Accueil / FAITS DIVERS / En détention depuis un an au camp pénal- Boy djiné parle de ses difficiles conditions de détention

En détention depuis un an au camp pénal- Boy djiné parle de ses difficiles conditions de détention

Initialement prévu hier, le délibéré sur les exceptions soulevées par la défense lors de la dernière audience a été prorogé jusqu’au 8 août prochain. Cependant, un des avocats de Baye Modou Fall alias « Boy Djiné » est revenu sur les difficiles conditions de détention de leur client. Me Babou, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’est entretenu avec Boy Djiné la veille de l’audience.

Boy Djiné porte la même tenue depuis un an

« J’étais au Camp pénal, lundi dernier, où je me suis entretenu avec mon client. Pour la troisième fois, il a attiré mon attention sur ses conditions de détention. Je rappelle qu’il a été transféré au Camp pénal depuis le 16 juillet 2016. Aujourd’hui, il a fait un an de détention », a déclaré d’emblée la robe noire. Selon lui, son client a fait un an de détention dans des conditions d’isolement total, dans un quartier de haute sécurité où il est enfermé 24h/24 dans une cellule qui fait 2 m sur 1 m. Les droits les plus élémentaires reconnus au détenu, ces droits ne lui sont pas donnés. Il a fait savoir à son avocat que depuis un an, il ne bénéficie pas de la visite de 30 minutes par jour. Il reste seul dans sa cellule. Depuis un an, une seule fois, il a reçu la visite de sa propre sœur et depuis un an, Baye Modou Fall porte la même tenue. Il lui est interdit de changer d’habits.

Boy Djiné souffre d’ulcère, d’hémorroïde et ne bénéficie pas de l’assistance

« Ce n’est pas tout car lui-même se dit malade. Il m’a dit qu’il souffrait d’ulcère, d’hémorroïde et ne bénéficie pas d’assistance. Quand il demande à être secouru, on le lui refuse. Dans ces conditions de détention, il m’a dit qu’il n’a même pas l’hygiène qu’il faut dans sa cellule. Il m’a fait savoir qu’on distribue de l’eau de javel et des produits d’hygiène à d’autres détenus, mais lui n’en bénéficie pas », a soutenu l’avocat selon qui, aujourd’hui, la situation est extrêmement grave et le traitement que subi Baye Modou est un traitement dégradant, inhumain. Pourtant, rappelle-t-il, notre pays a signé toutes les conventions pour lutter contre la torture. Et, Baye Modou Fall lutte contre ces tortures physiques et morales. Il a aussi dit à son avocat que dans sa cellule il y a effectivement une natte de prière et le Coran. A part ça, absolument rien du tout.

Pour un bol oublié, il reste 33 heures sans manger ni boire

Et la dernière chose que Boy Djiné a dit, c’est que pour le fait d’avoir oublié un bol, il a été privé de manger et de boire pendant 33 heures. « Ce qui est étonnant, c’est de quel pouvoir dispose l’administration pour mettre quelqu’un en isolement pendant un an ? Même dans le code de procédure pénale, il y a un article 103 qui dit que : « si pour les besoins de l’enquête le juge d’instruction veut interdire à un inculpé de communiquer, cette interdiction ne dépasse pas 10 jours », a dit l’avocat. Avant d’enchaîner : « Je lance un appel à l’ensemble des organisations des droits de l’homme, mais aussi au niveau international. Baye Modou Fall est un détenu, il bénéficie de droits comme tout le monde. Même les animaux, on doit les traiter d’une certaine manière ».

Il est tenté de faire des grèves de la faim et a eu de temps en temps des idées de suicide

Poursuivant, la robe noire indique que Boy Djiné est dans un quartier de haute sécurité où les présumés terroristes sont gardés. Il a un traitement spécial et c’est ça le problème. « Je dois dire que ce n’est pas comme ça qu’on peut empêcher quelqu’un de s’évader. Tous les détenus ont des droits parce qu’ils sont humains. C’est un droit inaliénable et le Sénégal a signé des conventions. Dès fois, il est tenté de faire des grèves de la faim et il lui arrive de temps en temps des idées de suicide. Je l’ai ramené à l’ordre en lui disant que c’est un être humain, musulman de surcroit, même chez les chrétiens on prohibe le suicide. Il faut être fort dans la tête. Par ailleurs, il n’a pas de bol, il n’a pas d’argent, ni rien du tout », a encore déclaré l’avocat. Selon lui, il n’a pas parlé avec la hiérarchie parce que, dit-il, il risque de se heurter à un mur d’incompréhension. « Mais il est temps d’alerter pour que les gens viennent enquêter », a-t-il conclu.

Cheikh Moussa SARR

À voir aussi

L’étudiante, son copain faux policier et son amant, la partie de jambe en l’air…

6 mois de prison assortis du sursis, c’est la sentence qui a été prononcée, hier, …

Escroquerie : Le commerçant qui gonflait son compte Wari, arrêté

Après avoir réussi plusieurs tentatives d’escroquerie de sommes d’argent destinées aux clients, le commerçant A. L.F a …