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La Démocratie sénégalaise, un produit bien mâture (Par Mapote GAYE)

Le Sénégal, à l’instar des pays africains durant « les soleils des indépendances », avait vécu le régime du « parti-état ». C’était sous le « père de la nation », Léopold Sédar Senghor, qui se décidera, en 1974, à autoriser quatre courants politiques représentant toutes les obédiences : le marxisme-léninisme incarné par le Parti africain pour l’indépendance (Pai), le libéralisme prôné par le Parti démocratique sénégalais (Pds) de Me Abdoulaye Wade, le courant conservateur incarné par le Mouvement républicain sénégalais (Mrs) et le Parti socialiste (Ps) au pouvoir.

Ainsi, le Parlement sénégalais avait pu s’enrichir de la présence de 17 libéraux. Le président Diouf, qui succéda à Senghor en 1981 grâce à l’article 35, qui fera polémique, instituera le « multipartisme illimité ». Depuis, le Sénégal compte plus de 200 partis politiques. Ce qui suscite un débat. Ces formations politiques parviendront à s’accorder sur un code électoral « consensuel », qui a permis la première alternance politique en 2000. Abdou Diouf entrera dans l’Histoire à l’issue du scrutin du 19 mars de cette année-là, en appelant son vainqueur, par voie médiatique, pour le féliciter. Ce qu’a renouvelé son vainqueur Me Abdoulaye Wade, quand il a été battu démocratiquement le 25 mars 2012 par Macky Sall, qui fut son poulain. Un autre acquis de taille de la démocratie sénégalaise. Ce qui vaut, encore, à ce pays d’être vanté et donné comme modèle aux autres pays africains. Le Sénégal peut également s’enorgueillir d’avoir des libertés d’expression et même de marche garanties par la Constitution, qui est la loi fondamentale ; ceci, depuis un peu plus d’une décennie. La démocratie sénégalaise tient également sa vigueur de l’indépendance et du foisonnement des médias privés. Leur collusion avec les intérêts du pouvoir font de moins en moins l’objet d’arrestation de journalistes. Mieux, l’heure est à la réflexion sur l’application du Code de la presse.

Le Sénégal, un modèle de stabilité géopolitique en Afrique
La description de la géopolitique interne du Sénégal appelle à souligner sa stabilité attestée par la capacité du pays à surmonter des crises politiques pour accoucher d’alternances politiques pacifiques. On se souvient que le 23 mars 2011, le président Wade avait renoncé à faire voter, par « ses » députés, le projet par lequel il voulait instituer une « vice-présidence ». C’était suite aux manifestations contre « la dévolution monarchique du pouvoir ».

Un pays politiquement stable
N’ayant jamais connu de coup d’Etat, le Sénégal demeure l’un des pays les plus stables du continent africain. Depuis 1960, le modèle sénégalais de stabilité et de démocratie est souvent cité en exemple ; même si Amnesty International a dénoncé quelques arrestations et emprisonnements politiques jugés arbitraires, comme celui de l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck en 2005, du fils de l’ancien président du Sénégal, Karim Wade en 2014, et du maire de Dakar, Khalifa Sall dont son procès est prévu le 14 décembre prochain, etc. En 1960, année de l’accession du pays à la souveraineté internationale, le Sénégal opte pour un modèle politique assez proche du modèle français antérieur à 1958, avec des pouvoirs très importants donnés au président du Conseil et un rôle limité au président de la République. Cette répartition des pouvoirs va être au cœur d’une grave crise politique : l’arrestation et l’emprisonnement, en 1962, de feu Mamadou Dia, président du Conseil, et d’autres personnalités comme Waldiodio Ndiaye, ministre de l’Intérieur. Ils étaient accusés de tentative de coup d’Etat.

Un Etat de droit ouvert à tous les investisseurs
Démocratie, multipartisme, solidité des institutions, reconnaissance des droits politiques et sociaux, liberté d’expression : le Sénégal est un modèle en Afrique. La stabilité du Sénégal est citée en exemple dans le monde entier. Le Sénégal se distingue par son leadership dans la prise de grandes décisions en faveur de l’Afrique.

Une hospitalité légendaire
Véritable carrefour de l’Afrique de l’Ouest, le Sénégal est un pays aux influences multiples conciliant modernité et respect des traditions. Dakar, capitale moderne et dynamique, témoigne de cette ouverture sur le monde. Le Sénégal est un lieu d’échanges où tout investisseur, sans distinction d’origine, est libre de s’installer et de développer ses projets dans les meilleures conditions. Le Sénégal offre des facilités pour les formalités de séjour aussi bien pour les touristes que pour les investisseurs étrangers.

Les confréries, « des régulateurs sociaux et politiques » ?
Les confréries musulmanes du pays apparaissent comme des « régulateurs sociaux » mais aussi politiques. Leur rôle dans la géopolitique interne du pays s’est accru depuis l’indépendance. Leurs dignitaires, très écoutés par leurs disciples, interviennent souvent dans le champ politique ; soit pour apaiser les tensions entre les hommes politiques, soit pour donner un mot d’ordre en faveur d’un homme politique ou pour régler une situation critique. Du président Senghor au président Wade, en passant par le président Diouf, les chefs d’Etat sénégalais ont tous joué la carte des confréries pour mieux asseoir leur légitimité ou pour bénéficier de leur soutien. L’actuel président, Macky Sall, ne s’écarte pas de cette voie. Les confréries entretiennent et confortent des relations spécifiques avec l’Etat. « L’attachement des populations à leurs marabouts qui détiennent un pouvoir de décision fort sur leurs fidèles, a favorisé cette situation. L’État sénégalais s’est consolidé en les utilisant pour renforcer sa légitimité et, en retour, il leur octroie des avantages ».

La stabilité politique du Sénégal, une garantie fondamentale par les investisseurs
Aux investisseurs qui veulent venir au Sénégal, le chef de l’Etat Sénégal leur ouvre les portes du pays. Le Sénégal est connu pour sa « Téranga ». Un mot wolof qui signifie le sens de l’hospitalité et qui traduit une vieille ouverture au monde. « Le Sénégal a une coexistence pacifique dans le respect de nos diversités culturelles et religieuses », a soutenu l’actuel président Macky Sall. Au-delà de cette hospitalité légendaire, le Sénégal est l’un des pays les plus stables d’Afrique : « Le Sénégal est une stabilité politique, héritée d’un long acquis démocratique apaisé avec la sécurité juridique dans les relations d’affaires », a rappelé M. Sall. Pour lui, c’est ce qui justifie la bonne place de l’économie sénégalaise.

Par Mapote GAYE
Journaliste-Formateur en Communication/Marketing et Management dans des Instituts de Dakar

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