sud : le Président Jacob Zuma a démissionné, poussé par son parti, le National African Congres (ANC) qui l’avait menacé d’une motion de censure.

Hier jeudi, le Président du parti, Cyril Ramaphosa, a été porté à la tête du pays par le Parlement, selon les lois en vigueur.

Un évènement qui nous inspire deux enseignements : Le premier est la survivance en Afrique de race de dirigeants qui font honte au continent. Le second est que l’Afrique du Sud reste un exemple de démocratie avec une Justice libre et des institutions très solides.

Sur le premier point, rien d’étonnant : l’élection de Jacob Zuma à la tête de l’Afrique du Sud a été perçue par beaucoup, y compris dans son propre camp, comme une ‘’erreur’’.
L’homme était connu pour être un champion des scandales, notamment de corruption. Il pesait sur lui pas moins de 783 chefs d’inculpation, un record mondial pour une seule personne. Ces infractions concernaient divers délits dont la vente d’armes et autres scandales liés à des sociétés publiques dont la plupart auraient été pillées au profit de certains de ses amis comme les Gutpa.

Si ces procédures judiciaires devraient être ouvertes comme le réclame l’opposition, Zuma devrait passer le reste de son temps dans les tribunaux et peut-être même en prison. C’est cela qu’il redoutait. Il voulait alors des garanties d’ordre judiciaire. Il n’en a eu aucune.

Zuma se prenait pour un roi Zulu. Sa vie familiale et ses rapports avec ses épouses étaient tout aussi tumultueux. Il ne dit pas tout sur le nombre de ses époux et ses enfants seraient entre 14 et 17.
Zuma aime les femmes et ne s’en cache pas. ‘’Je ne suis pas un parangon de vertu’’ a-t-il déclaré ce mercredi lors de son allocution télévisée où il annonçait sa démission.

Il avait même été accusé, alors qu’il était Vice-Président, de viol sur une jeune famille séropositive et trainé en justice pour être finalement acquitté.
C’est cet homme qui n’a pas vraiment réussi à faire bouger les choses dans son pays, qui a été poussé à la démission par ses partisans qui en avaient assez de ses frasques.

Et il n’est pas le seul. L’Afrique pullule encore de dirigeants qui s’accrochent au pouvoir comme Ali Bongo, Faure Gnassingbé et bien d’autres qui veulent un troisième mandat et qui sont loin d’être des chantres de la démocratie.

Nous pensons que les réflexes autoritaires sont encore là. Les disciples de Machiavel font légion dans un continent qui, comme le disait Obama, ‘’n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes’’.

Heureusement que les institutions sud-africaines ont été assez fortes.

La Nation arc-en-ciel est un exemple de démocratie en Afrique. C’est un des rares pays africains, ou le peut-être le seu,l où le Président en exercice peut être trainé en justice et condamné.

Dans d’autres pays comme le nôtre, ce serait impensable du fait justement de l’immunité ou de l’inféodation de la Justice.

Mieux, le Président Thabo Mbeki avait les mêmes ennuis que Zuma dans ses rapports avec l’Anc. Le parti a une légitimité historique, mais il sait que s’il ne se sépare par de ses mauvaises graines, il risque de perdre les élections surtout en 2019.

Alors, l’Afrique du Sud offre l’image d’un exemple de démocratie dans une Afrique où les Présidents sont encore des souverains dans leurs royaumes, car ils écrasent tous les autres pouvoirs et n’ont de compte à rendre à personne.

Assane Samb/Assane Samb

À voir aussi

 ODD: La plus Grande leçon du Monde lancée devant les élèves de Dakar  

Le Ministère de l’Education nationale (MEN) a présidé le lancement de « la plus Grande Leçon …

Rapatriement des biens culturels africains: Macky prône un dialogue apaisé  

Le Président Sall est favorable à un dialogue apaisé sur le rapatriement des biens culturels …