téléchargement (5)

Détention de drogue en vue d’une consommation personnelle- Aïda Patra et sa copine relaxées au bénéfice du doute

 Les juges du Tribunal des flagrants délits de Dakar ont estimé, hier, qu’il y a un doute sur les faits de détention de drogue en vue d’une consommation personnelle reprochés à l’animatrice Aïda Patra et sa copine Marie Siriane Valera. Ainsi, les mises en cause ont bénéficié d’une relaxe pure et simple.  Pour sa part, le parquetier avait requis 3 mois ferme à l’encontre des prévenues.

Poursuivies pour détention de drogue en vue d’une consommation personnelle, Aïda Patra et sa copine Marie Siriane Valera ont été relaxées au bénéfice du doute, hier, par les juges du Tribunal des flagrants délits de Dakar. En effet, les prévenues ont nié les faits pour lesquels elles ont été attraites à la barre de cette juridiction. Selon Aïda Patra, elle était, ce jour-là, à Ouakam vers les coups de 21 heures pour vendre des robes à une de ses fans. « J’étais avec ma copine Valera chez la dame Khady Sèye à qui je devais présenter mes robes. Cette dernière était absente et c’est pendant que nous étions sur la terrasse en train de l’attendre que les policiers sont venus. Cependant, ils ne nous ont pas trouvés en train de fumer. Je n’avais rien par devers moi », a déclaré Patra. Avant de rejeter les mentions faites dans le procès-verbal d’enquête. Pour sa part, Marie Siriane Valera a soutenu qu’elle habite à côté de la maison où elles ont été appréhendées. « Il s’agit d’une maison familiale où l’on se retrouve souvent pour boire du thé. Ce jour-là, Aïda avait des matériels. Au moment où nous étions assises, Diaga Sèye alias Banga a dit que les policiers arrivent. Ainsi, il a pris la fuite », raconte Valera. Avant d’ajouter : « Je n’ai pas vu quelqu’un en train de fumer même si les policiers ont retrouvé sur les lieux des débris de cocaïne et une boîte. Par ailleurs, un des policiers a appelé le commissaire pour lui dire « Rien à signaler » mais il y avait Aïda Patra. Alors, le commissaire a dit aux policiers embarquez là. Je répète qu’on n’a rien retrouvé sur nous ».

Procureur : « Les faits sont établis »

À en croire toujours Valera, il y avait d’autres personnes dans cette maison. Mais, ces dernières ont pris la fuite lorsqu’elles ont senti la présence des policiers. Interrogée sur la drogue, Marie Siriane Valera de soutenir que c’est au lendemain de leur arrestation, c’est-à-dire dans les locaux de la police qu’on leur a parlé de joint de chanvre indien mais, persiste-t-elle, « on n’a rien trouvé sur nous et je dois dire que je prenais une boisson alcoolisée ». Invité à faire ses réquisitions dans cette affaire, le parquetier a tenu à rappeler les faits. Il indique que les éléments de l’Octris ont reçu un renseignement selon lequel un réseau établi à Ouakam s’adonne à un trafic intense de drogue chez Banga. Une opération a été déclenchée et les policiers ont retrouvé sur les lieux des résidus de chanvre indien mélangés avec du tabac, un papier aluminium où il y avait de la cocaïne et un fumoir. La police scientifique a fait des études sur ça. « Face aux enquêteurs, Aïda Patra a soutenu qu’elle consommait de la liqueur. Et que le fumoir appartenait à sa co-prévenue et à Banga qui, on le signale, a pris la fuite », a indiqué le parquetier. Selon lui, les prévenues ont changé de fusil d’épaule à la barre en soutenant que c’est dans les locaux de la police qu’elles ont vu la drogue. « Le ministère public n’en croit pas un mot concernant les déclarations faites  par les prévenues à la barre. Rien n’est crédible. En définitive, les faits sont établis et je vous demande de les condamner à 3 mois de prison ferme, de confisquer et de détruire la drogue saisie », a-t-il requis.

Défense : « En arrêtant Patra, le directeur de l’Octris voulait faire le buzz »

Les six avocats constitués pour défendre les intérêts des prévenus ont plaidé pour la relaxe pure et simple. Premier à prendre la parole, Me Daf a déclaré que le chanvre indien n’a pas été trouvé par devers les prévenues. « La police scientifique n’a pas amené un rapport disant qu’elle a vu les empreintes des dames sur les objets trouvés. Il y avait une population de personnes sur cette terrasse. Il n’y a pas de détention ni d’usage dans cette affaire. C’est pourquoi, je vous demanderai de les relaxer purement et simplement. À titre subsidiaire, de les relaxer au bénéfice du doute », plaide la robe noire. Son confrère, Me Barro, a abondé dans le même sens arguant qu’il y a eu un acharnement sur Patra. « Il n’y a pas de preuves dans cette affaire. Et, la police scientifique peut être une police maléfique », a-t-il dit. Pour sa part, Me Dialy Kane en s’adressant au tribunal déclare : « On vous demande de condamner en fermant les yeux sur le contenu du dossier. Elles sont poursuivies pour leur présence sur ce lieu et non pour détention de chanvre indien. Une des prévenues vous a dit qu’elle était en état d’ivresse et il n’est pas interdit dans ce pays de consommer de la boisson alcoolisée ». Un autre avocat de la défense, renseigne pour sa part que l’Octris n’a pas redoré son blason après les faits qui se sont déroulés il y a un an. Cette structure a un nouveau directeur qui veut faire le buzz en arrêtant une personne célèbre. « Aïda Patra est coupable du délit de notoriété », a dit la robe noire qui, comme ses confrères, a plaidé la relaxe au bénéfice du doute. En rendant sa décision, le tribunal a suivi les avocats de la défense dans leurs plaidoiries en relaxant les prévenues au bénéfice du doute.

Cheikh Moussa SARR

Voir aussi

ousmane-sow-000_par8176555_0

Mort d’Ousmane Sow, le sculpteur de l’esprit et de la matière

Rfi.fr- Le sculpteur Ousmane Sow, surnommé « l’Auguste Rodin du Sénégal », est mort ce …