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DES CAUSES ET DES EFFETS : LES GERMES D’UN SCENARIO A LA CONGOLAISE !

Je trouve sincèrement très malsain de faire corps avec des choix à risques qui nous mettent, particulièrement, dans des situations inévitablement dégénératives et pratiquement apocalyptiques. En somme le choix calamiteux d’une logique d’affrontement propice à l’escalade de la violence, à la banalisation de la destruction et à la propagation de la désolation et de la mort. En d’autres termes à la fin de l’Etat de Droit !

A cause de la complexification des approches et des intérêts partisans, notre Conseil Constitutionnel, en ce début de campagne électorale continu encore de subir des pressions de toutes sortes et de tous ordres mais on ne lui fera pas faire autre chose que ce à quoi et ce pourquoi il a été institué c’est-à-dire : Dire le Droit.

C’est au Peuple, par l’institution d’élections (qui doivent être libres, transparentes et démocratiques), de se prendre en charge lui-même en exprimant clairement sa volonté souveraine soit par un « vote sanction » soit encore par un « vote adhésion ». Le conseil Constitutionnel ne fera pas ce travail à la place du Peuple. Chacun des membres de ce « Conseil », après avoir librement et consciencieusement délibéré conformément à la Loi et au Droit, ira comme chacun d’entre nous exprimer son choix personnel et civique dans les urnes républicaines. Qu’on arrête, alors, d’accabler inutilement le Conseil Constitutionnel ! Cette juridiction n’exerce qu’un « premier checking légal non décisif ne préjugeant en rien de l’issue de finale de l’élection » Il ne s’agit, en effet qu’un banal « contrôle de légalité ou de constitutionnalité » de la validité des candidatures sans aucune incidence sur la question politique ou sur l’identité du prochain vainqueur de la présidentielle. Le « double checking », qui lui est d’ordre politique et donc décisif, incombe au Peuple se déterminant librement sur les conduites ou les inconduites politiques coupables des uns ou des autres, sanctionnant ou plébiscitant souverainement tel ou tel autre candidat.

Une élection est toujours, en premier et dernier ressort, une « question politique » elle ne se règle que par la voie de « la délibération souveraine », précisément par l’expression de la volonté générale, populaire et souveraine.Mais la validation de cette expression reste le monopole du Conseil Constitutionnel.

Gardons bien à l’esprit que la démocratie sans un « esprit fair-play » des différents acteurs est porteuse de germes dégénératifs de l’Etat et de la société. Un mauvais perdant pyromane dans une élection serrée, pourrait parfaitement mettre le pays à feu et à sang.

D’autre part on pourrait aussi attirer l’attention sur le fait que la majeure partie des majorités issues des scrutins électoraux sont étriqués car bien souvent les adversaires sont à couteaux tirés et les marges sont relatives (51 à 57%) contre (49 à 43%) parfois même elles donnent lieu à des seconds tours. On comprend aisément la capacité d’un mauvais perdant à perturber l’ordre publique (imaginez 40 % d’une population électorale de 5 millions de votants c’est, mine de rien, 2 millions de mécontents lâchés dans les rues) A la vue de cette déferlante populaire scandant des slogans hostiles on pourrait douter de la légitimité du candidat pourtant victorieux à plus de 60 % des suffrages. Marge plus que confortable et pourtant !

Si nous poursuivons le raisonnement consistant de la part du vainqueur à appeler ses partisans à manifester pour consolider leurs votes cela abouti à opposer 60% de la population contre 40%. Cela mène inévitablement à la guerre civile dans les pays sous développés : le cas typique est celui de la Côte d’Ivoire notre riche voisin.

Ce risque potentielle nous impose la plus grande sagesse et nous amène à reconsidérer tous les actes que nous posons individuellement et collectivement.

De sorte que tous les acteurs doivent jurer fidélité aux institutions dont nous nous sommes librement dotés et qui sont les seuls arbitres du jeu démocratique dans notre pays. Ce ne sont pas les « observateurs » de l’Union Européenne et pas plus que ceux des Etats-Unis d’Amérique ou pas même ceux de quels qu’autres partenaires au développement qui décideront du sort de notre Peuple; chacun de nos partenaires pouvant avoir des motifs inavoués de déstabiliser un pilier démocratique et économique de la sous-région Ouest africaine. Ne perdons pas de vue que la crise sévit durement en Europe en ce moment et qu’une déstabilisation du Sénégal équivaudrait pratiquement à celle de toute la zone Franc CFA et donc fournirait un alibi sérieux et argument de taille pour décréter une nouvelle dévaluation de notre monnaie commune et soulagerait l’économie européenne durement asphyxiée par la récession.

Nous refusons de continuer à être considérés comme un peuple sous émancipé ou d’être traités en éternelles assistés dans tous les domaines au point d’y inclure la matière électorale et démocratique !

C’est, donc, à la mesure de notre comportement vis-à-vis de la décision des juges du Conseil Constitutionnel que l’on prouvera au monde notre maturité démocratique, que l’on jugera de la solidité et de la santé de notre jeune démocratie et qu’on éviterait surtout une ruine économique et sociale aux aguets à l’orée de cette présidentielle à haut risque.

C’est à la lumière de notre « fair-play démocratique» que l’on saura si la réputation de notre pays comme « vitrine de la démocratie africaine »est un compliment complaisant et donc usurpé ou alors sera-t il confirmé que ce verdict, qui nous fait tant honneur à travers l’Afrique et le monde, est réellement justifié par conséquent bien mérité !

C’est, donc, notre honneur et surtout notre bonheur qui sont en jeu à travers cette importante échéance électorale.

Les honneurs, la Santé, et la fortune sont rarement cumulatifs et très souvent successifs. En effet, bien souvent c’est en dépensant sa force donc sa santé qu’on l’on amasse fortune et ce n’est que dans la dépense de sa fortune que l’on est couvert d’honneurs. Derrière chaque « prestigieuse acquisition », se cache un « douloureux abandon ». N’est ce pas, ironiquement, cela, la rançon de la gloire ?

Le temps des élections correspond exactement à ces moments de flottements et d’hésitations dans la vie d’un peuple où un mauvais reflexe, un geste non mesuré, une injonction mal inspirée, un influx non calibrée, peuvent être porteurs de conséquences tragiques incommensurables.

Sommes-nous suffisamment conscients et disposés rationnellement à prendre en compte tous les paramètres de nos engagements militant pour en déterminer le « le juste prix », dans la mesure de nos choix d’avenirs divergents (Libéralisme, Socialisme, etc.) et donc sommes-nous bien attachés et fort déterminés à calibrer efficacement le poids de ce que nous sommes prêts à sacrifier pour le triomphe de nos causes partisanes? Autrement dit jusqu’à quel point sommes-nous prêts et sommes- nous disposés à nous sacrifier au maintien de la paix sociale et de la stabilité politique garants de notre pérenne et commune volonté de vivre en commun ? Et à quel point sommes-nous conscients des intérêts en jeu pour ne pas sacrifier, bêtement, la paix et la stabilité de la société sénégalaise sur l’autel de nos égoïsmes et de nos basses querelles de chapelles?

Ce sont là, les vrais enjeux de la présidentielle de Février 2012 dans notre pays ! Peu importe à qui d’entre les différents candidats, à l’issu du scrutin, reviendra l’insigne honneur de diriger le pays, pourvu seulement qu’il le fasse dans la paix, dans la stabilité et dans l’intérêt de toutes les populations sans exclusive aucune !

Les sénégalais ainsi que tous ceux qui aspirent à les diriger, ont donc entre leurs mains et surtout sur leurs consciences, l’obligation de survivre à ce rendez-vous politique ponctuel en assurant la continuité et la pérennité de notre devise nationale : un peuple, un but, une foi et par-dessus tout nous avons tous la responsabilité de nous préserver les uns les autres en préservant notre santé, nos fortunes grandes ou petites et notre honneur en un mot notre bonheur dans ce beau et paisible cadre constitutionnel qu’est la République démocratique, unitaire et légaliste du Sénégal. C’est notre devoir et notre mission de léguer ce pays aux générations futures immunisé de tout virus susceptible de compromettre sa survie et son unité ou d’entraver, un tant soit peu, la durabilité de son développement que les anciens ont, si patriotiquement, imprimé à la marche de notre Peuple vers son destin.

A défaut de s’enttendre sur la légitimité des institutions à travers lesquelles ces joutes électorales (et donc le destin de notre pays) sont censés se réaliser,le Peuple sénégalais court le risque de se trouver dans le même cas de figure de ce géant de l’Afrique central qui au lendemain de l’élection présidentielle qui s’y tenait, s’est réveillé avec deux présidents pour une seule République !

Je ne pense que les sénégalais soient si friands de cette nouvelle mode qui semble vouloir s’incruster, si insidieusement, dans nos si fragiles moeurs démocratiques

Telles que les choses se sont engagées, il ne fait pas l’ombre d’un seul doute que si elles évoluent dans les mêmes conditions nous ne pourrions, en aucune façon, échapper au syndrome congolais car les mêmes causes produisant les mêmes effets !

Mieux vaut prévenir que guérir

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