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DEMOCRATIE AU RABAIS ! (Par Abdoulaye Thiam)

 Amadou Toumani  Touré dit «ATT» avait réussi une prouesse inédite au Mali en réduisant à néant l’opposition.  ATT avait mis en place une démocratie consensuelle avant de quitter le palais présidentiel sur la pointe des pieds, comme un vulgaire délinquant poursuivi par une clameur populaire.

Macky Sall tient, lui aussi, à réduire l’opposition à sa plus petite expression, quitte à nouer des alliances contre nature avec des alliés mus par des appétits carnassiers et non pas, pour une raison d’être d’un parti politique: la conquête et la conservation du pouvoir.

Certains de ses alliés, ayant épuisé leur cartouche électorale, s’accrochent à des sinécures existentielles. Présidence de l’Assemblée nationale ou ministres d’Etat auprès du Chef de l’Etat, ces dinosaures au crépuscule de leur carrière politique ont décidé de jeter en pâture une démocratie sénégalaise chantée en Afrique et dans le monde entier.

Le contrôle du groupe parlementaire des «Libéraux et Démocrates» est avant tout une affaire interne au Parti démocratique sénégalais (PDS). On n’en disconvient même pas. Toutefois, la façon dont le régime en place, via le président de l’Assemblée nationale, a géré cette affaire pour faire de Modou Diagne Fada, le président de ce groupe, démontre, si besoin en était, que c’est la majorité qui tire les ficelles. Elle a pris fait et cause, d’une manière désinvolte, pour le Chef des «Réformistes» au Pds.

Alors même que le bureau de l’Assemblée nationale avait donné mandat à son président d’étudier l’affaire après l’irruption d’Aïda Mbodji à la réunion, le jour de la constitution des groupes, il avait été retenu 48 heures pour régler le différend.

Mais, à la surprise générale, dans la même soirée, le patron de l’Hémicycle, tranche le débat, via un communiqué de presse envoyé dans les Rédactions. Un véritable coup de Jarnac administré aux Libéraux, KO debout !

Pourtant, la logique aurait voulu que Moustapha Niasse appelle les deux camps. Le camp de Modou Diagne Fada et celui d’Aïda Mbodji pour mieux apprécier le différend. D’autant plus que tous les deux avaient déposé une liste composée pratiquement des mêmes noms et intitulée groupe «Libéraux et Démocrates».

Comme ce fut le cas, quand le parti Rewmi d’Idrissa Seck, avec 10 députés, avait voulu former un groupe parlementaire après avoir claqué la porte de Bennoo Bokk Yaakaar (BBY). On se souvient encore de la manière dont Thierno Bocoum et Cie ont été renvoyés, lorsque l’un de leur ex-compagnon, avait refusé de suivre le mouvement.
L’Assemblée nationale avait tranché en leur renvoyant leur copie.
Cette même démarche aurait permis de savoir que ni Fada, encore moins Aïda Mbobji n’avait une majorité requise pour former un groupe parlementaire.

Rappelons que la liste du premier libéral cité était composée de douze députés que sont Oumar Sarr, Fatou Thiam, Ousmane Ngom, Awa Diop, Lamine Thiam, Aïda Mbodji, Woré Sarr, Iba Der Thiam, Mohamed Dieng, Nafy Ngom et El Hadji  Kassé. Plus deux autres députés, que l’homme de Darou Mousty, avait rajouté : Serigne Khadim Thioune et Demba Diop dit Diop Sy. Ce qui fait un total de 14 députés. Ousmane Ngom finira par se désaffilier. Il ne restait que 13 députés.

Mais, la composition d’un groupe était toujours possible grâce à une des dispositions transitoires qui stipule que : «les nouvelles dispositions de l’alinéa 2 de l’article 20 ne s’appliquent pas aux groupes constitués avant son entrée en vigueur (nouvelle modification).»

Comprenez donc que l’existence de ce groupe est basé sur l’alinéa 1 de l’article 20 de l’ancien règlement intérieur qui dispose : «Les députes peuvent s’organiser en groupes, par affinités politiques ; aucun groupe ne peut comprendre moins de dix  (10) membres, non compris les députés apparentés, dans les conditions prévues à l’alinéa 2 de l’article 23».

Or, le nouveau texte dit ceci : «Les députés peuvent s’organiser en groupes, par affinités politiques ; aucun groupe ne peut comprendre un nombre de députés inférieur au dixième des membres de l’Assemblée, non compris les députés apparentés, dans les conditions prévues à l’alinéa 2 de l’article 23».

Si on devrait appliquer une telle disposition, on allait se retrouver avec une Assemblée nationale dotée d’un seul groupe parlementaire. C’est exactement pour éviter une telle catastrophe à notre démocratie, qu’Abdoulaye Wade, nonobstant son machiavélisme politique, avait permis au Parti socialiste (PS) et à l’Alliance des forces de progrès (AFP) de disposer, chacun, d’un groupe parlementaire avec seulement dix députés.

Un acte démocratiquement consolidant qui n’a absolument rien à voir avec la nouvelle modification du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, notamment cet article à la fois liberticide et scélérat qui dispose que «le député qui démissionne de son groupe ne peut, en aucun cas, s’affilier à un autre groupe parlementaire au cours de la législature».

Que des alliés acceptent un tel diktat, ils en ont le droit. Peut-être ! Mais, toutes les personnes éprises de démocratie, de justice devraient dénoncer ces actes «dé-consolidants», savamment orchestrés par un régime qui voudrait pourtant amorcer une rupture afin de doter notre pays d’institutions fortes, pour mieux servir de contre-pouvoir. Hélas !

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